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COP21: sauvons l'Arctique

Les températures arctiques ont augmenté deux fois plus que la moyenne mondiale au cours des 100 dernières années.

Les températures arctiques ont augmenté deux fois plus que la moyenne mondiale au cours des 100 dernières années. Des photos récentes montrent des milliers de morses, qui se reposent généralement sur la glace entre deux plongeons, forcés de se regrouper sur les côtes de l'Alaska. Ces photos nous rappellent qu'il est grand temps que nous prenions des mesures sérieuses pour faire face au changement climatique si nous voulons sauver l'Arctique.

Originaires de pays de l'Arctique, nous sommes particulièrement préoccupés par l'extrême vulnérabilité des écosystèmes arctiques au changement climatique. Du fait de la diminution des glaces de mer et du manteau neigeux, des habitats entiers sont perdus, menaçant des espèces uniques, comme les ours polaires et les morses, ainsi que les moyens de subsistance traditionnels des peuples autochtones.

Outre le CO2 et les autres gaz à effet de serre, plusieurs polluants atmosphériques ont un impact sur le changement climatique en Arctique, comme le noir de carbone, un composant des particules fines qui est produit par la combustion incomplète de combustibles fossiles ou de bois. Également connu comme un polluant climatique de courte durée, le noir de carbone est particulièrement nocif en Arctique, car il absorbe la lumière du soleil et augmente la fonte des glaces et de la neige lorsqu'il s'y dépose.

Bien évidemment, le changement climatique ne nuit pas seulement à l'Arctique; il est ressenti partout dans le monde. Lorsque la réflectivité de la surface de l'Arctique est réduite, la glace se réchauffe et fond, engendrant à son tour une hausse du niveau de la mer et une augmentation de la température à l'échelle mondiale.

La dernière génération à pouvoir enrayer le changement climatique

Nous sommes la dernière génération à pouvoir enrayer le changement climatique et à sauver ainsi l'Arctique. Si nous échouons, ce sera une erreur historique. Mais nous devons agir rapidement. Voilà pourquoi, dans la perspective de la COP 21, nous tenons à attirer l'attention sur les bénéfices d'une lutte intégrée contre le changement climatique et la pollution atmosphérique.

La mauvaise qualité de l'air et le changement climatique sont des phénomènes différents mais étroitement liés. L'utilisation de combustibles fossiles est la principale source commune à la pollution atmosphérique et aux gaz à effet de serre. Ainsi, de nombreuses mesures prises pour réduire les émissions provenant de ces sources contribueront à améliorer la qualité de l'air ainsi qu'à lutter contre le changement climatique.

Le changement climatique et la pollution de l'air posent un risque croissant pour notre sécurité, notre prospérité et notre bien-être. L'OMS estime que l'exposition à la pollution atmosphérique a provoqué 7 millions de décès en 2012 à travers le monde, ce qui confirme que la pollution de l'air est maintenant le plus important risque environnemental pour la santé dans le monde.

Alors que les effets de la pollution de l'air sont principalement observés au niveau local, un grand volume de polluants atmosphériques est transporté à travers les frontières et même les continents. Cela est particulièrement vrai dans l'Arctique, où environ 50% des émissions de noir de carbone proviennent d'Europe. Par conséquent, il est essentiel d'unir les efforts au niveau international pour réduire les émissions et sauver l'Arctique.

Des mesures déjà prises

Un certain nombre de mesures ont déjà été prises. Grâce à la Convention sur la pollution atmosphérique transfrontière à longue distance, qui fixe des objectifs d'émission pour un certain nombre de polluants atmosphériques clés, la CEE-ONU contribue à améliorer la qualité de l'air mais également à atténuer le changement climatique. Ce traité pionnier, signé initialement afin de résoudre le problème des pluies acides en Europe du Nord dans les années 1970, comprend maintenant 51 États Parties, y compris tous les pays de l'Arctique. Grâce aux efforts collectifs de ces pays, les émissions de polluants atmosphériques ont été réduites de 40% à 70% depuis 1990 en Europe et jusqu'à 40% en Amérique du Nord.

En 2012, les États Parties ont innové en modifiant le protocole de Göteborg, qui est devenu le premier accord international juridiquement contraignant contenant des obligations de réduction des polluants climatiques de courte durée, notamment les particules fines (PM 2,5), dont le noir de carbone. Le Protocole de Göteborg est donc un exemple de la façon dont les polluants atmosphériques et climatiques peuvent être abordés d'une manière plus intégrée.

Le Conseil de l'Arctique, un forum intergouvernemental qui aborde les problèmes rencontrés par les huit pays arctiques et les peuples autochtones qui y vivent, a joué un rôle de premier plan en fournissant des mises à jour sur le changement climatique rapide en Arctique et ses conséquences sur nos sociétés et l'environnement, localement et globalement.

Nous appelons tous les pays à intensifier leurs efforts et à garantir que la COP21 aboutisse à un accord solide. Nous appelons aussi les gouvernements à ratifier et appliquer le Protocole de Göteborg et à envisager de nouvelles initiatives pour lutter de manière intégrée contre la pollution atmosphérique et le changement climatique. Agissons maintenant à la fois pour lutter contre le changement climatique et sauver l'Arctique!

Ce billet est également rédigé par Tine Sundtoft, ministre du Climat et de l'Environnement de la Norvège.

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