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Annulation du projet Keystone XL: il n’y a pas de quoi se réjouir

Le gouvernement doit comprendre l’importance de tels projets énergétiques en s’appuyant sur des bases économiques et factuelles, puis s’assurer de les défendre comme il se doit.
Sur cette photo du 18 décembre 2020, les tuyaux à utiliser pour le pipeline Keystone XL sont stockés dans un champ près de Dorchester, dans le Nebraska.
Sur cette photo du 18 décembre 2020, les tuyaux à utiliser pour le pipeline Keystone XL sont stockés dans un champ près de Dorchester, dans le Nebraska.

Dès que le nouveau président Biden a décidé d’annuler le permis présidentiel de Keystone XL lors de sa journée d’inauguration, la compagnie opérant cet oléoduc, TC Energy, a annoncé devoir remercier plus de 1000 travailleurs canadiens dans les prochaines semaines. C’est aussi 2,4 milliards de dollars dont le PIB du Canada devra se priver avec l’annulation du projet. Y a-t-il réellement lieu de se réjouir?

Ce projet névralgique pour l’économie canadienne devait générer sur plusieurs années des milliards de dollars en recettes fiscales et redevances, permettant au Canada et aux provinces de financer une partie de nos services publics. La construction de l’oléoduc allait aussi créer 2 800 emplois de haute qualité et des opportunités de contrats locaux pour les soudeurs, les arpenteurs, les ingénieurs, les spécialistes de l’environnement et plus encore pour les communautés autochtones. Dans l’ensemble, c’est près de 17 000 emplois directs et indirects au Canada qui seront perdus.

Voilà l’ampleur des pertes économiques qui nous attendent si le gouvernement du Canada ne s’efforce pas de convaincre la nouvelle administration Biden de faire marche arrière.

Pendant ce temps, des groupes environnementaux ont applaudi la décision du nouveau président. Mais revoyons les faits: les oléoducs sont incontestablement le moyen le plus sécuritaire et bénéfique pour l’environnement d’acheminer les combustibles à bon port. Chaque année, 99,99 % du pétrole transporté par oléoduc au Canada l’est de façon parfaitement sécuritaire. En d’autres mots, environ 1,5 milliard de barils de pétrole brut et de produits pétroliers sont transportés sans danger chaque année par nos oléoducs. De toute cette quantité de combustible transportée, c’est l’équivalent approximatif de moins de deux wagons-citernes par année qui se déverse au Canada.

Cour de stockage de tuyaux avec des matériaux pour la construction de l'oléoduc Keystone XL, le long de la frontière canado-américaine au nord de Glasgow, au Montana, aux États-Unis (photo datant du 13 avril 2020)
Cour de stockage de tuyaux avec des matériaux pour la construction de l'oléoduc Keystone XL, le long de la frontière canado-américaine au nord de Glasgow, au Montana, aux États-Unis (photo datant du 13 avril 2020)

Sans compter que le transport par oléoduc émet une quantité de GES considérablement moins élevée que les autres moyens, notamment le train et les camions, qui continueront probablement d’être utilisés par les producteurs canadiens pour atteindre la côte américaine du golfe du Mexique sans la construction de Keystone XL.

Comme le note Ressources naturelles Canada, le transport par camion de 830 000 barils de pétrole, soit la quantité de pétrole qu’aurait transporté le Keystone XL quotidiennement, signifierait plus de 4 150 voyages par camion additionnels chaque jour sur de longues distances sur les autoroutes canadiennes. Est-ce réellement une décision bénéfique pour l’environnement si cette quantité de combustible est en tout ou en partie transportée par camions.

“Qu’on le veuille ou non, la demande de pétrole dans le monde ne changera pas de sitôt, que le projet Keystone XL se réalise ou non.”

De plus, les entreprises pétrolières investissent des sommes importantes dans les projets d’énergies dites vertes. C’est d’ailleurs le cas de TC Energy, qui prévoyait injecter 2,2 milliards de dollars en investissements dans les énergies renouvelables, afin notamment d’atteindre son objectif de carboneutralité d’ici 2030. Évidemment, ce projet d’investissement tombera à l’eau si la construction n’est pas redémarrée.

Qu’on le veuille ou non, la demande de pétrole dans le monde ne changera pas de sitôt, que le projet Keystone XL se réalise ou non. En fait, d’ici 2040, la demande mondiale de pétrole augmentera de 15 %. Rejeter ce projet pour des raisons idéologiques ne fera que nous priver de revenus, d’emplois et ralentira la relance économique dont nous avons besoin.

Le gouvernement doit comprendre l’importance de tels projets énergétiques en s’appuyant sur des bases économiques et factuelles, puis s’assurer de les défendre comme il se doit. Notre gouvernement fédéral devrait faire tout en son pouvoir pour infirmer cette décision qui minera nos relations commerciales et nuira à l’économie canadienne.

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