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Trump est comme le «maire de Mar-a-Lago», avance son avocat pour justifier qu'il puisse y résider

L'ancien président a promis en 1993 à la ville qu'il ne vivrait pas à Mar-a-Lago si elle lui permettait de convertir le domaine en un club social à but lucratif.
Mar-a-Lago en 2018.
Michael Warren via Getty Images
Mar-a-Lago en 2018.

Le nouveau rôle de Donald Trump en tant que gestionnaire immobilier hybride et directeur social de son complexe de Palm Beach fait de lui un «véritable employé» de Mar-a-Lago et lui permet d’y résider, a fait valoir mardi un avocat de l’ancien président.

«Ce type, alors qu’il se promène dans la propriété, est comme le maire de la ville de Mar-a-Lago, si vous voulez», a déclaré John Marion au conseil municipal de Palm Beach, en Floride. «Il est toujours présent, il sera toujours présent. Et il adore ça là-bas. Et il aime les gens qu’il voit là-bas.»

Trump vit dans la «suite du propriétaire» de quatre pièces et deux salles de bain dans le domaine de 126 chambres depuis son départ de la Maison-Blanche le mois dernier. Il avait toutefois promis en 1993 de ne pas y habiter si la ville lui permettait de convertir sa résidence en un complexe de tennis et de piscines réservé aux membres.

Certains voisins et d’autres citoyens de la ville se sont plaints que Trump violait son entente. Reginald Stambaugh, un avocat représentant les voisins de Mar-a-Lago, a déclaré que la ville devrait appliquer les termes de l’accord en révoquant le permis d’utilisation spéciale de Mar-a-Lago et en le reconvertissant en résidence privée. «Et puis l’ancien président et sa famille pourraient y vivre», a-t-il dit.

Philip Johnston, un avocat représentant le groupe «Preserve Palm Beach», a affirmé que Trump contrevient clairement à cette entente en résidant dans son complexe. Il a ajouté que le fait que Trump y basera son bureau post-présidentiel entraînera des problèmes pour la ville. «Nous pensons que cette question menace de faire de Mar-a-Lago un lieu de rassemblement permanent pour ses partisans les plus enragés qui ne respectent pas la loi», a mentionné Johnston.

Mais Marion a souligné les règles de zonage de la ville, qui permettent à une entreprise de servir de résidence à certains employés qui doivent y être. Il a déclaré que Trump faisait tout, de l’évaluation des performances des employés à la participation à des événements qui y étaient organisés, en passant par l’accueil des invités, la suggestion d’améliorations du fonctionnement du club, la recommandation de candidats à l’adhésion.

Le conseil municipal n’a pris aucune décision formelle mardi et n’a donné aucune indication s’il allait le faire. La présidente du conseil, Maggie Zeidman, a cependant cité les propos du procureur de la ville, John Randolph, qui était d’accord avec l’opinion de Marion sur l’exception à la règle de zonage. «Il me semble que M. Trump […] répond aux critères d’authentique employé, et il semble que rien ne l’empêche de vivre dans la suite du propriétaire à Mar-a-Lago», a-t-elle déclaré.

Un camion de déménagement était stationné à Mar-a-Lago le 18 janvier dernier, deux jours avant l'assermentation de Joe Biden.
Terry Renna/ASSOCIATED PRESS
Un camion de déménagement était stationné à Mar-a-Lago le 18 janvier dernier, deux jours avant l'assermentation de Joe Biden.

Trump a acheté Mar-a-Lago en 1985 comme résidence hivernale, mais en 1993, confronté à des difficultés financières en raison de la mauvaise gestion de ses casinos d’Atlantic City, il a constaté qu’il ne pouvait pas se permettre l’entretien de la villa vieillissante. Il a demandé et obtenu une autorisation spéciale de la ville pour la convertir en club social à but lucratif.

Une condition de cette exception de zonage, cependant, était que Mar-a-Lago ne pouvait pas être transformé en hôtel, et le conseil municipal limitait les séjours à sept jours consécutifs au maximum trois fois par an. L’avocat de Trump à l’époque avait promis que ce dernier respecterait cette règle, comme n’importe quel autre membre.

Mais Trump a commencé à renier cette promesse presque immédiatement, selon ceux qui connaissaient ses habitudes au cours de ces années. Au cours de sa présidence, Trump a dépassé la limite de sept jours en 2017, 2019 et 2020, et la limite de trois visites au cours des quatre années de sa présidence.

Marion, l’avocat de Trump à West Palm Beach qui s’occupe de ce dossier, a en fait cité sa rupture répétée de sa promesse au fil des ans comme raison pour laquelle il ne devrait pas y être tenu maintenant. «Avant et après la signature de l’entente en 1993, le président Trump a toujours résidé dans la suite du propriétaire lorsqu’il était à MAL, une utilisation qui a dépassé de loin trois visites par an et qui n’a jamais été remise en cause», a-t-il écrit dans une lettre à Randolph le 28 janvier.

Trump pourrait, s’il le voulait, éviter complètement le différend en vivant dans l’une des trois maisons qu’il possède dans le voisinage immédiat. Des maisons de 6000 et 3000 pieds carrés sont immédiatement adjacentes à Mar-a-Lago, tandis qu’une maison de 10 000 pieds carrés sur le bord de la mer se trouve sur l’autoroute A1A, à côté des plages de Mar-a-Lago.

Mais Marion, dans sa présentation au conseil municipal, a déclaré que ce serait bien pire pour les résidents sur la route immédiatement au nord de Mar-a-Lago, car cela signifierait que toutes les voitures se retrouvant sur cette rue devraient être inspectées et qu’il y aurait une présence constante des services secrets.

«Ce serait une horrible contrainte pour eux s’ils obtenaient ce qu’ils voulaient», a déclaré Marion.

La propriété Mar-a-Lago, qui est située entre la lagune du lac Worth et l’autoroute A1A, possède ses propres entrées privées pour les voitures. Tous les barrages routiers et barrières érigés durant la présidence de Trump ont été supprimés.

Ce texte initialement publié sur le HuffPost États-Unis a été traduit de l’anglais.

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