Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021.

FrancoFolies: sentir la «vibe» de Dubmatique

FrancosFolies

Vous sentez la vibe? C’est Dubmatique qui a rappé la Place des Festivals, samedi, en début de soirée, alors que les 29 FrancoFolies de Montréal en étaient à leurs dernières heures.

Il avait fait beau toute la journée. Le public, surtout celui de la génération Y, celle qui a conféré le statut de groupe culte à la formation hip-hop à la fin des années 90, avait répondu à l’appel en très grand nombre, remplissant allègrement l’espace sur Jeanne-Mance, entre De Maisonneuve et Sainte-Catherine. Plusieurs adolescents d’hier sont devenus parents et avaient emmené leur progéniture pour faire trempette dans les vieux tubes radio qui datent déjà d’une vingtaine d’années et qui ont pavé la voie à une longue lignée d’artistes hip hop québécois, qui continue de fleurir encore aujourd’hui.

Toute la programmation extérieure des FrancoFolies, samedi soir, était d’ailleurs dédiée à ce courant musical, avec des prestations prévues de Taktika, 83, Souldia, La Carabine, Rymz, Alaclair Ensemble et Beeyoudee & Mozaka sur les différentes plateformes du site du Quartier des Spectacles. Koriass devait d’ailleurs se produire à 21h sur la scène Bell, mais il a annoncé son désistement pour des raisons familiales quelques jours avant le début des Francos.

Pour Dubmatique, l’ambiance n’était peut-être pas électrique, mais festive, ça, oui. Il faut dire que Disoul (Jérôme-Philippe Bélinga), casquette des Expos enfoncée sur le crâne – tant qu’à faire dans la nostalgie! – et OTMC (Ousmane Traoré), qui ont encore l’attitude nonchalante des stars hip hop au sommet, même s’ils arborent deux décennies de plus qu’à leur heure de gloire, ont pris un peu de temps à balancer La force de comprendre, Plus rien n’est pareil et autres Soul Pleureur qu’on attendait ardemment.

S’ils étaient trois, flanqués de leur camarade DJ Choice (Alain Benabdallah), dans la période où ils caracolaient aux palmarès, on se souviendra que ce dernier avait quitté le navire avant la parution d’Influences (2001), troisième disque du groupe, lancé après La force de comprendre (1997) et Dubmatique (1999), lesquels ont été de puissants catalyseurs pour la carrière de Dubmatique.

L’époque post-Influences a marqué l’émergence de projets solos et la réorientation vers d’autres activités professionnelles pour Disoul et OTMC, tel que l’expliquaient les chanteurs au Journal de Montréal, en avril.

Aujourd’hui, c’est en duo qu’ils renouent avec leur public, et ils ne font pas les choses à moitié, probablement motivés par cette tendance aux souvenirs si payante au rayon culture. Ils seront en effet de passage à l’International de montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu, en août et, avant, à la Fête du Lac des Nations, en Estrie, en juillet. On peut suivre leur itinéraire sur la page Facebook de Dubmatique.

Les Francos, 21 ans plus tard

Sur la scène Bell, hier, les deux piliers de Dubmatique ont d’abord mis la table avec quelques pièces de leur album Trait d’union, passé presque inaperçu en 2009, lorsque sorti après huit ans sans proposition de matériel original.

On a groové sur La vibe, Ladies Night et Cold World. Accompagnés d’amis de la communauté hip hop d’ici, les gars ont aussi entrecoupé leurs retrouvailles de portions de dj set qui ont paru un peu longues, tant les «milléniaux» sur place frétillaient à l’idée d’entendre «leurs» classiques.

On avait l’impression d’avoir affaire à des stars internationales quand Disoul et OTMC se confondaient en éloges et en remerciements envers le parterre. Aux premières rangées, particulièrement, les spectateurs suivaient le mouvement, levant les bras en saccades aux rythmes parlés-chantés. Derrière, l’attention était chancelante, mais le rendez-vous n’a pas manqué d’ambiance pour autant.

«Salut Montréal, vous êtes vraiment le meilleur public qu’on puisse avoir!». «Montréal, vous êtes tellement beaux à voir!». «Même après 20 ans, Montréal, vous êtes toujours là! Faites du bruit pour vous!»

«Si on revenait en 1997, ça vous dirait?»

Sitôt prononcée, cette phrase a donné lieu à une bruyante frénésie. Enfin, on allait se délecter des Un été à Montréal, Mère Afrique, La force de comprendre, La vie est si fragile, Plus rien n’est pareil, Soul Pleureur et Ragga Dub d’antan, dans des livraisons en tous points semblables aux originales, sans trop de fioritures. La Place des Festivals ne s’est pas muée en immense chorale comme on aurait pu l’anticiper, mais l’assistance avait quand même le cœur en fête.

Élégantes, les vedettes du moment n’ont pas raté l’occasion de souligner que les FrancoFolies avaient été le premier festival à leur offrir une tribune, il y a 21 ans.

Les 29 FrancoFolies de Montréal se terminent dimanche.

INOLTRE SU HUFFPOST

Sébastien Lacombe aux FrancoFolies

Suggest a correction
Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Canada, qui ont fermé en 2021. Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez consulter notre FAQ ou contacter support@huffpost.com.