Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021.
The Blog

Billy Elliot: un incontournable

Je me suis complètement laissé emporter par l'histoire de Billy Elliot, même si j'ai vu le film et que je connaissais l'histoire. La comédie musicale présentée à la Place des Arts m'a donné une impression de nouveauté et de fraîcheur qui tient, sans nul doute, à l'extraordinaire qualité de la performance et de la production. Je tiens à souligner qu'il est rare de voir un spectacle d'un tel calibre et que si vous voulez assister à quelque chose d'inoubliable,constitue le choix incontournable de cette saison.

Je me suis complètement laissé emporter par l'histoire de Billy Elliot, même si j'ai vu le film et que je connaissais l'histoire. La comédie musicale présentée à la Place des Arts m'a donné une impression de nouveauté et de fraîcheur qui tient, sans nul doute, à l'extraordinaire qualité de la performance et de la production. Je tiens à souligner qu'il est rare de voir un spectacle d'un tel calibre et que si vous voulez assister à quelque chose d'inoubliable, Billy Elliot constitue le choix incontournable de cette saison.

Un de mes fils a étudié la danse classique pendant 7 ans. S'il n'a pas été en butte à toutes les difficultés et préjugés auxquels fait face le héros de notre histoire, je sais tout de même ce qu'il faut d'abnégation, de dévouement et de souffrances physiques pour arriver à danser sur une scène et être à peu près présentable. Mon fils n'est pas devenu un Billy Elliot, il lui manquait cette flamme, cette volonté, ce désir sacré s'approchant d'une quête mystique et qui fait en sorte qu'un enfant est prêt à tout sacrifier pour faire ce qu'il aime par-dessus tout. Parce que Billy Elliot c'est aussi la réalisation de soi à travers une passion dévorante : la danse. Qui devient ici le ressort narratif essentiel, une puissante métaphore qui transcende le milieu social et les obstacles matériels.

C'est en 1984 sur fond de grève des mineurs dans le nord de l'Angleterre que se déroule l'histoire. Billy, 12 ans, orphelin de mère, suit des cours de boxe mais c'est la classe de ballet de madame Wilkinson dans le fond du gymnase qui l'attire. Son père n'aimera pas ça du tout, son frère aîné non plus mais Billy refuse de passer à côté de son rêve et il finira par aller à l'audition de l'École nationale de ballet à Londres où il sera accepté.

Stephen Daldry, qui a réalisé le film, nous donne une mise en scène inventive, une superbe mécanique d'une redoutable efficacité où tout est au poil et parfaitement rodé. La musique est composée par Elton John et le livret est de Lee Hall. Le soir de la représentation que j'ai vue c'est Noah Parets qui interprétait Billy alors que la merveilleuse Janet Dickinson est Mrs Wilkinson, la maîtresse de ballet. Noah Parets, qui a 13 ans, m'a fait complètement croire à ce Billy possédant une maturité de danseur bien au-delà de son âge. Dans une scène onirique, Billy danse avec lui-même adulte, dans un improbable mais combien fervent pas de deux, sur la musique du Lac des cygnes. Et il y a des tas de scènes de cette qualité et de cette intensité tout au long du spectacle de 3 heures : tout le monde est excellent, tout est impeccable, c'est une comédie musicale riche en sensations, en émotions et en images inoubliables mais où le pathos est tenu en laisse.

Ce récit d'apprentissage aux normes convenues ne tombe donc jamais dans le cliché et n'a pas pour but premier de faire pleurer le spectateur. L'émotion est retenue et maîtrisée mais elle n'est pas balayée sous le tapis pour autant. Cela tient je crois à la force d'évocation du combat que livrent les mineurs contre le gouvernement de Margaret Thatcher qui vise à les briser, eux et leur syndicat. La métaphore est parfois brûlante dans certaines scènes qui juxtaposent la classe de ballet avec les manifestations des grévistes et la violence qui en découle. Que ce soit Billy ou les mineurs, tous sont enfermés dans un carcan et tous attendent avec pudeur et détermination, une consolation, sinon une rédemption. Qui ne viendra pas nécessairement pour tous mais pour Billy, oui.

Il est rare de sortir d'une salle et de se dire que tout était parfait. C'était le cas hier soir. Billy Elliot a transformé son monde selon le désir de son cœur fanatique et l'espace d'une soirée il a aussi transformé le mien.

Billy Elliot est présenté à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des arts jusqu'au 13 janvier 2013

Suggest a correction
Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Canada, qui ont fermé en 2021. Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez consulter notre FAQ ou contacter support@huffpost.com.