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«À la semaine prochaine» célèbre sa 200e émission

Radio-Canada/Michel Harvey

Quand Philippe Laguë a convoqué Sylvie Dignard et Hélène Doyon, respectivement réalisatrice et recherchiste à Radio-Canada Première, dans une salle de conférence, en 2007, pour leur expliquer son idée de revue de l’actualité humoristique à la radio, personne n’aurait pu prévoir que le concept vivrait pendant (au moins) huit ans et deviendrait l’émission la plus populaire de son antenne.

À la semaine prochaine a célébré sa 200e édition jeudi avec un enregistrement spécial dans un Théâtre St-Denis qui affichait complet. L’animateur et concepteur Philippe Laguë et les comédiens Michèle Deslauriers, Dominic Paquet et Pierre Verville ont exceptionnellement accueilli leur ami Pierre Brassard pour l’occasion ; rappelons que celui-ci avait quitté À la semaine prochaine en 2013 et avait été remplacé par Dominic Paquet.

Chacun avait apporté avec lui ses personnages marquants. La 200e d’À la semaine prochaine est donc un pot-pourri survolant la presque décennie d’existence du rendez-vous. Les habitués y retrouveront les imitations et les parodies qu’ils chérissent le plus, comme Kevin Parent, Jean-Paul Daoust, Denis Coderre, Charles Tisseyre, Ginette Reno, «Fun» Fournier, Claude Poirier et le Kim Jong-un de Pierre Brassard.

Le bruiteur Alain Collin, pour sa part, a été chargé de fabriquer une machine à pluie et une voiture pour accompagner les joyeuses folies de tout ce beau monde.

«On veut gâter les gens et mettre en vedette nos personnages les plus connus et aimés», résume Sylvie Dignard.

Le résultat peut être entendu en ondes ce matin, à 11h, ou en rediffusion demain, à 16h. On consacrera également une heure aux coulisses d’À la semaine prochaine, le samedi 5 décembre, pour expliquer aux irréductibles comment la petite fête prend forme chaque semaine. Certaines «victimes» d’À la semaine prochaine y témoigneront, dont Chantal Hébert, Monique Giroux, Francis Reddy et Jean-Paul Daoust.

Mécanique précise

C’est réellement dans l’esprit de Philippe Laguë qu’est née la formule désormais consacrée d’À la semaine prochaine, il y a huit ans. Le créateur y était allé d’une tirade enflammée devant Sylvie Dignard et Hélène Doyon, détaillant son projet à grands coups d’exemples imaginaires, pour les convaincre de le matérialiser avec lui.

«C’a duré trois quarts d’heure, se remémore Sylvie Dignard. Puis, il a eu un silence. Je lui ai demandé : «Mais qu’est-ce que tu attends de moi?». Et il a répondu : «Que tu l’organises!» (rires). Lui voyait entendait tout ça dans sa tête. Tout était à inventer, on n’avait jamais fait de spectacle du genre, avant.»

À l’origine, le mini Bye Bye hebdomadaire qu’est À la semaine prochaine ne devait compter que 13 épisodes. Mais le plaisir et le succès ont été contagieux, et la micro-équipe qui lui donne vie a pris son erre d’aller avec le temps. L’engouement est tel que, maintenant, des enregistrements ont parfois lieu ailleurs au Canada, et À la semaine prochaine a sa version de fin d’année, À l’année prochaine, qui est également diffusée à la télévision.

La mécanique derrière ce grand collectif est rodée au quart de tour ; chacun a son rôle et n’a pas le temps d’empiéter sur celui des autres. La réalisatrice et son adjointe, la recherchiste, les cinq auteurs (trois permanents et deux «volants»), la directrice musicale et le concepteur sonore, entre autres, accomplissent chaque semaine des prouesses techniques à l’intérieur de délais extrêmement serrés.

«Le vendredi, les auteurs commencent déjà à brainstormer, pendant que moi, je suis en montage de l’émission enregistrée la veille, indique Sylvie Dignard. Le lundi, avec les auteurs, on fait une lecture de la première version des textes au téléphone. Le mardi aussi. Le mercredi, on travaille la deuxième et la troisième version des textes, on écrit jusque tard le soir et on les envoie à tout le monde pendant la nuit. Le jeudi, les comédiens arrivent vers 10h30 et prennent connaissance des textes pour la première fois. On fait une lecture, autour d’une table, tout le monde ensemble, on donne les indications de jeu. Puis, vers 14h, on s’en va dans la salle pour répéter, jusqu’à 17h30, quand le public fait son entrée. La représentation a lieu à 18h15, dans les studios de Radio-Canada, et se termine vers 19h45. Tout de suite après, on fait notre plan de montage, on décide ce qu’on gardera ou pas en ondes. Et ça recommence le lendemain…»

À la grande surprise des troupes d’À la semaine prochaine, beaucoup d’enfants sont des assidus de leur happening du week-end.

«Des parents nous disent parfois qu’ils ont connu l’émission grâce à leurs enfants de 10 ou 12 ans, s’amuse Sylvie Dignard. On ne comprend pas trop pourquoi, mais on rejoint vraiment tous les âges. Il y a quelque chose de rassembleur dans l’émission, les gens se reconnaissent, constatent le plaisir et la complicité de tout le monde. Tout le monde a son personnage préféré. Et nous, on aime sentir qu’on entre chez les gens, le samedi matin. Certains nous disent qu’ils nous écoutent en voiture et qu’ils ont du mal à en sortir, parce qu’ils ne veulent rien rater!»

La 200e d’À la semaine prochaine, ce samedi, 7 novembre, à 11h, à Radio-Canada Première. En rediffusion dimanche, 8 novembre, à 16h.

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