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Manif contre les violences sexuelles: pourquoi elles (et ils!) y étaient

Plusieurs centaines de personnes étaient rassemblées à Montréal dimanche pour dénoncer la culture du viol.
Plusieurs centaines de personnes, surtout des femmes, étaient rassemblées au Parc Lafontaine dimanche pour exprimer leur ras-le-bol face aux violences sexuelles et à la culture du viol.
Plusieurs centaines de personnes, surtout des femmes, étaient rassemblées au Parc Lafontaine dimanche pour exprimer leur ras-le-bol face aux violences sexuelles et à la culture du viol.

Alors qu’une nouvelle vague de dénonciations d’agressions sexuelles déferle sur Instagram depuis quelques semaines, le mouvement s’est transporté dans la «vraie vie» dimanche dans le cadre d’une manifestation contre les violences sexuelles, à Montréal.

Le HuffPost Québec s’est entretenu avec quelques-unes des personnes présentes pour savoir ce qui les avait menées à braver la chaleur intense et la COVID-19 pour manifester.

Laïka Nadeau

«Ça m’est arrivé plusieurs fois, [des agressions] et ce que j’ai sur mon corps, c’est des trucs que j’avais besoin de crier», confie Laïka Nadeau. «C’est ce que j’avais besoin de sortir.»

Au marqueur noir, elle avait écrit sur son corps des phrases comme «Je ne suis pas un objet» et «Le silence n’est pas un consentement».

Marine Lanel et Géraldine Brouad

Marine Lanel et Géraldine Brouad
Marine Lanel et Géraldine Brouad

«Je suis ici parce que ce n’est pas normal ce qui nous arrive, lance Marine Lanel. Ça ne doit pas continuer, je n’ai plus envie de me considérer comme une victime.»

«Ça concerne quand même la moitié de la population», estime Géraldine Brouad.

Et l’autre moitié, les hommes? «On espère que ça va les éduquer!»

“Je n'ai plus envie de me considérer comme une victime.”

- Marine Lanel, manifestante

Si la foule présente dimanche était majoritairement composée de femmes, plusieurs hommes ont aussi choisi de venir manifester. Certains accompagnaient leur conjointe, et plusieurs avaient aussi emmené leurs enfants avec eux.

C’est le cas de Pat Perreira, qui est venu en compagnie de sa conjointe et de leur fille de deux ans.

«J’ai une fille, donc c’est sûr que je me sens interpellé», confie-t-il, ajoutant qu’il est impératif, selon lui, que les hommes se joignent au mouvement si on veut faire cesser les violences sexuelles.

Pat Pereira et sa conjointe sont venus accompagnés de leur fille de 2 ans.
Pat Pereira et sa conjointe sont venus accompagnés de leur fille de 2 ans.

Le jeune papa estime que le fait de lire les dénonciations et les témoignages récents de plusieurs femmes sur les réseaux sociaux a fait de lui un meilleur allié à la cause féministe.

Mais il admet avoir encore un bout de chemin à faire. «J’en connais du monde qui font des commentaires sexistes et des fois, je leur dis que c’est poche comme commentaire, mais d’autres fois, je ne dis rien.»

Un message aux hommes

Deux autres manifestants, Ariane et Max, ont choisi d’amener leur fils de quatre ans pour «ouvrir l’inconfortable discussion nécessaire», résume le papa.

«Je l’éduque. Il faut que je le mette en contexte», ajoute Ariane. «C’est une discussion qui va se poursuivre», assure-t-elle, ajoutant que la participation à la manifestation suscite déjà des questions chez leur petit bonhomme.

Lu-Sergei Denaud

Lu-Sergei Denaud, à droite, tenait à participer à la manifestation pour montrer son amour à ses amies féminines.
Lu-Sergei Denaud, à droite, tenait à participer à la manifestation pour montrer son amour à ses amies féminines.

«Je suis là parce que je veux que nos femmes sachent qu’elles sont importantes», dit Lu-Sergei Denaud.

«La société est misogyne. Elle les néglige, les slut shame, les critique, les fait sentir comme des moins que rien.»

“Il faut dire aux hommes que ça doit changer maintenant.”

- Lu-Sergei Denaud

Justine Archibald Coughlin

«La culture du viol est tellement omniprésente que j’ai senti le besoin de me tenir debout pour la dénoncer», explique Justine Archibald Coughlin.

La jeune femme croit d’ailleurs que la vague actuelle apportera davantage de changements durables que d’autres mouvements de dénonciations que le Québec a connus au cours des dernières années.

«Je vois les gens partager leurs propres histoires, les autres réagir en soutien.... Je ne sais pas, il y a quelque chose de différent.»

«Je me sens pas mal optimiste», dit-elle.

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