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Pour plus de plaisir, faut-il décalotter son clitoris?

Finies les cachotteries sur le plaisir féminin.
LumiNola via Getty Images

On l’explore, le zieute, le touche, le stimule puis - plus récemment - on le décalotte. Le clitoris est muni, comme le pénis, d’un prépuce qui sert à le protéger, mais aussi à bien doser le plaisir. C’est possible de le manipuler, mais avec grand soin. Zoom sur le capuchon clitoridien.

Même s’il est peu connu, il n’est pas si sorcier. Il s’agit simplement d’un bout de peau d’une longueur variable d’une femme à l’autre qui recouvre le gland du clitoris, et qui se rétracte lors de l’excitation. Sa fonction: couver ce petit bouton hypersensible qui contient quelque 8000 terminaisons nerveuses, soit le double du gland du pénis.

S’il n’était pas là, la friction avec les vêtements et toute autre stimulation «pourrait être très sensible, voire désagréable», affirme la sexologue, Véronique Jodoin.

Mais le laisser pendouiller n’est pas gagnant, selon elle. Il devrait plutôt être stimulé manuellement et décalotté en le massant avec délicatesse. «Ça permet de s’assurer de son élasticité pour ne pas ressentir d’inconfort lorsqu’il se rétracte en état d’excitation. […] Dans d’autres cas, le capuchon peut être trop volumineux et couvrir excessivement le gland du clitoris, ce qui le rend moins sensible et plus difficile à stimuler. Le décalotter partiellement ou complètement peut être essentiel pour sa stimulation».

La sexperte française Mascha Sexplique va plus loin en disant même que si ce n’est pas fait, il y a des risques qu’il se replie et emprisonne le clitoris. «Si on ne mobilise jamais son prépuce, le capuchon se referme sur le gland. Les conséquences? Impossibilité de voir le gland du clitoris ressortir du prépuce, hypersensibilité, syndrome d’excitation génitale persistant, accumulation de smegma et infection».

Capture d'écran Mashasexplique/Instagram

La science n’est pas du même avis.

La chirurgienne plasticienne Geneviève Ferland-Caron, spécialisée notamment en interventions vaginales, affirme pratiquer la réduction du capuchon dans sa clinique privée pour des raisons purement esthétiques.

«Oui, le capuchon empêche une surstimulation [et les douleurs associées, NDLR], mais n’est pas connu pour augmenter ni baisser le plaisir, dit-elle. Le capuchon de certaines femmes peut épaissir à cause de l’âge ou de la génétique et peut former comme une impression de “petit pénis“ au niveau du clitoris. On intervient juste pour enlever l’extra de peau.»

Dre Ferland-Caron avertit les femmes de ne pas complètement le retirer, et surtout de ne pas le faire à la maison. «On ne fait que le réduire, enlever minutieusement l’excès. On ne fait pas l’ablation complète. Quand cette peau est partie, c’est dur de la reconstruire».

La procédure dite «mineure» serait la plupart du temps combinée à une labiaplastie, une réduction des petites lèvres. Le tout afin d’obtenir un vagin lisse et tendu, sans excédent de peau.

Certaines patientes auraient admis avoir ressenti plus de plaisir après l’opération, mais aucune étude ne leur donne raison pour l’instant.

En centre hospitalier, au public, on ne touche pas au prépuce féminin à moins qu’une dermatose de la vulve, comme le lichen scléreux vulvaire, crée une adhérence des tissus au niveau du clitoris et des petites lèvres, et cause des inconforts notoires.

«Si le capuchon se referme à cause de la dermatose inflammatoire, les sécrétions du clitoris ne peuvent pas sortir, donc ça peut faire un abcès ou des kystes dans le clitoris. Là, on va intervenir», explique la gynécologue à l’Hôtel-Dieu de Lévis, Dre Marie-Hélène Renald.

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