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Dernière étape du procès du Sénateur Mike Duffy

Le procès du sénateur déchu Mike Duffy a repris ce matin à Ottawa pour sa dernière ligne droite. Si en août dernier l'attention était concentrée sur le rôle du bureau du premier ministre dans cette affaire, jeudi matin, les questions du procureur de la Couronne et de l'avocat de Mike Duffy ont plutôt porté sur la manière de réclamer des dépenses dans les bureaux des sénateurs.

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair

À la barre Gillian Rokosh, adjointe de longue date pour les sénateurs Trevor Eyton, puis Linda Frum, a été appelée à expliquer la manière de remplir des formulaires de réclamations de dépense.

En juin dernier, une adjointe de Mike Duffy, Mélanie Mercer, avait dû s'expliquer sur l'utilisation des formulaires de remboursement vierges, mais pré-signés par le sénateur. Elle avait alors mentionné qu'elle avait été conseillée sur cette pratique par Loren Cichinni, une employée d'autres sénateurs. En Cour, cette dernière avait reconnu avoir utilisé des formulaires vierges pré-signés, mais avait toutefois nié avoir conseillé à Mme Mercer de faire de même.

Gillian Rokosh, qui se décrit elle-même comme une « proche collègue » de Loren Cichinni a affirmé qu'elle était au courant que Mme Cichinni travaillait de cette manière. Dans son cas, Mme Rokosh affirme qu'elle n'a pas emprunté cette pratique et que les formulaires de remboursement ainsi que les factures de voyages étaient envoyés à son employeur qui devait donner son approbation.

Gilian Rokosh se souvient d'avoir été contactée par Mélanie Mercer, l'adjointe du sénateur Duffy, qui lui a demandé comment remplir les fiches de présence au Sénat, mais affirme ne pas l'avoir aidé. Gilian Rokosh dit n'avoir jamais conseillé à d'autres employés de sénateurs d'utiliser des notes de frais signées à l'avance.

Témoignage de Gerald Donohue

En après-midi, il est prévu que l'ami de Mike Duffy, Gerald Donohue témoigne. Le sénateur lui a octroyé des contrats qui totalisent près de 65 000 $ et pour lesquels la Gendarmerie royale du Canada en est venue à la conclusion que peu de travail a été fait. La police se demande en fait si ces contrats n'auraient pas permis à Mike Duffy de payer des dépenses qui auraient été jugées injustifiées ou inadmissibles par l'administration du Sénat.

Vu l'état de santé de M. Donohue, il comparaîtra par vidéoconférence de son domicile dans la région d'Ottawa.

Le sénateur Mike Duffy fait face à 31 chefs d'accusation pour fraude, abus de confiance et corruption pour lesquels il a plaidé non coupable.

L'affaire Duffy

Sénateur conservateur de l'Île-du-Prince-Édouard, Mike Duffy a quitté le caucus conservateur en mai 2013 en raison de la controverse entourant certaines dépenses controversées.

Le Parti conservateur du Canada (PCC) était prêt à lui donner de l'argent pour qu'il rembourse au Sénat ses dépenses injustifiées, mais a changé d'avis devant l'ampleur de la facture. Ce premier stratagème impliquait Nigel Wright, Marjory LeBreton, Irving Gerstein, Carolyn Stewart-Olsen et David Tkachuk, ainsi que des employés du Bureau du premier ministre.

Selon ce plan, Mike Duffy devait annoncer publiquement qu'il a réclamé « par erreur » certaines dépenses et qu'il s'engageait à les rembourser.

Il a reçu par la suite un chèque de 90 000 $ de Nigel Wright pour rembourser le Sénat. Le sénateur a aussi reçu 13 560 $ du PCC pour payer ses frais juridiques en lien avec cette affaire. Il a été suspendu sans salaire par ses collègues sénateurs.

Mike Duffy a plaidé non coupable à 31 chefs d'accusation. Il est notamment accusé de fraude, d'abus de confiance et de corruption d'un fonctionnaire. Son avocat tente de prouver qu'il a été piégé et n'a jamais accepté d'entente avec Nigel Wright.

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