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Déconfinement: les régions en zone orange font confiance aux Québécois

L'absence de barrages routiers n'inquiète pas des élus municipaux interviewés par le HuffPost Québec.
Les restaurants de six régions pourront rouvrir leurs salles à manger dès lundi. (photo d'archives)
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Les restaurants de six régions pourront rouvrir leurs salles à manger dès lundi. (photo d'archives)

Des élus municipaux des six régions qui tomberont en zone orange le 8 février prochain se disent satisfaits des assouplissements à venir, ont-ils témoigné mercredi. L’absence de barrages routiers pour prévenir l’afflux de visiteurs provenant d’une zone rouge ne préoccupe pas particulièrement aucun des sept intervenants interviewés par le HuffPost Québec.

Le premier ministre François Legault a annoncé mardi soir un déconfinement partiel des régions de l’Abitibi-Témiscamingue, du Bas-Saint-Laurent, de la Côte-Nord, de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, du Nord-du-Québec et du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Les restaurants et les gyms de ces régions pourront à nouveau accueillir des clients, contrairement à ceux des zones rouges.

Le discours des élus avec lesquels le HuffPost s’est entretenu détonne des partis d’opposition qui ont réclamé des mesures de contrôle aux frontières de ces régions.

Selon ces élus des quatre coins du Québec, M. Legault et son gouvernement ont tenu compte des réalités locales et régionales dans l’établissement d’une «nouvelle» zone orange. Avec la recommandation de ne pas se déplacer d’une région à l’autre, ils font confiance à la bonne foi des Québécois.

«Tranquillement, on voit la lumière au bout du tunnel. Tout le monde était content. On a tous besoin d’air. [...] C’est une bonne nouvelle pour toute la communauté, autant pour la population que pour nos gens d’affaires», a affirmé la mairesse de Saguenay, Josée Néron, lors d’un entretien téléphonique.

«À nous de ne pas baisser notre garde. Ça ne veut pas dire avoir peur des gens, mais je pense qu’il y a des moyens pour s’aider entre nous pour contrôler toute cette pandémie», a-t-elle insisté.

Ce sentiment de satisfaction est aussi partagé par d’autres intervenants du Bas-Saint-Laurent qui jugent que leur région est récompensée pour avoir participé à l’effort collectif. Le préfet de la MRC de Kamouraska, Yvon Soucy, celui de la MRC de Rivière-du-Loup, Michel Lagacé, et celui de la MRC de Rimouski-Neigette, Francis St-Pierre, sont heureux que Québec ait accepté les demandes d’allègements pour les régions qui signalent très peu de nouvelles infections de la COVID-19.

Des barrages compliqués à mettre en place

Que ce soit pour la mairesse de Saguenay, les trois préfets du Bas-Saint-Laurent, la mairesse de Rouyn-Noranda, Diane Dallaire, le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny, ou celui de La Pocatière, Sylvain Hudon, l’absence de contrôles routiers par la Sûreté du Québec (SQ) à l’entrée de leur région ne les inquiète pas.

Pour M. Lagacé, ces barrages routiers peuvent même procurer un faux sentiment de sécurité. «Quand on baisse les bras et qu’on pense que le virus n’est plus là, c’est à ce moment qu’il nous surprend», a-t-il fait valoir.

Selon la plupart de ces élus, installer des contrôles routiers à ce moment-ci demanderait une logistique beaucoup plus importante qu’au printemps dernier. Étant donné que la majorité des activités économiques étaient arrêtées en mars, les policiers avaient moins de vérifications à effectuer. Aujourd’hui, particulièrement avec la réouverture des commerces non essentiels dès lundi à travers la province, c’est une tout autre histoire.

Selon Sylvain Hudon et Francis St-Pierre, les effectifs qui seraient utilisés pour intercepter des voitures aux points de contrôle seraient plus efficaces sur les routes de leur région, étant donné que le Bas-Saint-Laurent est étendu sur un large territoire.

La mairesse Dallaire fait aussi remarquer qu’il y a beaucoup de gens qui se promènent à l’intérieur de l’Abitibi. Cela compliquerait leurs déplacements.

La SQ a confirmé que des contrôles routiers pour s’assurer du respect du couvre-feu, qui sera maintenant entre 21h30 et 5h dans ces six régions, continueront d’être effectués en Abitibi-Témiscamingue, Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et du Nord-du-Québec. Pour ce qui est de la Côte-Nord et du Saguenay–Lac-Saint-Jean, un porte-parole de la SQ de ces régions a indiqué que le corps policier ne commentait pas les opérations qui avaient lieu sur le terrain.

Un déconfinement graduel

Avec la semaine de relâche qui approche, les élus interrogés ne redoutent pas la venue de visiteurs de zones rouges, bien que la plupart souhaitent qu’ils suivent la recommandation de ne pas se déplacer dans leur région.

«Le premier ministre ne recommande pas de se déplacer, mais on sait que ça peut arriver. Si les gens se responsabilisent et respectent les mesures de distanciation, ça devrait bien se passer», a estimé Diane Dallaire, qui rappelle que la période de chasse s’était bien déroulée en Abitibi à l’automne.

«Quelqu’un qui se loue un chalet dans le fond du bois et qui apporte sa nourriture, ça ne m’inquiète pas», a évoqué Francis St-Pierre.

Mme Dallaire a néanmoins servi un avertissement à ceux qui ne respectent pas les mesures sanitaires et qui pourraient propager le virus: «On rappelle aux gens des autres régions que nous sommes très fragiles au niveau de notre système de santé [en Abitibi].»

Quant à ceux qui seraient tentés d’aller dans les restaurants, Yvon Soucy est rassuré par les directives prévues par le gouvernement. Selon les mesures annoncées par Québec mardi, seuls les clients qui présentent une preuve de résidence dans la région de l’établissement pourront entrer. Un maximum de deux adultes par table avec leurs enfants d’âge mineur est autorisé. Les restaurateurs doivent également tenir un registre de la clientèle.

Certains citoyens et commerçants auraient voulu des assouplissements plus grands de la part du gouvernement, comme la permission de rassemblements dans les domiciles. Les intervenants contactés préfèrent un déconfinement graduel et éviter un retour en arrière.

«Je m’attends à ce qu’on le fasse comme un saut de crapaud, a imagé Yves Montigny, maire de Baie-Comeau. On s’en vient présentement en zone orange. Si la situation reste belle avec l’ouverture des commerces et qu’il n’y a pas d’afflux d’autres régions, on devrait être capable de passer en zone jaune.»

«Ce qui est important, c’est le respect des règles sanitaires dans le prochain mois, a plaidé M. St-Pierre. Pour ceux qui en auraient voulu beaucoup plus aujourd’hui, ce serait mortel pour leurs entreprises si elles étaient obligées de reconfiner à la fin février ou au début mars.»

Outre les restaurants et les gyms de ces six régions, le gouvernement Legault a annoncé la reprise des activités intérieures, individuelles ou en duo, ainsi que celles extérieures en groupe de huit au maximum. Les salles à manger des résidences privées pour aînés (RPA) seront de nouveau accessibles en respectant des mesures sanitaires strictes. Les cinémas et les salles de spectacle pourront quant à eux rouvrir leurs portes le 26 février prochain.

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