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L'Impact estime que c'est un manque de leadership qui l'a mené au dernier rang

MONTRÉAL - Les joueurs de l'Impact de Montréal ont laissé entendre que l'équipe a manqué de leadership et était rongée par les cliques au moment de faire le bilan de la saison, lundi.

Son nul de 1-1 contre D.C. United a porté sa fiche en Major League Soccer à 6-18-10, la pire des 19 équipes du circuit Garber. Cette saison s'est mal amorcée et ne s'en est jamais vraiment remis par la suite.

«C'est certain qu'il y aura des changements, mais je crois aussi en une continuité, a déclaré l'entraîneur-chef, Frank Klopas. Nous ne sommes pas ici pour faire beaucoup de changements.»

L'équipe qui s'est faufilée avec la cinquième et dernière place donnant accès aux séries en 2013 malgré un effondrement en fin de saison a transporté son jeu truffé d'erreurs dans la présente campagne, ne remportant qu'une victoire à ses 11 premiers matchs.

L'Impact a connu ses pires moments en juillet et en août, au cours d'une série de sept revers, et à l'étranger, où il n'a pas remporté de victoire en 17 rencontres (0-12-5). Les points forts auront par contre été son titre en championnat canadien et l'atteinte des quarts de finale en ligue des Champions de la CONCACAF.

Quelques vétérans ont parlé de la retraite de l'ex-international italien Alessandro Nesta et de l'échange du capitaine Davy Arnaud à Washington pour expliquer le manque de leadership de l'équipe dans les moments difficiles.

«Les départs de ces deux gars ont laissé un vide, c'est sûr, a dit le gardien Evan Bush. Dans l'avenir, c'est quelque chose qu'on devra absolument corriger. Un gars comme (le capitaine) Patrice Bernier n'est peut-être pas le leader qu'on entend le plus, mais il montre la voie à suivre de la façon dont il joue. Il y a d'autres gars qui donnent le bon exemple, mais vous avez aussi besoin de gars qui se lèveront dans le vestiaire quand les choses vont mal.»

Que personne n'ait pris le vestiaire en charge a peut-être à voir avec l'autre problème de l'Impact: les cliques. L'équipe compte des Américains, un contingent de francophones provenant surtout de l'Académie, des joueurs d'Amérique du Sud et les vedettes italiennes Matteo Ferrari et Marco Di Vaio, qui s'est retiré à l'issue de la saison.

La plupart des clubs de la MLS ont des joueurs de partout dans le monde, mais la formation de l'impact est particulièrement diversifiée. L'équipe a recherché ce style international par opposition au style nord-américain plus physique qu'affectionnent plusieurs de ses adversaires. Le défi de cette approche est de maintenir l'unité.

«Nous serons toujours une équipe cosmopolite, a noté Bernier. Les joueurs se tiennent avec leurs compatriotes. Dans les moments difficiles, ce n'est pas facile, car vous vous posez des questions. Quand vous perdez, les gens disent que vous avez des cliques. La diversité ethnique de cette équipe la définit. Il faudra qu'on s'assure que les joueurs qui arriveront dans l'avenir se sentent chez eux, qu'ils font partie du projet.»

Le leader naturel devrait être Ignacio Piatti, l'Argentin joueur désigné arrivé en août avec un contrat de trois ans en poche. Piatti a laissé savoir dès le départ, par son jeu, qu'il sera l'un des plus talentueux et spectaculaire joueur de la MLS. Mais Piatti ne parle qu'espagnol et italien, alors les discours dans le vestiaire ne seront pas pour lui. Même chose pour le milieu de terrain Andres Romero, joueur de la dernière campagne.

L'équipe aura aussi beaucoup de travail à effectuer dans les bureaux. Bernier est l'un des quatre joueurs dont le contrat vient à échéance avec les défenseurs Heath Pearce et Futty Danso, ainsi que le gardien Troy Perkins. Klopas a dit qu'il voulait revoir Bernier, prenant toutefois soin d'ajouter que le salaire fera partie de l'équation.

Il aimerait aussi garder Bush et Perkins dans le filet, mais les contraintes salariales pourraient encore l'en empêcher. Ça regarde plutôt mal pour Perkins, partant en première moitié de saison mais relégué au rôle d'adjoint en deuxième moitié au profit de Bush, au salaire beaucoup moins élevé.

«Je ne voudrais pas retourner à un endroit où on ne veut pas de moi, a laissé tomber Perkins. Je ne crois pas avoir à porter le blâme pour la première moitié de saison, mais je pense que c'est ce qu'on a fait.»

La défense centrale sera elle aussi scrutée à la loupe. Avec Nelson Rivas qui n'a jamais été en mesure de soigner ses blessures chroniques et Adrian Lopez qui a vu une deuxième saison consécutive coupée court par les blessures, Ferrari s'est retrouvé plus souvent qu'autrement avec des joueurs sans expérience à ses côtés, menant à plusieurs buts accordés en fin de rencontre.

L'Impact devra aussi remplacé la production de Di Vaio. Jack McInerney, acquis de l'Union de Philadelphie cette saison, sera le premier choix, mais l'équipe pourrait tenter de trouver la solution à l'extérieur de ses rangs.

Malgré sa mauvaise saison, l'Impact a eu de belles surprises. Romero, affreux à sa première campagne et joueur de l'année en 2014, en est évidemment une. Calum Mallace, presque invisible à ses deux premières saisons, s'est révélé un milieu défensif très efficace, tandis que Dilly Duka, acquis du Fire de Chicago, a démontré un certain talent de fabricant de jeux.

L'accent au camp d'entraînement sera mis sur la Ligue des Champions: l'Impact doit se frotter au club mexicain de Pachuca en quarts. Mais il ne veut pas d'une autre saison comme la dernière.

«J'ai l'impression qu'il s'agissait d'une année de transition, a dit Ferrari. Nous avons changé l'entraîneur ainsi que plusieurs joueurs. C'est difficile de tout mettre les bons morceaux en place. Après un moment, nous avons commencé à mieux jouer. Piatti nous a beaucoup aidés, alors l'an prochain, on devrait commencer sur une meilleure lancée.»

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Impact vs Sporting Kansas City 19 avril 2014

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