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Qui est l'itinérant qu'un policier montréalais avait menacé d'attacher à un poteau?

Adis Simidjiza

L'itinérant qu'un policier avait menacé d'attacher à un « poteau » l'année dernière avait un logement deux jours avant l'incident. C'est à sa demande que le Curateur public, qui s'occupait de sa tutelle, avait mis fin au bail. Aujourd'hui, il est suivi et il n'est plus dans la rue.

Un texte de Bahador Zabihiyan

Les images de l'itinérant avaient fait le tour des réseaux sociaux. Le policier Pierre-Luc Gauthier, que l'on voyait interagir dans cette vidéo de 47 secondes filmée par un passant, passe cette semaine devant le Comité de déontologie policière.

L'audience de lundi a permis d'en savoir plus sur l'itinérant, qui est placé sous tutelle à cause de ses problèmes sociaux depuis 2005.

Ce dernier, identifié seulement pas ses initiales F.P par le tribunal, a été envoyé à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont quelques heures après l'incident du 2 janvier 2014.

Il a par la suite été transféré à l'hôpital Jean-Talon, où il se trouve encore en attendant un logement, a indiqué Mathieu Lapointe, le curateur délégué, qui a témoigné devant le comité.

« Il est en soins de longue durée. Il y a diverses évaluations qui ont été effectuées dans les semaines qui ont suivi son entrée à l'hôpital » — Mathieu Lapointe, curateur délégué

En fait, F.P n'était pas sans-abri trois jours avant sa rencontre avec le policier. Il pouvait se payer un logement, dont le paiement du loyer était géré par le Curateur public.

M. Lapointe a expliqué qu'à la demande de F.P., qui ne voulait plus vivre dans son logement, le Curateur public avait signifié au propriétaire du logement que le loyer ne serait plus payé.

Ceci mettait fin au bail de F.P. le 31 décembre 2013. Il refusait « catégoriquement de loger dans le logement payé par le Curateur [...] pour des raisons qui lui appartiennent » a indiqué M. Lapointe.

« Et après le 31, il était supposé aller où, lui? », a demandé perplexe l'avocat du policier, Pierre Dupras, au curateur délégué. « C'est une bonne question », dit M. Lapointe

« C'est étonnant à première vue », s'est étonné M. Dupras.

« Je suis le représentant légal, on veille au respect de ses droits. Ça peut aller dans l'intérêt de la personne. Et des fois, vous comme moi, on peut prendre des décisions qui vont à l'encontre de ce que d'autres personnes pourraient considérer comme notre intérêt », a répondu M. Lapointe.

« On ne peut le contraindre à demeurer dans un endroit » — Mathieu Lapointe, curateur délégué

M. Lapointe, qui s'occupe du cas de F.P. depuis 2012, ne l'avait jamais rencontré en personne avant que le Curateur décide de faire résilier son bail.

F.P. avait eu des discussions téléphoniques avec M. Lapointe, dans lesquelles il lui avait indiqué qu'il ne voulait plus vivre dans ce logement. M. Lapointe a indiqué que F.P. avait eu « des gestes d'agressivité » par le passé, ce qui expliquait qu'il ne l'avait jamais rencontré en personne.

Il venait de sortir d'un court séjour en prison trois semaines avant sa rencontre avec l'agent Gauthier.

Après l'épisode du 2 janvier 2014, le jeune homme a rencontré en personne le responsable du Curateur public.

F.P. est sous tutelle, et non sous curatelle. Une personne est mise sous tutelle lorsqu'elle est atteinte d'une « inaptitude partielle ou temporelle ». Le curateur tente alors de respecter « au maximum l'autonomie de la personne », indique Pierre-Luc Lévesque, le relationniste de l'organisme.

Les audiences se poursuivent jusqu'au 8 mai.

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