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Bénin: l'écotourisme communautaire au service de la protection de notre planète

J'ai eu la chance de découvrir le Bénin en 2016, un pays tout en couleur, mais surtout un pays qui a su développer une approche exemplaire de tourisme durable intégrant développement social, économique et protection de l'environnement.

J'ai eu la chance de découvrir le Bénin en 2016, un pays tout en couleur, mais surtout un pays qui a su développer une approche exemplaire de tourisme durable intégrant développement social, économique et protection de l'environnement.

Le Bénin, petit pays d'Afrique de l'Ouest coincé entre le Togo et le Nigéria, est un pays tout en diversité. Le pays émerveille à chaque instant : biodiversité, odeurs, couleurs. En traversant le pays du sud au nord, on passe de vastes plages et lagunes balayées par l'océan, de zones lacustres et de flore verdoyante, puis des collines arides pour finir par les grandes plaines de savane africaine et le fameux parc de la Penjari, et sa faune digne des grands safaris africains. Le Bénin est aussi un lieu de culture important : en plus d'être le berceau du vaudou, encore largement pratiqué au pays, il comporte de nombreux éléments historiques, et protégés, dignes de mention, dont les Tatas Sombas, des constructions traditionnelles aujourd'hui presque disparues, érigées à des fins de protection et de résistance contre les prédateurs.

Le dépaysement est à son maximum dès votre arrivée à Cotonou, la plus grande ville du Bénin, et aussi sa capitale économique. On se sent soudain immergé dans un autre monde : cette impression se concrétise peut-être même plus lorsqu'on sort un peu de la ville pour aller vers le lac Nokoué. Là, la vie lacustre, la beauté et le rythme de vie plus lent nous charment rapidement. C'est le moment de décrocher, et de se déconnecter !

Mais une autre réalité nous rattrape devant les défis des communautés qui y vivent dans des conditions très précaires et difficiles. Le lac est le milieu de vie de plusieurs villages qui luttent pour leur survie : insalubrité, impact des changements climatiques, inondations, surexploitations des milieux naturels, destruction de la mangrove et pollution font partie intégrante de leur quotidien.

Ces défis, accentués par les changements climatiques, ne sont malheureusement pas uniques aux rives du lac Nokoué, mais sont également très présents en zones rurales un peu partout en Afrique de l'Ouest. Les communautés y restent encore très dépendantes de l'exploitation et souvent de la surexploitation des ressources naturelles, pêche ou agriculture intensive, chasse alimentaire ou récréative, coupe de bois pour la cuisine ou pour l'agriculture, coupe de la mangrove ... Face à une grande précarité et dans un réflexe de « survie », les habitants utilisent amplement, pour ne pas dire trop, les ressources, et mettent en danger leur environnement.

C'est face à ces réalités qu'un autre type de tourisme s'est développé au Bénin. Le tourisme de masse n'existe à peu près pas. L'accent a été mis sur un tourisme diversifié, qui prend en compte la protection et la valorisation des richesses du pays, tant humaines qu'environnementales.

La faune et la flore rapportent bien plus d'argent en étant vivantes et en bonne santé que mortes ou en voie de disparition !

Pionniers dans le secteur, Eco-Benin et son fondateur, Gautier Amoussou, mènent depuis plus de 10 ans des actions exemplaires associant protection environnementale, adaptation aux changements climatiques et développement des communautés. Ses actions ont permis de démontrer l'importance de valoriser la grande biodiversité du Bénin et d'en extraire de nouvelles sources de revenus alternatives et durables pour assurer la sauvegarde et même la restauration des écosystèmes par les communautés elles-mêmes ... La faune et la flore rapportent bien plus d'argent en étant vivantes et en bonne santé que mortes ou en voie de disparition ! Fort de ce constat est né le concept d'écotourisme communautaire au Bénin.

Plusieurs initiatives menées par Eco-Benin, avec le support des communautés villageoises, ont collaboré à sa popularité, afin d'offrir aux voyageurs des destinations et hébergements de tourisme durable, mais aussi, de protéger l'environnement et créer de la richesse locale, et durable. C'est cette approche exemplaire qui permet aujourd'hui au voyageur écoresponsable de découvrir toute la diversité du Bénin, en étant accueilli dans plusieurs petits villages, pour vivre une expérience authentique et enrichissante tout en contribuant à la sauvegarde de notre belle planète.

Pour en arriver là, Eco-Benin a développé des méthodes d'intervention sur le terrain alliant sensibilisation des habitants à la protection de l'environnement, implication de la communauté dans l'élaboration des initiatives écotouristiques, mesure de la motivation des villageois, optimisation et formation de la chaine touristique, implication des jeunes et des femmes, respect des équilibres et répartitions équitables des revenus dans le village... C'est tout ce savant mélange qui permet de faire de chacune de ces initiatives des succès durables pour le grand plaisir des voyageurs.

Grâce au travail ardu d'Eco-Bénin c'est tout un réseau de villages et d'écotourisme communautaire qui a vu le jour. Parmi celles-ci, au sud, le petit village d'Avlo permet d'accueillir des voyageurs, et contribue à la protection de la lagune, à la régénération de la mangrove, et à la protection des tortues.

Tout au nord, c'est l'implication des communautés dans la gestion du parc de la Penjari et le partage de ses bénéfices, qui a permis de passer d'un tourisme de chasse récréative à une valorisation plus durable, alliant protection et observation de la faune et flore très riches dans la région. En bordure du Parc, avec le support d'Eco-Benin, le beau petit village de Tanangou accueille des voyageurs, vous fait profiter de la région et a mis en place des nouveaux foyers améliorés pour diminuer la consommation de bois et les émissions de carbone.

Enfin, dans le village de Koussoukoingou, la dernière construction d'un Tata Somba remontait à presque 10 ans lorsque les travaux d'Eco-Benin ont démarré en 2007. Deux ans après la mise en place du logement chez l'habitant en Tata, deux nouveaux Tatas ont été construits dans le village suite aux bénéfices engrangés par les propriétaires de Tata qui accueillaient des voyageurs.

Tout le monde a donc à gagner de ces initiatives : les villageois propriétaires des hébergements peuvent partager leur culture locale avec les voyageurs, et se créer un revenu par le fait même. La communauté peut également profiter des revenus secondaires (transport, guide, restaurants, artisanat, activités, etc.), mais aussi compter sur des revenus de plus pour mener à bien des projets pour la collectivité elle-même. Le simple séjour d'un voyageur dans un village à des retombées positives sur 10 à 20 familles. Cela permet également la valorisation des richesses culturelles, la protection et la valorisation de la faune et la flore autant par les voyageurs, souvent émerveillés par la beauté des lieux que par les populations elles-mêmes, mieux conscientes de l'importance de ces derniers pour maintenant, et pour le futur.

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