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Gérald Tremblay à la barre des témoins au procès Faubourg Contrecoeur

L'ex-maire de Montréal Gérald Tremblay n'a pas fait de grandes révélations lundi matin lors de son témoignage au procès pour fraude, abus de confiance et complot qui vise notamment son ancien bras droit, l'ex-président du comité exécutif de la Ville, Frank Zampino.

M. Tremblay témoignait dans le dossier du Faubourg Contrecoeur, un terrain qui a été vendu pour 19 millions de dollars à Construction Frank Catania par la Société d’habitation de Montréal (SHDM) en 2007. La facture de l’entreprise a été amputée de 14,6 millions en raison notamment de frais de décontamination du terrain.

La Couronne cherche à démontrer que l'entreprise a reçu des informations privilégiées pour décrocher ce contrat avant même que l’appel d’offres public ne soit lancé.

Construction Frank Catania, son principal dirigeant, Paolo Catania, et quatre employés de la firme au moment des faits allégués – Martin D’Aoust, André Fortin, Pascal Patrice et Pasquale Fedele – sont aussi au nombre des accusés dans cette affaire.

Appelé à la barre par la Couronne, M. Tremblay a essentiellement expliqué au juge Yvan Poulin de la Cour du Québec que M. Zampino était le grand responsable des dossiers de développement immobilier sous son administration, et qu'il devait à ce titre assurer la coordination entre les différents acteurs impliqués.

L'ex-maire de la métropole n'a pas dit grand-chose sur Paolo Catania. Il a assuré n'avoir jamais discuté de quelque projet que ce soit avec l'homme d'affaires, y compris lors d'activités de financement de son défunt parti, Union Montréal.

Gérald Tremblay a brièvement parlé de l'un des collecteurs de fonds de son parti, Bernard Trépanier, également jugé dans un procès séparé pour cette affaire. Il dit avoir appris au fil du temps qu'il entretenait des liens avec M. Zampino, ce qu'il considérait comme inacceptable.

En ce qui concerne le projet immobilier du Faubourg Contrecoeur, l'ex-maire de Montréal a indiqué avoir trouvé inacceptable que deux bénévoles d'Union Montréal aient siégé au comité de sélection qui s'est penché sur la vente du terrain. Cette situation était inacceptable en raison de l'apparence de conflit d'intérêts que cela projetait, a-t-il dit.

M. Tremblay est présentement contre-interrogé par les avocats de la défense.

Le procès dans le dossier du Faubourg Contrecoeur s’est officiellement ouvert en février 2016, mais il est embourbé en raison de multiples requêtes déposées par les accusés.

Ces derniers ont notamment tenté de faire arrêter les procédures en invoquant l’arrêt Jordan de la Cour suprême, qui porte sur des délais déraisonnables, mais en vain. Cette requête a été rejetée en décembre.

L’utilisation de certaines écoutes électroniques et la protection de l'identité d'informateurs et de preuves de la commission Charbonneau ont aussi fait l'objet de requêtes.

Témoignant devant la commission Charbonneau en avril 2013, quelques mois après avoir démissionné, l’ex-maire Tremblay avait nié avoir quoi que ce soit à se reprocher dans les scandales qui ont touché son administration municipale. Il a essentiellement fait valoir qu’il avait été trahi par des collaborateurs en qui il avait confiance, mais a nié avoir fait preuve d’aveuglement volontaire.

Cette perception lui a néanmoins collé à la peau, au point où le président de l’Assemblée nationale a décidé d’inscrire le terme « syndrome Gérald Tremblay » dans la liste des propos considérés non parlementaires.

Trois autres accusés

Trois autres personnes ont été accusées dans cette affaire, qui a constitué l’une des premières enquêtes d’envergure menée par l’Unité permanente anticorruption:

  • Bernard Trépanier, l’ex-collecteur de fonds d’Union Montréal, défunt parti du maire Tremblay, subit un procès séparé dans cette affaire, en raison de problèmes de santé;
  • Daniel Gauthier, l’ex-président de la firme d’urbanisme Groupe Gauthier Biancamano Bolduc (GGBB), qui a obtenu des mandats dans ce dossier, a plaidé coupable à des accusations de fraude et de complot pour fraude. Il a été condamné à 18 mois de prison à purger dans la collectivité;
  • Martial Fillion, l'ex-directeur général de la Société d'habitation de Montréal (SHDM), est mort en 2014.

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