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Alcool au volant : les jeunes interpellés en cette saison des bals de finissants (PHOTOS)

Courtoisie

En cette période de fin d’année, alors que les bals de finissants approchent à grands pas, Educ’Alcool et Ford du Canada se sont associés pour lancer une campagne de sensibilisation contre l’alcool au volant auprès des jeunes. L’outil : un simulateur d’ivresse dont les résultats sont assez convaincants.

Fabriqué en Allemagne et présenté en primeur québécoise au Salon de l’Auto de Montréal en janvier dernier, le simulateur n’est en fait qu’un ensemble d’équipements capables de simuler un état d’ébriété avancé. Des lunettes modifiant la vision, des bracelets ajoutant des poids aux bras et aux jambes, des écouteurs pour couper l’usager du monde extérieur et un collier pour déséquilibrer la tête sont les principales composantes du simulateur.

« Quand vous portez ces appareils, tout l’équilibre de votre corps devient instable. Votre vision, elle aussi désaxée, ne vous permet plus de corriger vos mouvements, un peu comme lorsqu’on est en état d’ivresse. En revanche, dans notre cas, vous conservez toute votre tête », a expliqué la directrice générale de Ford Gabriel, Nathalie Leduc.

Deux jeunes étudiants, Gabrielle et Guillaume, se sont d’ailleurs prêté au jeu de la démonstration. Une démonstration convaincante alors que ni l’un ni l’autre n’ont été en mesure de marcher droit, ou simplement de capter une balle de tennis bondissant à leur pied tout en portant le simulateur.

Alcool au volant : les jeunes interpellés

« Ce court essai m’a convaincu, je ne serais jamais capable de conduire dans cet état », a expliqué le jeune Guillaume. Quant à la jeune fille, elle abondait dans le même sens. « Je suis déjà sensible à la question de la conduite en état d’ébriété, puisque quelqu’un près de moi en a été victime. Cette expérience rend la chose beaucoup plus concrète, et c’est certain que je ne conduirai pas après avoir bu ».

Les deux étudiants, finissants du secondaire, ont d’ailleurs affirmé avoir pris les moyens nécessaires pour éviter les mauvaises surprises lors de leur bal de finissants dans quelques jours. « Je n’ai pas l’intention de me rendre ivre, mais on ne sait jamais », a terminé Guillaume.

Pour le moment, le simulateur ne sert qu’à des fins de démonstration à quelques groupes privilégiés au Québec. Un programme, baptisé Driving Skills For Life, l’utilise sur une base régulière, mais n’est offert par Ford que dans les autres provinces, pas encore chez nous.

« Il est rare qu’Éduc’Alcool s’associe à une marque qui a des intérêts commerciaux, mais nous ne voulons pas nous priver d’appuyer des initiatives intelligentes », a précisé pour sa part le directeur de l’organisme, Hubert Sassy.

« La conduite en état d’ébriété est un phénomène en forte baisse au Québec. L’an dernier, seulement 100 accidents y étaient liés. C’est 100 de trop, mais c’est une nette amélioration. Les jeunes ne sont pas nécessairement la clientèle la plus abondante, mais nous devons les sensibiliser rapidement pour améliorer encore ce bilan », poursuit-il.

Même s’il croit à la sensibilisation et à l’éducation des conducteurs, Hubert Sassy estime cependant qu’on pourrait faire encore plus. Ajouter des barrages routiers, par exemple, permettrait de diminuer considérablement le nombre de cas de conduite en état d’ébriété. « C’est comme toute chose. Si vous estimez que vous ne vous ferez pas prendre, vous allez tenter votre chance. »

L’autre élément indispensable, aux dires de Monsieur Sassy, c’est une formation adaptée pour les serveurs et les barmans. Le cours existe, mais n’est pas encore obligatoire, contrairement à la plupart des autres provinces et bons nombres de pays occidentaux. « Les études le prouvent et ce sont des faits, former les serveurs permet de diminuer de 30 % le nombre de conducteurs ivres. Nous multiplions les démarches depuis plusieurs années, mais le gouvernement n’a toujours pas tranché, et seulement 8 % des serveurs ont reçu la formation. »

« Nous croyons fermement que la prévention demeure quand même un outil indispensable et c’est pourquoi la présence de simulateur comme celui de Ford pourrait grandement aider la cause, si toutes les écoles de conduite en possédaient un. Je rêve en couleurs, alors en attendant, on appuie toutes les bonnes initiatives », conclut Hubert Sassy.

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