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1001 mots pour la réalité syrienne

Voilà, un autre pas vient d'être tracé par le régime syrien pour assurer une stabilité à très court terme, il s'agit de l'élection présidentielle du 3 juin 2014. Le parlement, élu durant la «guerre civile», a toutes les prérogatives pour désigner et voter les lois du pays. Ce parlement est constitué de différents courants idéologiques, religions et la cohabitation des parlementaires se fait sous un seul et unique signe, celui de l'unité syrienne. Cette dernière est menacée par les différentes parties qui s'ingèrent dans les affaires intérieures d'un pays souverain.

Aujourd'hui, plusieurs opposants passent leurs journées entre les différentes stations télévisées arabes et occidentales pour critiquer, pour dénoncer et en oubliant que le sens de la démocratie réside dans le dialogue. Or, pour dialoguer, ils se devaient de rester sur le territoire syrien, idem pour les artistes. Pour parler au nom des Syriens, un opposant se doit le vivre parmi ces derniers et vivre le conflit de l'intérieur. Seulement que la plupart des dits opposants a fui dès les premiers signes d'un imminent conflit.

Quel citoyen admettra se faire représenter à distance ? Avec des opposants aussi divisés et manipulateurs, l'opposition fantoche n'a nullement besoin d'adversaires.

Pour en finir avec ce dossier des élections, il s'agit de la première élection pluraliste et ouverte, car jusqu'à présent, le peuple se prononçait sur la réélection du président via un référendum.

Lorsque la rue syrienne est sortie pacifiquement demander des changements politiques, le président et son régime ont répondu en réformant plusieurs lois datant du règne de son père. Il était légitime aux opposants et au peuple syrien de réclamer du changement. Tant que le climat social demeurait pacifique, le régime était encore ouvert et l'est encore, selon les angles. Bien sûr, des gestes inexcusables ont été commis par les agents de police, militaire et autres intervenants. À ce moment-là, les opposants se devaient de négocier un tribunal pour juger les fautifs et chercher un consensus large et acceptable de tous.

Pourquoi les acteurs politiques internationaux (OTAN, ONU, États-Unis, Europe...) cherchent-ils consensus pour l'Ukraine ? Pourquoi n'ont-ils pas eu la même patience vis-à-vis de la Syrie ?

Le peuple syrien doit choisir celui qui aura l'honneur de diriger la Syrie, de la défendre, de la réconcilier d'abord et de la reconstruire ensuite.

La Syrie est l'âme éternelle du Moyen-Orient

  • Sur le terrain ?

Après avoir perdu quelques villages, certains quartiers et banlieues de quelques villes, l'armée loyaliste reprend sa destinée, au grand bonheur des citoyens et des minorités religieuses. Si le régime a perdu le contrôle, c'est d'abord à cause de son manquement au niveau de la gestion de crise, ensuite bien évidemment à cause de l'ingérence de certaines parties régionales militairement. Après la désertion, l'armée s'est déstabilisée et a entrepris une remise en question et un remaniement des ordres de priorité. Plusieurs déserteurs reviennent sous l'égide de la mère patrie loyale.

  • Les priorités?

La première priorité vise conjointement la capitale des civilisations Damas et le littoral syrien. En effet, la ville de Damas est le centre névralgique du régime. Non seulement toutes les décisions y sont prises, mais la ville via son aéroport est le seul lien avec le monde. Par ailleurs, le littoral représente le poumon nécessaire au régime pour se ravitailler en armement, marchandises, etc. Rappelons que la ville de Tartous abrite la seule base russe en mer méditerranée.

La deuxième priorité, essentielle d'après les stratèges, consiste à resserrer le contrôle sur les frontières libano-syriennes, afin de couper les sources d'approvisionnement aux terroristes installés dans les villes frontalières comme Qousseir, Yabroud et symboliquement la ville historique de Maâloula. Les habitants de cette dernière, chrétiens pour la plupart, parlent encore la langue du christ (l'Araméen) et ont fui massivement la ville craignant la vengeance des terroristes pour leur appui au régime laïque syrien.

L'armée syrienne a enchainé les attaques sur les jihadistes du Front al-Nosra affiliés à Al-Qaïda pour les déloger de toutes les villes; d'ailleurs, les terroristes, voyant leurs victoires s'évaporer, ont pillé et partiellement détruit les églises les plus anciennes. Non seulement des têtes ont été coupées, mais des trésors historiques sont maintenant dans le circuit du marché noir servant à financer le terrorisme. Ces villes servaient de socle aux rebelles pour attaquer la capitale syrienne et pour cheminer les voitures piégées afin de terroriser le Liban.

Cette victoire et acquisition des villes frontalières permettra à l'armée loyaliste de concentrer ses forces à Alep et Homs. Avec le contrôle du réseau de transport routier de la région et de l'autoroute internationale, le peuple syrien peut se déplacer en paix sans avoir à craindre les pilleurs et les barrages de soldats fictifs.

Maintenant, un nouvel ordre se dessine. Les ressources humaines et militaires seront acheminées vers:

A- la direction des banlieues de Damas

B- la direction de Homs et Alep.

En conclusion, j'aurais aimé voir la situation se régler de manière positive, mais il semble que la radicalisation des parties prenantes dans ce conflit est palpable. D'un coté, le régime se renforce et reçoit de plus en plus d'appuis tant à l'intérieur qu'à l'extérieur ; Et de l'autre, les puissances régionales ont démontré leurs intentions confessionnelles dans ce conflit.

Bachar Al-Assad se retrouve face à 1600 groupes de mercenaires qui se regroupent en trois sections de combattants.

  • Face à l'armée syrienne libre affaiblie et sans aucun poids sur terrain et contrainte de suivre les autres groupes,
  • Face aux combattants d'Al-Nosra qui sont la version syrienne d'Al-Qaeda, sous l'égide d'Aymen Alzawahiri (ancien bras droit de Ben Laden)
  • finalement la version internationalisée du terrorisme (Eiil, Daech) dont l'appui logistique et financier reste encore un mystère, puisqu'ils ont retiré leur allégeance à Al-Qaeda.

Les trois groupes se livrent des combats et règlements de compte vicieux. Et en même temps, l'armée loyaliste doit combattre les 3 au même temps, selon les villes et les tactiques militaires.

Un vrai casse-tête à la syrienne... Sauf que la communauté internationale devrait se décider si elle préfère faire affaire avec un régime ou des groupes d'assassins !!!

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