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Après une longue absence, la boxe est revenue à Québec pour de bon

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Le riche passé sportif du Colisée de Québec rime surtout avec hockey. Et les noms qui y résonnent encore aujourd'hui sont ceux de Béliveau, Lafleur, Bergeron, Goulet, Stastny, Sakic et Forsberg. Mais la boxe professionnelle aura aussi fait les beaux jours de la vénérable enceinte sportive de la Vieille Capitale, surtout dans les dernières années.

Un peu comme lorsque les Alouettes de Montréal ont dû se tourner vers le Stade Percival-Molson en novembre 1997 à cause d'un manque de disponibilité du Stade olympique, Jean Bédard, du Groupe Interbox, a dû trouver une alternative pour présenter le combat revanche entre Lucian Bute et Librado Andrade pour le titre IBF des super-moyens. Le Centre Bell étant occupé le 28 novembre 2009, date qui avait été ciblée.

Bédard a orienté sa boussole vers l'autre extrémité de l'autoroute 40 et le deuxième affrontement Bute-Andrade, présenté devant 16 400 spectateurs au Colisée, s'est avéré une grande réussite. Du coup, on venait de découvrir un second marché de boxe viable dans la province, et de lancer une mode que les amateurs du "noble art" de la Vieille Capitale n'avaient jamais vécue: celle des combats de championnats du monde.

Treize mois après la victoire de Bute, ce fut au tour du Groupe Yvon Michel de faire la cour aux citoyens de Québec. Il leur a proposé la première confrontation entre Jean Pascal et Bernard Hopkins, le 18 décembre 2010, pour la ceinture des mi-lourds du WBC, que détenait alors le Québécois.

"Nous nous sommes retrouvés dans une position semblable à celle de Jean (Bédard), dans le sens que le Centre Bell n'était pas disponible, a raconté Yvon Michel, 24 heures avant le combat d'Adonis Stevenson. On a battu tous les records; lors de la première heure de la mise en vente des billets, nous en avions vendus 10 000! Après une semaine, nous étions assurés d'évoluer à guichets fermés.

"À partir de ce moment-là, renchérit le grand manitou de GYM, le marché (de Québec) a prouvé qu'il était capable de soutenir des événements comme celui-là. Et en l'espace de cinq ans, il y aura eu six combats de championnat du monde à Québec; avant ça, il n'y en avait jamais eu."

Si les morceaux du casse-tête tombent tous à la bonne place, il y en aura un septième dans moins de six mois, dans le nouveau Colisée. Michel rêve de présenter un duel d'unification des ceintures des mi-lourds entre Stevenson et Sergey Kovalev, et il devrait être fixé au cours des prochaines semaines.

"Si on parvient à l'organiser au nouveau Colisée, je suis sûr que ce sera présenté à guichets fermés", prédit Michel.

Une période creuse

Passionné de boxe et curieux de nature, Bernard Barré, l'adjoint de Michel chez GYM, s'est lancé dans un travail de longue haleine pour situer aussi précisément que possible l'histoire de la boxe dans le Colisée. Cette histoire s'étend sur trois époques distinctes, à commencer par un affrontement entre Panama Al Brown et Art Chapdelaine, le 18 novembre 1931, devant 3000 spectateurs dans l'ancien Colisée.

Après l'incendie de 1949 et la construction du nouvel amphithéâtre, la boxe a fait un retour en 1951 et a accueilli quatre combats pendant la décennie, et seulement trois durant les années 60. Mais au début des années 70, la boxe a connu ses véritables premières heures de gloire à Québec, grâce au poids moyen Fernand Marcotte, un "homme de la patrie" et une fierté locale, encore aujourd'hui.

Marcotte a fait vibrer ses compatriotes lors d'affrontements mémorables contre Reynald Cantin, Joey Durelle et Clyde Gray, entre 1971 et 1973, avant d'être appelé à se battre à Montréal contre des rivaux tels Gérald Bouchard, Jean-Claude Leclair et Eddie Melo. Puis, à toutes fins pratiques, la boxe a disparu de Québec durant les années 80 et 90.

Mais aujourd'hui, selon Barré, c'est le grand amour entre la ville de Québec et le monde de la boxe.

"Je suis tellement emballé quand je viens ici. Lorsque je sors et que les gens me voient, ils font tout de suite le lien et savent qu'il y a de la boxe. À Montréal, c'est un peu plus impersonnel et lorsque les gens me croisent, ils ne m'abordent pas. Ici, ils me parlent continuellement. On a vraiment une belle histoire d'amour avec Québec. C'est très chaleureux, très familial. Et on est comme de la grande visite pour eux. Ils sont contents de nous voir. Québec fait partie de nos plans, on ne les mettra pas de côté, loin de là. On aime trop ça venir ici."

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