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Élections fédérales 2015: indigestion de publicités de campagne? Prenez votre mal en patience!

Alors que la campagne électorale franchissait cette semaine la moitié de son parcours et que les Canadiens retrouvent leur quotidien après l'insouciance estivale, les partis politiques, eux, préparent leur arsenal pour assaillir l'électeur de publicités.

En vertu des modifications apportées l'an dernier par le gouvernement conservateur aux règles électorales, les limites des dépenses augmentent au même rythme que la durée de la campagne. Un parti qui présente des candidats dans les 338 circonscriptions du pays pourra donc dépenser en tout cette fois-ci près de 54,5 millions $ dans sa campagne à l'échelle nationale — en plus des dépenses «locales» de chacun des candidats, qui sont comptabilisées à part.

Selon les données compilées par Élections Canada, les trois principaux partis nationaux ont consacré en 2011 entre 39 et 50 pour cent de leur budget de campagne aux publicités à la télévision et à la radio. Si cette tendance se maintient, les conservateurs, les néo-démocrates et les libéraux devraient dépenser cette année entre 20 et 30 millions $ chacun dans cette guerre des ondes — sans compter les publicités «locales» de leurs candidats respectifs. Des sommes records.

Les partis politiques ne divulguent jamais leur stratégie d'achat de publicités dans les médias, mais on constate que la nette distinction qui existait entre médias sociaux et médias électroniques «traditionnels» (radio et télé) s'estompe de plus en plus.

Par ailleurs, ces dépenses ne seront pas égrenées également tout au long de la campagne: les partis aiment bien donner un grand coup la première semaine, afin d'imposer leur propre «enjeu-clé du scrutin», puis revenir à la charge autour des grands débats télévisés, et finalement donner le coup de grâce pendant les 10 derniers jours, alors que les électeurs doivent bien se faire une idée.

Mais la très longue campagne de cette année et la lutte serrée que se mènent les trois grands partis nationaux dans les sondages changent considérablement la donne. Disons-le simplement: nous n'avons encore rien vu. En attendant, voici un résumé de ce qui s'est fait depuis le début de la campagne, il y a cinq semaines:

Conservateurs:

Depuis mai, déjà — avant même le déclenchement de la campagne —, le très riche Parti conservateur inonde les médias électroniques de ses publicités négatives sur Justin Trudeau. Dans sa série «Entrevue d'embauche», on a martelé que le chef libéral «n'est pas prêt» à gouverner. Un des cinq épisodes s'en prenait aussi au chef néo-démocrate, Thomas Mulcair.

Stephen Harper était relativement absent de ces campagnes jusqu'ici, mais une nouvelle publicité en anglais vante les mérites du premier ministre sortant, qui «n'est pas parfait, mais sur qui on peut compter en matière économique».

Nouveau Parti démocratique:

En légère avance dans les sondages nationaux depuis le début officiel de la campagne, le NPD a sans doute préféré surfer sur cette vague et n'a pratiquement pas produit de publicités — jusqu'à cette semaine. Ses publicités misent sur le changement: elles s'en prennent d'une part au bilan de Stephen Harper, et plaident ensuite que M. Mulcair est prêt à gouverner — contrairement à M. Trudeau, laisse-t-on entendre.

Une autre campagne, moins visible mais qui a fait un certain bruit, épingle les gens nommés par le chef conservateur et qui ont aujourd'hui maille à partir avec la justice.

Libéraux:

Justin Trudeau est la cible des publicités négatives des conservateurs depuis son accession à la tête du parti, en avril 2013. Ce tir de barrage ne pouvait donc que s'accentuer après le début officiel de la campagne, et les libéraux y ont répliqué en montrant ironiquement un Justin Trudeau qui «n'est pas prêt»... à faire aussi mal que les conservateurs.

Dans une campagne plus récente, M. Trudeau tente de monter un escalier roulant qui descend — «comme des millions de Canadiens pendant les 10 ans de régime conservateur».

Parti vert:

On ignore si les verts consacreront une partie de leur budget plutôt serré dans des campagnes publicitaires nationales. Le parti a quand même réalisé un bon coup sur Internet avec une vidéo où la candidate vedette Claire Martin, qui était jusqu'à tout récemment la météorologue attitrée au grand téléjournal de fin de soirée de la CBC, présente ses «prévisions politiques» pour le pays.

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