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Le ministre Proulx prend la défense de son sous-ministre

Le ministre québécois de la Famille Sébastien Proulx nie que les règles budgétaires présentées cette semaine aux associations représentant les centres de la petite enfance (CPE) et les garderies subventionnées par son sous-ministre adjoint ne respectent pas les termes de l'entente convenue avec elles en février dernier.

Deux de ces associations, le Rassemblement des garderies privées du Québec (RGPQ) et l'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE), déplorent publiquement que les règles présentées par le sous-ministre Jacques Robert ne correspondent pas à ce qui a été négocié.

Le RGPQ demande la tête de M. Robert, tandis que l'AQCPE critique sévèrement son manque de collaboration et de souplesse.

En entrevue à Radio-Canada jeudi matin, le ministre Proulx a pris la défense de son sous-ministre. Selon lui, les règles budgétaires relatives à l'allocation de transition ponctuelle de 60 millions de dollars versée aux garderies subventionnées et aux CPE pour les aider à faire face des compressions de 120 millions respectent l'entente négociée.

«Les règles budgétaires présentées hier aux différentes associations sont en tout point conformes avec les ententes qui ont été convenues en février. [...] Ce qui est sur la table est le reflet direct de ce qui a été convenu. Mieux encore, dans certains cas, il y a des bonifications.»

- Sébastien Proulx

« C'est tout à fait normal qu'il y ait des préoccupations, mais on tente d'y répondre au quotidien », ajoute le ministre Proulx, en se disant toujours « ouvert au dialogue ».

« Il y a des suggestions qui ont été faites sur les façons de faire », affirme-t-il. « Il y a du travail qui se fait actuellement dont vous n'êtes pas au fait parce que ce n'est pas encore sur la place publique, du travail qui se fait avec différents groupes pour réfléchir à la pérennité de notre système de garde. »

Une semaine après que le gouvernement a démis la sous-ministre aux Transports de ses fonctions, dans la foulée d'un conflit avec l'ex-ministre Robert Poëti, Sébastien Proulx assure par ailleurs qu'il est bel et bien celui qui dirige son ministère.

« J'ai été très clair et je pense représenter mon gouvernement et l'autorité au sein de mon ministère, insiste-t-il : il y a de l'autonomie pour nos services de garde [...], mais il n'en demeure pas moins qu'on doit mettre de l'avant des règles qui vont protéger les services éducatifs [...] et qui vont encadrer l'ensemble des services. »

«C'est plusieurs milliards de dollars qu'on investit dans nos services de garde. C'est normal qu'il y ait, à la fin, une reddition de comptes. C'est l'argent du public d'abord et avant tout.»

- Sébastien Proulx

« C'est tout à fait contraire à ce qui est discuté au [niveau] politique »

Plus tôt en matinée, le président de l'AQCPE, Louis Sénécal, avait déploré l'attitude de Jacques Robert dans ce dossier. Il demandait au ministre Proulx de le rappeler à l'ordre, en arguant que les paramètres encadrant la gestion de l'allocation de transition ne respectent aucunement ce qui a été convenu avec le ministre.

« C'est à n'y rien comprendre, c'est devenu une directive rigide, où on fait appel à des consultants de l'extérieur, où l'argent, finalement, ne visera pas à pas bonifier les services aux enfants », a-t-il fait valoir. « C'est tout à fait contraire à ce qui est discuté au [niveau] politique. »

Dans des directives transmises par le ministère le 30 mars, il était spécifié que les CPE et les garderies devraient consacrer au moins 30 % de l'allocation de transition à des « dépenses visant à accroître l'efficience. »

Parmi celles-ci : des formations pour accroître l'efficience des gestionnaires, des honoraires ou des frais pour des consultations en gestion, l'achat d'un logiciel de gestion performant, accompagné de formations destinées à le maîtriser, ou l'achat de nouveaux équipements de cuisine.

Cette approche choque M. Sénécal. « À partir du moment où on s'entend sur un montant, des règles d'imputabilité et de reddition de comptes, mais qu'on se voit imposer de prendre 30 % et d'utiliser des consultants de l'extérieur, expliquez-moi comment ça peut servir aux enfants des règles aussi rigides? »

« On prend pour acquis que les quelque 2000 gestionnaires en service de garde sont incompétents et à partir de là, il faut les prendre en défaut. Il y a une culture de la représaille, du silence, qui n'a aucun sens. Et nous, on travaille là-dedans tous les jours », déplore le président de l'AQCPE.

« Nous ce qu'on dit au ministre, c'est qu'il faut absolument que la direction vienne de son cabinet, et que la direction sous Jacques Robert et Jacques Robert suivent ces directives-là », a lancé M. Sénécal.

«Ça fait 5 ans minimum qu'on vit dans ce régime. C'est le secret le moins bien gardé dans notre réseau. Quand les gestionnaires se rencontrent, ce dont ils parlent, c'est de l'irritant qui vient du bureau de Jacques Robert. Le reste du ministère, ça fonctionne bien.»

- Louis Sénécal

« Jacques Robert peut rester, nous on ne demande pas sa tête », a précisé le président de l'AQCPE. « Mais il faut que les changements s'opèrent rapidement. Parce que quand on parle de ça vous et moi, on ne parle pas du bien-être des enfants, mais de choses qui sont complètement à l'extérieur du mandat premier du ministère. »

Mercredi, la présidente du RGPQ, Julie Plamondon, a carrément demandé la démission du sous-ministre Robert. « C'est comme si le ministre avait donné des directions et que le sous-ministre adjoint les ignore. Il n'a aucune idée des conséquences de ces décisions et du démantèlement que la réforme du financement va occasionner pour notre réseau », a-t-elle plaidé.

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