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Tournage «Les rois mongols»: une enfance pauvre à Hochelaga-Maisonneuve

Ismaël Houdassine

Luc Picard a repris la caméra pour la réalisation de son quatrième long métrage, Les rois mongols. Tirée d’un roman à teneur biographique de Nicole Bélanger, l’œuvre raconte l’histoire d’une jeune fille et de son petit frère prêts à tout pour ne pas se retrouver séparés par les services sociaux.

On est à Montréal en 1970 en pleine crise d’Octobre. Dans une ruelle, quatre enfants discutent discrètement à l’abri des regards. En fait, la scène que tourne Luc Picard en présence du Huffington Post Québec dévoile les manigances d’une bande de gamins sur le point de kidnapper une vieille dame pour en faire leur otage.

«Le film s’attarde sur Manon, raconte Luc Picard en entrevue. À 12 ans, elle risque d’être bientôt placée en famille d’accueil. Son père étant très malade, elle refuse de vivre loin de son petit frère Mimi. Avec l’aide de leurs deux cousins, ils vont préparer un enlèvement afin d’empêcher les autorités de les séparer.»

C’est la première fois que Luc Picard travaille aussi étroitement avec des enfants. On y retrouve Milya Corbeil-Gauvreau, Anthony Bouchard, Alexis Guay et Henri Picard, le propre fils du cinéaste. Le réalisateur a d’ailleurs passé plusieurs semaines afin de trouver ses «comédiens idéals». Même son propre fils a dû passer par les rondes des auditions pour décrocher son rôle.

«Au départ, j’avais quelques réserves, avoue Picard. Je ne voulais pas qu’il manque l’école et qu’il voie sa vie changée. Mais comme il a été bon pendant les essais, je n’ai pas vraiment eu le choix de le prendre.»

Tenir ses promesses

Les rois mongols, c’est le récit de promesse avec pour décors les évènements sociaux et politiques des années 1970 au Québec. «La période est intéressante. Elle vient se télescoper aux aventures que traversent les gamins. L’armée est en ville et les droits et libertés des Québécois sont suspendus. Et puis, il y a cette petite fille qui avec le support de ses deux cousins va essayer coûte que coûte de tenir sa promesse qu’elle a faite à son petit frère. Malgré les difficultés, il y a de la tendresse et de la lumière», dit-il.

Luc Picard a été touché par le scénario que lui ont proposé les producteurs Luc Châtelain et Stéphanie Pages de la boîte Écho Média. «Il y a une honnêteté que l’on perd en vieillissant parce que l’on fait des compromis ou que l’on se ment à soi-même. J’admire la candeur des gens qui veulent toujours tenir leurs promesses d’enfance. Je trouve cela très beau, surtout vu à travers les regards des plus jeunes», conclut-il.

Doté d’un budget de 4 millions de dollars, Les rois mongols devrait prendre l’affiche à l’automne 2017.

Tournage «Les rois mongols»
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