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La communauté LGBTQI+ doit s'opposer à toutes les discriminations

Les critiques espéraient qu’Équipe Montréal, une organisation importante dans le paysage communautaire, se dissocierait clairement de Mme Blanc et de ses propos racistes.
L’échec d’Équipe Montréal de prendre ses distances de Mme Blanc est malheureusement symptomatique d’un problème plus important.
The Canadian Press Images/Graham Hughes
L’échec d’Équipe Montréal de prendre ses distances de Mme Blanc est malheureusement symptomatique d’un problème plus important.

Face aux critiques de certains membres de la communauté LGBTQI+, Équipe Montréal, une coalition des associations et clubs de sport LGBTQI+, a annoncé que Michelle Blanc – une figure proéminente de la communauté LGBTQI+ et candidate pour le Parti québécois dans Mercier – avait décidé de se retirer du rôle de présidente d'honneur de leur gala annuel, une célébration de la diversité et de l'inclusion.

«Les représentants d'Équipe Montréal m'ont fait part des craintes de leurs membres, notamment en ce qui concerne leur indépendance des partis politiques», écrit-elle.

Mais Équipe Montréal s'en tire à bon compte, en laissant la décision de se retirer à Mme Blanc uniquement, et en choisissant de garder le silence sur le réel problème: le racisme. Le message n'est pas passé: les critiques espéraient qu'Équipe Montréal, une organisation importante dans le paysage communautaire, se dissocierait clairement de Mme Blanc et de ses propos racistes.

L'échec d'Équipe Montréal de prendre ses distances de Mme Blanc est malheureusement symptomatique d'un problème plus important.

Équipe Montréal se présente comme «un regroupement des sports et loisirs fort, engagé, rassembleur, inclusif et reconnu». Mme Blanc ne correspond pas à ces valeurs. Son usage du «mot N*****», un terme péjoratif désignant les personnes noires et qui porte une histoire chargée de discrimination et de violence, n'est pas une erreur inoffensive lorsque l'on considère les sévères impacts du racisme dont elles souffrent encore aujourd'hui.

Et son souhait de voir les juifs hassidiques «disparaître de sa vue» tout en plaisantant sur son oubli de célébrer l'anniversaire d'Hitler devraient nous rappeler une sombre époque durant laquelle les juifs – et les personnes LGBTQI+ – ont été la cible d'actions d'extermination.

Les personnes LGTBQI+ ont été et sont toujours la cible de «plaisanteries» offensantes, et nous nous indignons à juste titre contre celles et ceux qui expriment leur homophobie et leur transphobie, car nous savons que ce ne sont pas que des mots.

Nous savons que ces «plaisanteries» ont coûté la vie à nombre d'entre nous, et nous savons ce que c'est que d'être exclu-e-s, discriminé-e-s et assassiné-e-s pour être qui nous sommes. Et pourtant, nous pouvons encore rester aveugles au racisme, malgré les similarités troublantes de ce phénomène avec l'homophobie. Comme l'homophobie et la transphobie, le racisme tue, peu importe à quel point nous pensons que ces «plaisanteries» sont inoffensives.

C'est pourquoi nous ne pouvons pas lutter contre l'homophobie et la transphobie sans comprendre le racisme et les autres sources d'oppression. Les personnes de couleur font face à des défis différents dans la communauté LGBTQI+: du racisme ordinaire et des insultes décomplexées, au poids des normes sociales de leurs communautés culturelles qui les obligent souvent à rester «dans le placard» et les empêchent d'accéder au soutien et aux services dont elles ont besoin.

Les personnes transgenres migrantes se battent encore pour obtenir le droit de changer leur genre et leur nom sur leurs documents d'identité au Québec, alors que les femmes transgenres de couleur sont surreprésentées parmi les victimes de meurtres. Mme Blanc a certainement contribué de manière positive à l'avancement des droits des personnes LGBTQ+ et à la visibilité des personnes transgenres, mais nous ne pouvons pas ignorer ses propos en connaissant les réels impacts du racisme sur les membres de notre communauté.

Équipe Montréal a probablement pensé éteindre le débat et réduire les critiques au silence. Mais le retrait de Mme Blanc n'est qu'une petite victoire douce-amère. Ce n'est que le début de la conversation.

Nous devons avancer en tant que communauté, notamment en favorisant des alliances avec les organisations qui ont travaillé depuis des années pour une plus grande diversité, en maintenant un dialogue constant avec les membres de la communauté issus des minorités visibles pour comprendre leurs préoccupations, en faisant la promotion de plus de diversité aux niveaux décisionnels en ciblant les minorités visibles de manière proactive, et en augmentant la visibilité des personnes issues de la diversité dans les communications et la représentation.

En 2018, nous nous félicitons que notre communauté soit plus ouverte et plus inclusive que jamais. Et pourtant, le racisme est toujours bien présent, dans notre communauté comme dans la société dans son ensemble. Nous devons nous opposer à toutes les formes de discrimination si nous voulons créer un espace sécuritaire pour tout le monde avec succès.

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