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«Lupin»: une série débordante de charisme... et d'invraisemblances

La série mettant en vedette Omar Sy vous rendra autant accro qu'elle vous fera grincer des dents...
Netflix

La série Lupin a connu un succès pour le moins retentissant depuis son arrivée sur Netflix, le 8 janvier dernier, se hissant en tête du palmarès américain, et arrivant deuxième au Canada. Pas mal pour une série française!

Il faut dire que le public est toujours au rendez-vous pour une bonne histoire de cambriolage, comme l’avait confirmé l’immense popularité de la série espagnole La casa de papel.

Dès les premiers instants, Lupin semble vouloir prendre cette direction avec une histoire de vol de collier valant plusieurs millions de dollars au musée du Louvre. Juste ça.

Un gros coup qui révélera peu à peu le désir de vengeance d’Assane Diop (Omar Sy) contre l’un des plus riches hommes d’affaires de France, et ceux qu’il a corrompus.

Ce qui rend la série créée par George Kay et François Uzan captivante, ce sont avant tout ses personnages, menés par un Omar Sy en grande forme, dont le charisme pourrait nous convaincre de visionner à peu près n’importe quoi.

Mais pour trouver son compte, il faut prendre Lupin pour la façon dont il a été construit, reprenant bon nombre d’éléments ayant fait le succès de plusieurs séries policières, et les mijotant à la manière d’un dessin animé du samedi matin.

ATTENTION: DIVULGÂCHEURS

Il est déjà clair, lorsqu’on pénètre pour la première fois dans l’antre de ce voleur dont toute la vie tourne autour du personnage d’Arsène Lupin, et que l’on aperçoit la chaise en forme de gigantesque masque noir de ce dernier - comme si nous étions revenus à la batcave des années 1960 - que les auteurs ont davantage à coeur le côté spectaculaire de leur prémisse que toutes considérations tournant autour du réalisme et de la vraisemblance.

Le problème, cependant, c’est que les auteurs se tournent beaucoup trop souvent vers la facilité et les raccourcis scénaristiques pour faire progresser l’intrigue.

Assane est capable d’organiser un vol de haut niveau en quelques jours avec l’aide de petits truands de banlieue sans expérience.

Il rencontre un détenu qui a croisé très brièvement son père en prison 25 ans plus tôt, mais qui, même sur son lit de mort, garde un souvenir impérissable de leur rencontre et des mots qu’il lui a dits ce jour-là. Parce que, de toute façon, que peut-il bien se passer entre les murs d’une prison française pendant quelque 9125 jours? Réponse : beaucoup de choses.

Assane est aussi en mesure d’orchestrer un enlèvement en déplaçant beaucoup de matériel à un endroit difficile d’accès, et ce, sans que personne ne s’en rende compte.

L’un des policiers affectés à l’enquête est lui aussi, comme par hasard, un érudit d’Arsène Lupin, ayant même un rappel de la date d’anniversaire de son créateur sur son téléphone qui lui sera très utile à un moment déterminant.

Il y a également cette cassette incriminante qui pourrait faire tomber l’homme qui a piégé le père d’Assane et l’a mené au suicide. Un enregistrement que notre riche vilain à la voix caverneuse réussira à trafiquer… et dont Assane n’avait pas cru bon de faire au moins une copie. Une erreur pour le moins étonnante de la part d’un pro de l’informatique.

Bref, attendez-vous à grincer des dents souvent si ce genre de détails a tendance à vous énerver.

Netflix

Plus concrète que réaliste

Mais comme nous le mentionnions précédemment, ce qui fonctionne le mieux dans Lupin, ce sont les personnages.

Ceux-ci sont évidemment esquissés à gros traits, frôlant parfois même la caricature. Mais l’énergie et le dévouement que chacun apporte à son rôle respectif permettent à l’ensemble de tenir la route.

La série utilise également le charisme d’Omar Sy à fond de train pour redéfinir le rôle du gentleman cambrioleur au XXIe siècle, sans monocle ni chapeau haut de forme.

Nous serions définitivement curieux de voir Assane Diop mettre tous ses talents à profit dans une intrigue aux enjeux un peu moins personnels.

L’idée de présenter l’œuvre de Maurice Leblanc comme une sorte d’héritage, une source d’inspiration et d’adoration, est aussi une excellente façon de lui rendre ses lettres de noblesse.

Il y a tout un pan de Lupin qui porte justement sur la force des mots, des leçons d’orthographe du père d’Assane au rôle de la journaliste combattante qui avait à cœur de faire triompher la vérité, en passant par la découverte d’un univers littéraire par un adolescent habituellement collé à ses écrans.

Les auteurs n’esquivent pas non plus la question des inégalités sociales et du racisme en 2021, présentant certaines scènes, certaines répliques, qui en disent long sur les préjugés que certains continuent d’avoir, tout en cherchant à les camoufler. Un propos qui prend tout son sens dans une série dont le héros passe sa vie à prétendre être quelqu’un d’autre.

Ainsi, même si Lupin semble souvent avoir été écrit avec les pieds et de façon quelque peu précipitée, il y a tout de même plusieurs bonnes idées qui ressortent de ce divertissement que l’on visionne sans effort. De sorte que la note pour le moins chaotique sur laquelle se termine le cinquième épisode ne peut que nous donner envie de découvrir les cinq suivants.

Les 5 premiers épisodes de la première saison de Lupin sont disponibles dès maintenant, sur Netflix.

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