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Conférence de Paris : le Bloc québécois s'attend à être invité, selon le chef Rhéal Fortin

OTTAWA – Si le premier ministre Justin Trudeau veut faire preuve d’ouverture vis-à-vis le Québec, il devra inviter tous les chefs de l’opposition – le Bloc québécois y compris – à la Conférence de Paris sur les changements climatiques.

« S’il invite les chefs de l’opposition, je m’attends à être invité. Ça va de soi. On a quand même 10 députés », a plaidé le chef intérimaire et député de Rivière-du-Nord, Rhéal Fortin, en entrevue avec le Huffington Post Québec la semaine dernière.

Trudeau a déjà demandé à la chef du Parti vert Elizabeth May de l’accompagner et devrait lancer l’invitation au chef du NPD Thomas Mulcair ainsi qu’à la chef par intérim du Parti conservateur, Rona Ambrose.

Les premiers ministres de toutes les provinces qui ne seront pas en élection à ce moment-là devraient eux aussi faire partie de la délégation canadienne qui s’envolera pour la capitale française dès le 30 novembre.

Une rencontre interprovinciale aura lieu le 23 novembre afin de travailler sur une stratégie de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

« Si j’ai bien compris, s’il invite tout le monde, je ne vois pas pourquoi il ne nous inviterait pas », soutient le chef bloquiste Rhéal Fortin, avant de préciser qu’il est « encore un peu tôt » pour revendiquer sa place.

À noter que l'entretien du HuffPost avec Rhéal Fortin a eu lieu avant les attentats de Paris. Pour le moment, tout indique que la Conférence sur les changements climatiques aura bel et bien lieu avec des mesures de sécurité renforcées.

Le chef par intérim et le porte-parole du parti en matière d’affaires étrangères, Luc Thériault, ont d'ailleurs tenu à « exprimer le soutien indéfectible du Québec à la France suite aux attentats qui ont eu lieu à Paris ».

« Nous sommes tous bouleversés par ce qui s’est produit à Paris, par le deuil de toutes ces familles transformées à jamais et par le deuil de la France tout entière », a déclaré Rhéal Fortin, lors de la marche de solidarité avec la France à Montréal, dimanche.

Donner la chance au coureur

Rhéal Fortin, qui a succédé à Gilles Duceppe après sa démission, promet de travailler avec le gouvernement Trudeau si ses gestes reflètent les valeurs prônées par le Bloc québécois.

« La parité hommes-femmes au conseil des ministres, ça fait partie de nos valeurs. Je ne vais certainement pas le critiquer pour ça. Évidemment, il y a des nuances à faire au niveau de la parité, mais on pense que c’est une bonne chose, que c’est un pas dans la bonne direction », estime l’avocat de formation.

Mais l’influence du Bloc est limitée, puisqu’il attend l’aval du gouvernement afin d’avoir accès à de meilleurs budgets et plus de temps de parole à la Chambre des communes.

Il faut un minimum de 12 députés pour obtenir le statut de parti officiel à Ottawa. Le Bloc québécois, avec ses 10 députés, ne peut qu’espérer, pour l’instant, que le premier ministre fera preuve d’ouverture envers un parti indépendantiste.

Rhéal Fortin ne baisse toutefois pas sa garde et dit qu’il veillera à ce que le gouvernement Trudeau respecte ses promesses, concernant les crédits d’impôt pour les fonds des travailleurs entre autres.

« Dans tous les dossiers, vous ne nous verrez pas critiquer quand il n'y a pas lieu de critiquer. Mais s’il y a lieu de le faire, on le fera », dit le chef par intérim.

Des gains « fragiles » pour le PLC

Si le Bloc québécois a fait élire six députés de plus qu’en 2011, le pourcentage des voix récoltées est sous la barre des 20% - le pire score jamais enregistré pour la formation souverainiste.

Qui plus est, Louis Plamondon est le seul député qui a de l’expérience parlementaire à Ottawa. Les autres candidats bloquistes qui tentaient un retour au fédéral ont été défaits.

Rhéal Fortin refuse de voir là un signe de rejet. « C’est un 20% d’électeurs qui ont acheté le programme du Bloc. C’est une base solide qui, contre vents et marées, appuie le programme du Bloc québécois. »

Le grand pourcentage d’indécis dans l’élection fédérale lui fait dire que les gains des libéraux au Québec sont « fragiles », tout comme l’a été la vague orange en 2011.

Cette fois-ci, les électeurs étaient déterminés à se « débarrasser » du gouvernement Harper, surtout au Québec, dit-il. C’est pourquoi certains indépendantistes auraient choisi d’appuyer le Parti libéral du Canada ou le NPD.

« Le Bloc québécois n’est pas mort, au contraire, répète Rhéal Fortin. Il a des assises solides et on va renforcer ces assises-là au cours des prochaines années. »

La prochaine élection provinciale en 2018 pourrait aussi changer les choses, selon le député fédéral de Rivière-du-Nord.

Il entrevoit déjà de « belles années » en collaboration avec le Parti québécois et son chef Pierre Karl Péladeau qui partage sa circonscription au provincial.

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