Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021.

La famille de Joyce Echaquan se tourne vers les tribunaux

Ses proches souhaitent voir les «gestes discriminatoires et répétés» à l'endroit des Autochtones cesser.
Un des fils de Joyce Echaquan, Dayvon, enlace son père Carol Dubé alors qu'il s'adresse aux médias à propos du décès de sa femme.
Un des fils de Joyce Echaquan, Dayvon, enlace son père Carol Dubé alors qu'il s'adresse aux médias à propos du décès de sa femme.

La famille de Joyce Echaquan, la mère de famille décédée lundi à l’hôpital de Joliette après y avoir subi du racisme, entame des poursuites judiciaires dans cette affaire. L’avocat de Québec Jean-François Bertrand représente les membres de la famille, dont son mari Carol Dubé et leurs sept enfants.

Le détail des procédures judiciaires a été dévoilé en conférence de presse au Centre d’amitié autochtone de Lanaudière. Le cabinet de Jean-François Bertrand se spécialise notamment en droit autochtone, en plus de mener de front plusieurs actions collectives.

Les proches de Joyce Echaquan comptent intenter une poursuite contre l’Hôpital de Joliette et déposer des plaintes auprès de la police ainsi que de la commission des droits de la personne. Ils espèrent que des accusations criminelles s’ensuivront.

«Le racisme systémique a contaminé l’Hôpital de Joliette et a tué ma conjointe», a déclaré Carol Dubé, la voix étranglée par l’émotion.

«Je suis ici aujourd’hui pour réclamer justice, a-t-il ajouté. Nos sept enfants, ce sont eux les grands perdants là-dedans.»

Me Bertrand rapporte que la famille compte bien saisir tous les recours que permet la loi pour obtenir justice.

Elle se tournera vers l’ordre professionnel des infirmières pour empêcher celle que l’on entend dans la vidéo de continuer à exercer ce métier.

Des proches réclament également la tenue d’une enquête publique sur le traitement des Atikamekw à l’Hôpital de Joliette.

Le chef de la communauté atikamekw de Manawan, Paul-Émile Ottawa, demande la tenue d’une rencontre de nation à nation avec le premier ministre.

Me Bertrand a appelé François Legault à cesser les «fausses promesses» et à passer immédiatement à l’action.

Peu avant son décès, Joyce Echaquan a enregistré une vidéo où l'on entend au moins deux membres du personnel hospitalier tenir des propos racistes et cruels à l'endroit de leur patiente.
Peu avant son décès, Joyce Echaquan a enregistré une vidéo où l'on entend au moins deux membres du personnel hospitalier tenir des propos racistes et cruels à l'endroit de leur patiente.

Des membres de la famille Echaquan alléguaient cette semaine en entrevue avec le HuffPost Québec que la femme de 37 ans pourrait avoir été surmédicamentée dans les heures qui ont précédé sa mort. Elle souffrait d’insuffisance cardiaque et avait un stimulateur cardiaque (pacemaker) depuis 2014, selon sa cousine Karine Echaquan.

«En raison des circonstances entourant le décès de Madame Echaquan combinées au traitement raciste et dégradant qu’elle a injustement et tristement subi, la famille de cette dernière souhaite obtenir une réparation juste et appropriée», a déclaré son avocat par voie de communiqué jeudi.

La famille dit également souhaiter «s’assurer que de tels gestes discriminatoires et répétés, d’une violence inconcevable à l’égard des Autochtones, cessent enfin».

Une enquête du coroner et une enquête interne du CISSS de Lanaudière sont toujours en cours. À ce jour, une infirmière et une préposée aux bénéficiaires ont été mises à pied en lien avec cette affaire.

Derniers hommages

La dépouille de Joyce Echaquan sera exposée à la chapelle du salon funéraire F. Thériault, à St-Félix-de-Valois, samedi et dimanche, de 10h à 16h.

En raison de la pandémie de COVID-19, un maximum de 25 personnes pourront être admises à la fois dans la chapelle, précise le salon. Le port du masque sera également obligatoire pour tous ceux qui souhaitent lui rendre un dernier hommage. La date des funérailles doit être annoncée sous peu.

Une manifestation contre le racisme systémique intitulée «Justice pour Joyce» doit également avoir lieu ce samedi à Montréal. Le rassemblement est organisé par le Foyer des femmes autochtones de Montréal.

Plus de 200 000 $ ont par ailleurs été récoltés par l’entremise d’une campagne de sociofinancement sur la plateforme GoFundMe en soutien à la famille.

Avec La Presse canadienne

À VOIR: Sylvie D’Amours n’est plus apte à être ministre des Autochtones, selon l’opposition

Suggest a correction
Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Canada, qui ont fermé en 2021. Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez consulter notre FAQ ou contacter support@huffpost.com.