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Valérie Carpentier: le besoin de s'exprimer (ENTREVUE)

Pour son premier album, L’été des orages, paru à la fin 2013, au sortir de son triomphe de La voix, Valérie Carpentier était entourée d’un bataillon de plumes renommées qui ont contribué à mettre en mots son imaginaire : Ariane Moffatt (qui l’avait coachée au concours de TVA, lequel en était à sa première édition), Daniel Bélanger, Yann Perreau, Alex Nevksy et Marie-Pierre Arthur, entre autres, en étaient.

Pour son deuxième opus, Pour Rosie, dévoilé l’automne dernier, à quelques jours de son 23 anniversaire, la chanteuse a emprunté une tout autre direction en signant et composant elle-même 11 des 13 morceaux qui y reposent.

Et c’est ce matériel encore frais qu’elle défendra sur la scène Ford des FrancoFolies de Montréal (angle Sainte-Catherine et Jeanne-Mance), ce vendredi.

Évolution due à une confiance en soi qui aurait pris de l’ampleur avec les années? Non, plutôt une question d’avoir des choses à dire, nuance la principale intéressée.

«À un moment donné, c’est plus fort que soi : il faut être devant son piano et écrire, explique Valérie Carpentier en s’esclaffant. J’étais rendue là, et je n’étais pas là il y a trois ans. À force de vivre des affaires un peu tristes, ça devenait un besoin pour moi d’écrire et de raconter mes histoires.»

«Parce que je ne peux pas être toute seule à me sentir comme ça. Je sais qu’il y a d’autres gens qui se sentent seuls, abandonnés, et je veux que cet album rassemble, en quelque part. Que tu écoutes ça et que tu saches que tu n’es pas tout seul à être triste (rires). Alors, ça fait du bien, au final.»

Sombre, mais romantique

Pas besoin de lire entre les lignes, Valérie l’admet franchement : de l’atmosphère générale de Pour Rosie se dégage une certaine noirceur. On sent, à la lecture des textes de Magazine, Les fleurs sauvages, L’oiseau, Chéri?, Polaroid, Go On, Adieu, Le large,L.A, Paris, Berlin, et même de la description de la poupée superficielle que semble être la Rosie du titre du disque, que la vie de la jeune auteure-compositrice-interprète n’a pas nécessairement été jojo dans les dernières années, et ce, malgré son relativement nouveau statut de vedette populaire dû à La voix.

Vrai, acquiesce l’artiste, mais ses montagnes russes intérieures n’ont pas complètement ombragé le produit fini de Pour Rosie, qu’elle estime être somme toute léger et romantique quand même.

«Je pense que c’est un album qui fait du bien, et qui m’a fait du bien à écrire, parce que, oui, ce sont des émotions souvent négatives. Je parle de solitude, d’abandon, d’échec amoureux, mais j’essaie de le faire de la façon la plus vraie possible, et authentique. Et dans le choix des mots, je pense que ce n’est pas lourd. C’était vraiment important pour moi. L’aspect romantique et léger est bien présent. Moi, j’extériorise tout le méchant, mais je veux que les gens reçoivent du beau. Je voulais donner de l’amour, de la douceur, tout en me débarrassant de mes démons, si on veut.»

Depuis son couronnement à La voix, le quotidien de Valérie Carpentier a été fait de voyages et d’amitiés, de «plein d’histoires personnelles et secrètes», ricane-t-elle comme une gamine, «dont je parle un peu dans mes tunes», précise-t-elle. Du métier de la chanson, elle dit avoir à peu près tout appris en accéléré.

«Je partais de rien, reconnaît-elle avec un grand sourire. Je partais de loin! Je continue d’apprendre chaque jour. Et il n’y a pas de formule. C’est ça qui est fou! Chacun fait son propre chemin, et la seule chose qui importe, c’est de savoir pourquoi on le fait. Après, ça va tout seul.»

«Moi, on dirait que j’ai changé le «pourquoi» je le fais, continue de réfléchir Valérie à voix haute. Avant, je le faisais par besoin de validation, au niveau de mon existence. Pour me sentir appréciée, parce que je vivais vraiment dans le regard des autres. Maintenant, non. Je sais que, sur scène, je suis là pour toucher le cœur des gens et leur transmettre de belles choses. C’est à ça que je veux servir. Ce n’est plus à propos de moi, c’est pour les gens qui vont écouter la musique, pour leur donner quelque chose de beau. Le monde va tellement mal! Je veux donner un peu d’amour, comme je peux, dans mes chansons.»

Écrire, écrire, écrire

Quatre ans après son aventure télévisuelle, deux albums à son nom, cinq moutures bien sonnées de La voix, et même une saison de La voix junior plus tard, Valérie Carpentier n’a jamais senti le besoin d’effectuer une coupure avec le concept qui l’a faite connaître, de s’en détacher. Elle demeure extrêmement enthousiaste quand elle en parle.

«Ça reste une expérience qui a changé ma vie. Moi, je ne suis pas amère. C’a fait en sorte que les gens m’ont connue, m’ont entendue, et ils sont encore là, ils me suivent…»

La fameuse pression qui accompagne souvent l’exercice du deuxième album? Valérie Carpentier l’a transpirée de tous les pores de son être au moment de fignoler Pour Rosie. Au point d’en pleurer toute la journée au moment du lancement.

«Mets-en que c’est une grosse étape, bon Dieu! Mais finalement, crime, c’est juste des tunes, et je les chante. Mais c’est quelque chose, de les présenter au public pour la première fois…»

À court et moyen terme, Valérie Carpentier espère approfondir l’art de la création, surtout celui de l’écriture.

«Je continue d’écrire, écrire, écrire, spécifie-t-elle. Écrire pour les autres, ce serait cool aussi. Parce qu’il y a des milliers de chansons qui meurent tranquillement dans mes cahiers. La composition, l’écriture, ça commence à être de plus en plus intéressant…»

Valérie Carpentier aux FrancoFolies de Montréal, ce vendredi, 9 juin, à 20h, sur la scène Ford (angle Sainte-Catherine et Jeanne-Mance). Gratuit.

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