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«Bye Bye 2020»: à la hauteur d'une année de m...

Il y avait tellement de matière avec laquelle travailler que l’échec n’était tout simplement pas une option pour Simon Olivier Fecteau et son équipe...
Radio-Canada

Après un Bye Bye 2019 qui avait tout sauf tenu ses promesses, Simon Olivier Fecteau et ses acolytes avaient la lourde tâche de tenter de résumer le fiasco que fut l’année 2020 en un peu moins de 75 minutes, et surtout de nous convaincre qu’il valait mieux en rire qu’en pleurer.

En fait, il y avait tellement de matière avec laquelle travailler (la pandémie, Black Lives Matter, les CHSLD, la nouvelle vague de dénonciations, les élections américaines, etc.) que l’échec n’était tout simplement pas une option pour l’équipe de création.

Quoique nous avions pu dire la même chose l’an dernier...

La bonne nouvelle, c’est que le Bye Bye 2020 s’est révélé de loin (très loin) supérieur à l’édition qui nous avait été proposée un an plus tôt.

Déjà, nous n’avons pas eu droit à un horrible numéro musical sur le mouvement Maipoils. C’était déjà ça de gagné.

Puis, les nouveaux venus François Bellefeuille et Sarah-Jeanne Labrosse (formidable, et ce, aussi bien dans la peau de Valérie Plante que de Marie-Mai ou de Lucier Laurier) ont su apporter une nouvelle énergie à la production de fin d’année, épaulant de belle façon les vétérans Claude Legault, Guylaine Tremblay et Mehdi Bousaidan (de retour en très grande forme).

L’équipe d’auteurs et d’autrices s’est concentrée davantage sur l’essentiel, offrant une revue plus complète, et plus rassembleuse par la force des choses, à défaut de montrer les dents aussi souvent que nous aurions pu l’espérer.

Mais était-ce vraiment l’année pour le faire de toute façon?

Les images du «Bye bye 2020»

Les images du «Bye bye 2020»


Lentement, mais sûrement

Il aura toutefois fallu être patient avant de voir cette édition prendre véritablement son envol, après un départ plutôt lent au cours duquel nous ont été proposés une énième parodie des points de presse du gouvernement Legault, un numéro musical énergique mais peu inspiré et un sketch trop facile révélant l’identité du grand responsable de tous les malheurs de la dernière année.

Le Bye Bye 2020 a commencé à prendre du galon lorsqu’il s’est permis de passer un peu plus en mode attaque, passant dans le tordeur le «grainage» de Kevin Parent et les inconduites sexuelles dénoncées des membres de la communauté artistique québécoise, le panier bleu et sa flagrante inutilité, et l’émission de rénovation et de mieux vivre aux messages, disons, discutables de Marie-Mai (assurément les meilleurs sketchs de la présente cuvée).

Nous ne pouvions également que nous délecter du retour des Bougon (Rémy Girard, Antoine Bertrand, Hélène Bourgeois Leclerc et cie), ressuscités pour souiller la belle région gaspésienne en bons touristes montréalais, et profiter des nombreuses largesses de la PCU.

«Plus besoin de fourrer le gouvernement, il se fourre tout seul» est une réplique qui passera assurément à l’histoire.

D’ailleurs, si le principal objectif de Simon Olivier Fecteau et compagnie était de proposer une édition dans laquelle tous les téléspectateurs québécois n’ayant pas vécu sous une roche au cours des douze derniers mois pourraient se reconnaître, ils peuvent dire: «Mission accomplie».

Entre les affrontements musclés pour mettre la main sur un précieux rouleau de papier de toilette chez Costco, l’inconfort relié au test de dépistage de la COVID-19, les joies de la PCU (encore), les retards de Postes Canada, l’inévitable phénomène des complotistes et le confinement en général, l’équipe du Bye Bye nous a livré un portrait assez représentatif de ce que fut l’année 2020 pour le citoyen moyen.

Radio-Canada

Niveaux variables

Les parodies d’usage de Donald Trump, d’Occupation Double et des bulletins de nouvelles de Radio-Canada et de TVA ont également fait mouche en proposant quelques bons jabs, notamment en ce qui a trait à la notion de diversité à OD, à la gestion souvent critiquée de la mairesse Valérie Plante, et à la «joke» sur l’acquittement de Gilbert Rozon.

La question de la diversité culturelle et du racisme systémique a également été abordée dans deux numéros bien pensés, mais qui auraient pu être plus punchés.

Dans le premier, Widemir Normil a renoué avec son rôle de commandant d’Escouade 99 pour superviser une séance de formation de policiers blancs ayant le profilage facile. Un sketch qui nous a surtout donné le goût de voir davantage Daniel Savoie (alias Patrice Lemieux) dans une prochaine édition de la revue de fin d’année.

Dans le second, Simon Olivier Fecteau s’est retrouvé de l’autre côté de la table d’En audition avec Simon, face à Erich Preach et Richardson Zéphir, dans un scénario des plus ironiques où un comédien blanc tentait de décrocher un rôle de Québécois de souche très profonde pour remplir un quota de diversité. Excellent flash!

Un an après le sketch controversé - et totalement inutile - des publicités d’A&W, Michel Olivier Girard a pu prendre sa revanche en parodiant les spots des produits de l’érable du Québec mettant en vedette Claude Legault, canalisant tout le talent du comédien pour brasser une sauce à spaghetti. De bonne guerre, comme on dit.

Au final, le principal reproche que nous pourrions adresser au Bye Bye 2020, c’est de ne pas s’être aventuré davantage au-delà du premier degré. Tout ici était on ne peut plus direct.

Cela étant dit, la présente édition nous a offert suffisamment de moments forts tout en se tenant loin des dérapages gênants pour atteindre ses principaux objectifs.

Il y avait de l’excellent, du bon et du moins bon dans ce Bye Bye 2020, mais rien que nous puissions qualifier de franchement mauvais.

Et c’était amplement suffisant pour mettre 2020 derrière nous une bonne fois pour toute. N’en déplaise à Donald Trump.

Le Bye Bye 2020 sera présenté en rediffusion ce vendredi 1er janvier à 21h, sur les ondes d’ICI Télé.

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