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Pour Cabu, Charb, Wolinski et tous les autres...

Des amis sont morts. Des signatures familières ne sont plus, victimes d'une barbarie indicible. Des hommes ont été liquidés. Abattus comme des chiens, comme on n'oserait pas abattre des chiens. Un journal décapité. Pas n'importe quand: le jour de la réunion de rédaction dont les assassins étaient visiblement avertis. Et pas n'importe quel journal.

Des amis sont morts. Des signatures familières ne sont plus, victimes d'une barbarie indicible. Des hommes ont été liquidés. Abattus comme des chiens, comme on n'oserait pas abattre des chiens.

Un journal décapité. Pas n'importe quand: le jour de la réunion de rédaction dont les assassins étaient visiblement avertis. Et pas n'importe quel journal: celui qui avait porté le plus loin la volonté de transgression de la bien-pensance, qui combattait pour que la caricature, le blasphème contre tous les dogmes demeurent sacrés au pays de la laïcité et de la liberté.

Ils étaient nos confrères. Ils étaient mes amis. Cabu, tendre Jean Cabu, qui m'a accompagnée dans mes premiers pas à la télé, je salue avec chagrin ta mémoire, toi le timide, l'indigné, l'inquiet, l'éternel étudiant à la coupe de cheveux singulière, au dessin gentil et mordant à la fois. Jamais cruel, mais toujours grinçant, pour appuyer là où il fallait chatouiller les puissants, l'armée, les prêtres de toutes les religions. Je pense à sa famille, à sa compagne que j'embrasse avec un immense chagrin, à ses amis parmi lesquels j'avais l'honneur d'être.

Continuer, résister, dessiner, rire de tout, c'est ce qu'ont fait dans l'adversité les journalistes de Charlie et c'est ce qu'il nous reste à faire pour dire à ceux qui sont morts que nous les admirions pour leur talent et leur attachement à la liberté. Cette liberté a un prix, nous oublions quelquefois qu'il peut être très lourd et ne se résume pas à un slogan démodé. Cette liberté a une exigence : protéger la paix civile, coûte que coûte, ne pas accepter que notre volonté de vivre tous ensemble dans cette France privilégiée, soit entamée par le soupçon, la haine, l'amalgame. Le reste est désormais dérisoire.

Anne Sinclair et la rédaction du HuffPost France

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