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L'immigration au Québec: au-delà des mythes

L'immigration est-elle nuisible ou contribue-t-elle à l'économie du Québec? C'est une question déterminante à laquelle comme société nous nous devons de répondre.

L'immigration au Québec est un sujet de l'actualité quotidienne. Il est sur toutes les lèvres. Or, beaucoup de choses se disent, des opinions se partagent, des débats s'enflamment, mais qu'en est-il de la réalité? Bien que l'impact culturel de l'immigration consiste en un des deux enjeux principaux de cette discussion, il s'agit plutôt d'analyser ici la cause principale derrière 62.9% de l'immigration québécoise: la situation économique. L'immigration est-elle nuisible ou contribue-t-elle à l'économie du Québec? C'est une question déterminante à laquelle comme société nous nous devons de répondre.

La formation des immigrants

La première question qui se pose est celle de la formation des immigrants. Sont-ils scolarisés? À quel niveau? Comment se comparent-ils aux autres québécois? En fait, les statistiques risquent de surprendre bien des gens. 40% des immigrants québécois possèdent un diplôme universitaire comparativement à 38% des Canadiens et seulement 23% des autres québécois. 23% des Québécois ne possèdent aucune forme de diplôme et 19% d'entre eux sont totalement analphabètes. C'est un moindre 20% de non-diplômés chez les immigrants. À ces chiffres contre-intuitifs pour plusieurs, s'ajoutent l'inquiétant taux de 53% d'analphabètes fonctionnels au Québec, dont 27% de nos diplômés universitaires. De plus, afin de favoriser le «fait français», le Maroc et l'Algérie viennent respectivement au 2e et 3e rang comme pays de provenance des immigrants. C'est d'ailleurs ce qui permet que 63.7% des immigrants québécois connaissent le français. Mais malgré cette maitrise du français et ce taux de diplomation plus élevé chez les immigrants, ils ne gagnent que 60% du salaire des autres québécois. Or si l'immigration économique est responsable de l'arrivée de la majorité des immigrants au Québec, mais qu'elle ne fonctionne que partiellement, il s'agit d'un problème de taille.

Si l'immigration économique est responsable de l'arrivée de la majorité des immigrants au Québec, mais qu'elle ne fonctionne que partiellement, il s'agit d'un problème de taille.

La réalité économique immigrante

La cause première de cette sous-utilisation de la main-d'œuvre immigrante réside dans la non-reconnaissance des diplômes étrangers. En effet, le Québec ne reconnait qu'un piètre 37% des diplômes provenant de l'Asie, du Moyen-Orient et de l'Afrique et un maximum de 65% des diplômes européens. Compte tenu du fait que la France est le premier pays d'origine des immigrants québécois avant le Maroc et l'Algérie, il est possible de conclure que la majorité du potentiel l'immigration se voulant économique est carrément gaspillée. Il en découle que le taux de chômage est environ le double chez la population immigrante que chez les autres québécois. L'autre problème fondamental est l'attribution des emplois au Québec. L'héritage culturel québécois fait qu'encore aujourd'hui, 75% des employeurs embauchent par le bouche-à-oreille. De plus, une étude de la commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse démontrait que l'envoi de CV fictifs avec des noms «québécois» augmentait de 60% les chances d'obtenir une entrevue. Le mythe, voire l'absence de méritocratie est donc bel et bien le secret le mieux gardé de l'économie québécoise.

Les chiffres ne sont pas disponibles spécifiquement pour le Québec, mais une étude de la Banque Royale du Canada démontre que tout ce gaspillage de ce que pourraient amener nos immigrants à l'économie canadienne se chiffre à 31 milliards annuellement, soit 2.1% du PIB canadien. Les solutions sont évidentes. Sommes-nous prêts à cesser cette dilapidation de talents?

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