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Congeler ses ovules : est-ce un choix personnel ou lié à la pression sociale?

Quels enjeux derrière la congélation d'ovules?
Radio-Canada.ca

L'enjeu de la congélation des ovules sera au coeur d'une conférence jeudi soir à l'Université de Windsor. La professeure Françoise Baylis, titulaire de la chaire du Canada en bioéthique et philosophie à l'Université Dalhousie, s'oppose à ce genre de traitement, lorsqu'il est utilisé par une femme en bonne santé pour remettre à plus tard sa grossesse afin de se consacrer à sa carrière.

Mme Baylis croit que ce type de traitement envoie un message négatif aux femmes. Selon elle, cela renforce l'idée que les jeunes professionnelles doivent choisir entre leur travail et fonder une famille, alors qu'on ne demande pas aux hommes de faire ce choix.

« Il faut regarder ceci avec une perspective sociale. Qu'est-ce qu'on devrait faire en tant que société, plutôt que de remettre ça à la femme et de dire que c'est son problème et qu'on lui offre une solution médicale. »

La professeure souligne qu'il y a des risques associés à ce traitement. Elle explique que la stimulation hormonale nécessaire à l'extraction d'ovules peut mener à une hyperstimulation ovarienne qui peut causer de la fatigue, des maux de tête, des caillots et dans certains cas, une hospitalisation. Une grossesse à un âge plus avancé comporte aussi son lot de risques, autant pour la femme que pour l'enfant, ajoute-t-elle.

Mme Baylis croit qu'il faudrait plutôt ajuster l'environnement de travail pour permettre un meilleur travail/famille. Elle suggère d'adapter les horaires des employés pour qu'ils correspondent à ceux des écoles et de favoriser le travail à domicile.

« Si on peut changer les attitudes et le contexte dans lequel les femmes travaillent, tout le monde pourra en bénéficier. »

— Françoise Baylis

Tony Pattinson, obstétricien gynécologue dans une clinique de fertilité de Windsor, voit quant à lui ce type de traitement d'un tout autre oeil. Il constate que l'industrie tarde à s'adapter, mais croit qu'il faut quand même offrir cette solution médicale aux femmes. Il s'agit d'une option de plus, selon le docteur.

Il traite d'ailleurs plusieurs couples qui arrivent à la fin de la trentaine ou au début de la quarantaine, qui tentent de concevoir un enfant de façon naturelle et qui se butent à de nombreux problèmes, notamment à celui de l'âge avancé de la femme.

La congélation des ovules dans le but de prolonger la fertilité demeure un phénomène marginal au pays. Selon Françoise Baylis, 152 femmes y ont eu recours en 2012.

L'an dernier, Facebook et Apple avaient annoncé qu'elles rembourseraient une partie du coût des procédures de congélation des ovules de leurs employées, jusqu'à 20 000 $ américains.

De futures professionnelles veulent avoir le choix

À l'école de gestion de l'Université de Windsor, des étudiantes sont d'avis que les femmes devraient avoir le choix et pouvoir remettre à plus tard leur premier enfant afin de se consacrer à leur carrière.

« Tu veux développer ta carrière, bien t'établir dans ton domaine et avoir une certaine stabilité avant de fonder une famille », pense Dharitri Shah, étudiante de 4e année d'un baccalauréat de commerce.

« Chaque femme devrait avoir cette option. Je crois que ce serait très difficile d'avoir des enfants en même temps que d'essayer de décrocher un bon emploi », ajoute Charisma Olajuyigbe, qui espère un jour travailler comme gestionnaire. Elle aimerait toutefois travailler pour un employeur qui fera preuve de flexibilité quand elle décidera d'avoir des enfants.

Avec le reportage d'Andréanne Baribeau.

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