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Les éléphants nous sauveront-ils du cancer?

Elephant washing on southern banks of the periyar river at Kodanad training center
Elephant washing on southern banks of the periyar river at Kodanad training center

Cette folle théorie deviendra-t-elle réalité? Nous en sommes encore loin, mais des observations scientifiques donnent bon espoir. Les hommes pourraient un jour se défendre efficacement contre le cancer grâce aux éléphants. Des observations en laboratoire ont été menées et rendues publiques le 17 janvier. Il ne s'agit pas d'essais cliniques, ils n'ont pas été publiés dans une revue, ce sont simplement des chercheurs qui ont réussi à confirmer l'une de leurs hypothèses.

Ils sont partis de l'idée qu'ils avaient eux-mêmes théorisée en 2015, que les éléphants étaient porteurs de plus de gènes suppresseurs de tumeurs de plus que les humains. Ils ont vingt copies du gène TP53, celui-là même dont la protéine, P53, "surveille" les cellules.

Le gène tueur de tumeurs

La protéine rentre en action si l'ADN de l'une des cellules est endommagé: elle peut réparer la cellule là où elle est endommagée, ou bloquer la division cellulaire, ou bien encore provoquer l'autodestruction de la cellule. Si l'on possède une version défectueuse du gène TP53, nous avons 90% de risques de développer un cancer au cours de notre vie.

Les éléphants, eux, ne sont que 5% à mourir du cancer, malgré le nombre de cellules bien supérieur au nôtre. Plus nous avons de cellules, plus nos risques d'avoir un cancer se multiplient. Pas chez l'éléphant, donc.

Une observation inédite et prometteuse

L'équipe du professeur Joshua Schiffman de l'université de l'Utah a réussi à isoler la protéine et à observer son action.

C'est une première prometteuse. Mais elle ne garantit pas que cette protéine pourrait fonctionner chez les humains. "Les éléphants ont eu 55 millions d'années de recherche et développement, pour dessiner la protéine anti-cancer parfaite", fait remarquer le Dr Schiffman à CNN. Mais il a bien l'intention d'approfondir ses recherches, lui qui a été profondément marqué par le lymphome dont il a souffert, découvert à ses 15 ans.

Essais sur l'humain en 2020?

Son laboratoire a lancé une collecte de fonds de deux millions de dollars pour financer la suite des recherches. En l'espèce, la simple observation devra se transformer en étude publiée dans une revue à comité de lecture, pour valider scientifiquement sa découverte, puis il s'agira de réussir à synthétiser la protéine en laboratoire, commencer des essais sur la souris, et l'inoculer à des animaux de laboratoire. Pour, enfin, faire des essais sur l'humain.

Joshua Schiffman est optimiste et table sur une possibilité de faire les premiers essais d'ici 2020.

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