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Le NPD est-il en train de changer de visage? (VIDÉO)

Plusieurs députés sortants du Nouveau Parti démocratique (NPD) ont perdu leur course à l'investiture et se sentent froissés de ne pas pouvoir briguer un nouveau mandat. Le Parti rétorque qu'il attire de meilleures candidatures et que la démocratie a parlé.

Un texte de Julie Dufresne

Dans la circonscription de Laval, le député sortant José Nunez-Melo garde un goût amer de son passage au NPD.

Élu aux dernières élections, il ne renie pas son engagement avec l'ancien chef du Parti, Jack Layton. Mais même s'il le souhaitait, il ne pourrait pas se présenter à nouveau pour le NPD. Un nouveau candidat a été choisi lors de l'investiture dans la circonscription de Vimy, qui englobe une partie de son ancienne circonscription de Laval dans le redécoupage de la carte électorale. Selon lui, ce dernier a la faveur de l'exécutif du Parti.

« Ils sont allés chercher une troisième personne qui n'habitait même pas dans la circonscription, alors là il y avait déjà la décision de dire "Toi, dehors!" » — José Nunez-Melo

Dans la circonscription de José Nunez-Melo, aucun électeur parmi ceux que nous avons rencontrés ne pouvait identifier le député sortant.

Ce dernier assure qu'il a bien fait son travail, qu'il a été assidu. Il affirme n'avoir manqué qu'une dizaine de votes en quatre ans et souligne avoir déposé un projet de loi.

L'exécutif du Parti visé

Selon le député sortant, c'est plutôt signe que le Parti a changé.

« Jack Layton, c'était une personne à qui vous parliez et vous saviez qu'il vous écoutait. [...] Je ne me rappelle pas avoir eu une conversation avec M. Mulcair depuis 2012. » — José Nunez-Melo

Il ajoute que le bureau du leader de l'opposition est « assez autoritaire » et qu'il « impose certaines politiques ».

Il n'est pas le seul élu à ne pas avoir été retenu pour défendre à nouveau les couleurs du NPD. Trois autres de ses collègues ont perdu leur investiture et au moins autant d'aspirants candidats ont été écartés.

Sur 95 députés néo-démocrates sortants, 81 portent à nouveau les couleurs du Parti sur les 269 candidats déclarés jusqu'à présent.

Des candidatures différentes

L'un des hauts stratèges néo-démocrates, proche conseiller de Jack Layton en 2011, affirme que ce sont les membres qui choisissent, que la démocratie a parlé. Et surtout, que la popularité du Parti attire de bonnes candidatures.

« Les députés qui ont travaillé fort ont réussi à garder leurs investitures. Malheureusement, pour certains qui n'ont pas été pas en mesure de garder leur poste, ça démontre la vitalité du Parti. » — Karl Bélanger

De son côté, le député sortant de Rosemont-Petite Patrie, Alexandre Boulerice, estime qu'il s'agit d'un passage obligé pour le Parti.

« À cause du travail qu'on a effectué en quatre ans et de la possibilité de remporter l'élection, on a une équipe renforcée avec d'excellents candidats et candidates. Et je suis très fier de ça. » — Alexandre Boulerice

Candidat vedette du Parti, il bénéficie de toute la machine électorale néo-démocrate pour l'appuyer. « Dans Rosemont-Petite patrie, on va être la campagne la mieux financée au Québec. On va être capables de dépenser le maximum prévu par la loi électorale. On est rendus à 170 bénévoles », détaille-t-il.

Quant à José Nunez-Melo, il a décidé de faire du NPD son adversaire politique plutôt que de baisser les bras. Il a annoncé qu'il allait briguer les suffrages pour le Parti vert.

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