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Le projet «À la porte» dénonce les obstacles pour les personnes à mobilité réduite (PHOTOS)

En plein dans la Semaine québécoise des personnes handicapées, se tenait hier au restaurant le Robin des Bois le lancement de À la porte, un projet photographique visant à dénoncer le manque d’accessibilité à Montréal.

À pied, en fauteuil roulant, en béquilles, ou même en poussette: À la porte est une série de 68 portraits de personnes à mobilité réduite réalisés devant les 68 stations de métro auxquelles elles n’ont que peu ou pas accès.

Tandis que certaines villes d’Amérique du Nord possèdent depuis longtemps un réseau de métro partiellement ou totalement accessible, comme Toronto (50%) et Washington (100%), Montréal est à la traîne. Seulement 8 stations y sont accessibles, soit 11% du métro.

À la porte

«À Montréal, ça m’a pris seulement deux semaines pour me voir refuser l’accès à un bus», explique l’instigateur du projet qui doit se déplacer en fauteuil roulant, Kéven Breton. «Des chauffeurs qui trouvent des excuses…il y a un problème de culture d’entreprise qu’il faut changer à la STM et ailleurs au Québec.»

Dans le cadre du projet À la Porte, une pétition a été lancée en ligne demandant l’adoption d’une loi cadre sur l’accessibilité universelle.

Les demandes s’articulent autour de trois points :

  • Étendre les obligations actuelles en terme d’accessibilité au secteur privé.
  • Imposer des objectifs et des échéanciers concrets.
  • Mettre en place des mécanismes de surveillance, c’est à dire proposer des incitatifs (crédits d’impôts, aide financière, etc.) et imposer des sanctions financières aux contrevenants.

«Les obligations en ce moment au Québec, il faut les mettre entre guillemets», dit Kéven Breton. Ce sont des plans d’action et de développement qui n’ont aucune sanction s’ils ne sont pas respectés.»

À la Porte est le fruit de la coopération entre Kéven Breton et les photographes et fondateurs de Portraits de Montréal.

«On voulait montrer que l’accessibilité universelle, ça ne concerne pas uniquement les personnes en fauteuil», explique le cofondateur de Portraits de Montréal, Mikaël Theimer.

Par exemple, Caroline Renaud, qui est atteinte d’une forme de nanisme. «J’avais une entrevue, puis le bouton de l’ascenseur était trop haut», raconte-t-elle. J’étais enragée, il fallait que je me rende au 22e…»

Dans la série de portraits, on retrouve aussi plusieurs personnes qui n’ont pas de handicap, comme Claire et Roch Morgain, parents d’une petite fille de huit mois. «À partir du moment où on a un engin roulant quel qu’il soit, un fauteuil roulant ou une poussette, le métro n’est pas accessible», affirment-ils.

Manque d’engagement de la part du gouvernement

Lundi, la ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse et à la Santé publique, Lucie Charlebois, a révélé le Plan 2015-2019 des engagements gouvernementaux en matière, entre autres, d’accessibilité.

L’Office des personnes handicapées du Québec a réagit positivement à cette annonce. «Le nouveau plan permettra notamment d’accroître les efforts en vue d’assurer la production des plans d’action annuels, qui sont considérés comme des moyens privilégiés de mise en œuvre des actions sectorielles», a déclaré la directrice générale par intérim de l’Office, Anne Hébert.

Mais pour Kéven Breton, ces «engagements sont la continuité naturelle de ce qui avait été entrepris par le passé et ne répondent aucunement aux critères d'une vrai loi cadre». «Toujours aucun échéancier, aucune sanction, seulement le secteur public...»

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