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Anxiété dans le tapis : comment initier enfants et ados à la méditation?

Oui, même votre petite tornade peut s'y mettre.
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Le niveau d’anxiété grimpe en flèche chez les jeunes. Pour y remédier, les intervenants familiaux vantent de plus en plus les mérites de la méditation. Même si ce n’est pas nécessairement un jeu d’enfant, voici comment les convertir à la pratique en douceur.

Une approche adaptée

Il faut d’abord s’enlever de la tête que la méditation se résume à être assis en silence pendant de longues minutes, à penser à ce qu’on ressent, les bras vers le ciel, habillé en toge de dalaï-lama. Surtout si les enfants sont impliqués.

«La méditation, c’est simplement de faire le vide quelques minutes, se déposer, se mettre en état de vulnérabilité, regarder ce qui nous habite à l’intérieur, et ça les enfants sont capables de le faire», affirme Sonya Thorne, professeure de yoga et méditation ainsi que fondatrice de l’Institut CIME qui se spécialise dans le développement de programmes de méditation pour enfants, particulièrement en milieu scolaire.

Pour commencer, elle conseille donc :

  • D’introduire des exercices de respiration d’abord, pour pratiquer la cohérence cardiaque, synonyme de détente;
  • De privilégier la pratique en mouvement, en faisant des étirements, par exemple;
  • De se limiter à un exercice de 30 secondes à 2 minutes, puis de le répéter deux ou trois fois par jour, au besoin;
  • D’adopter une approche littéraire, c’est-à-dire une méditation guidée basée sur une histoire avec des personnages auxquels le jeune peut s’identifier;
  • D’initier l’enfant avec une personne en qui il a confiance : un parent, un professeur, un membre de la famille;
  • De le faire sans jugement, aucun, autant envers soi-même qu’envers les autres. Si on déroge, ce n’est pas grave.

Les pratiques méditatives varient beaucoup, mais pour trouver celle qui correspond le plus à son enfant, on se base sur ses intérêts et sa maturité. On peut par exemple s’étendre sur le gazon et regarder les nuages, dessiner des mandalas, faire un exercice de gratitude en leur demandant, par exemple, leur moment favori de la journée, suggère la psychologue clinicienne Geneviève Beaulieu-Pelletier, qui conseille régulièrement la méditation aux familles dans sa pratique.

“Ce sont ceux qui nous font manger nos bas au début qui finissent par tenir le plus à la méditation.”

- Sonya Thorne

Il est également primordial que la séance ne dure pas trop longtemps, selon Sonya Thorne. «Moi, je pense fortement qu’on fait méditer nos enfants bien trop longtemps. Je suis prof de yoga et pédagogue [bachelière en éducation préscolaire et primaire, NDLR], et je vous assure qu’il n’y a rien qui rentre avec quelque chose de trop long. M’asseoir sans bouger alors que j’ai un TDA, que mes parents viennent de divorcer, que j’ai un examen stressant dans deux heures, c’est pénible».

Elle recommande d’attendre que l’enfant s’y intéresse, développe un réflexe de méditation, et fasse preuve d’ouverture et de curiosité avant d’introduire de nouvelles notions.

«Bien sûr qu’on peut aller plus loin que l’intériorisation. On pratique avec des méditations guidées [avec un professionnel ou une piste audio] qui couvrent différents aspects. [...] Un thème que j’aime introduire rapidement est l’auto-compassion. Si on se juge moins, il y a beaucoup de chances qu’on juge moins les autres. C’est ultra bénéfique pour l’enfant, que ce soit pour diminuer l’anxiété, ou même l’agressivité dans la cour d’école», témoigne-t-elle.

“Selon moi, les plus grands maîtres yogis, ce sont mes élèves de maternelle. J’apprends autant à les observer qu’auprès des maîtres les plus reconnus.”

- Sonya Thorne

Les adolescents auraient sinon tendance à s’intéresser à la méditation quand les intervenants s’adressent «à leur cerveau». «Ils sont curieux. Ils veulent savoir comment la méditation peut les aider concrètement, ce que la recherche dit. C’est de même qu’on les motive», assure Mme Thorne qui a commencé à donner des formations dans les écoles en 2007.

Surtout pas de pression

L’erreur la plus fréquente commise par les parents dans l’introduction de la pratique serait de tenter de l’imposer à leur progéniture.

«Faut que l’enfant ait le gout de le faire. Sinon, ça ne sert à rien, affirme Dre Beaulieu-Pelletier. Il va juste courir dans l’autre sens. Commencez par vous et il y a des chances qu’ils vous rejoignent tranquillement.»

Sonya Thorne abonde dans le même sens. Elle explique d’ailleurs que l’un des plus grands défis est de former les parents et les enseignants à développer des réflexes méditatifs d’accueil, de bienveillance et de non jugement avant qu’ils pensent à inculquer la méditation.

«Le plus grand obstacle quand on fait méditer les enfants, ce sont nos propres attentes. Nos objectifs de performance. C’est l’adulte qui apporte souvent la rigidité. On ne dit pas à un bébé qui vient d’apprendre à marcher : “allez, viens, on va aller courir un 5 kilomètres“ Faut juste être là à chaque pas qu’il fait, le suivre dans son évolution.»

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Toutes personnes qui méditent devraient aussi éviter de juger sa propre pratique ou celle des autres. Ce qui compte, ce n’est pas le nombre de fois qu’on a décroché, mais toutes les fois qu’on réussit à revenir dans l’état méditatif.

Comment l’inclure dans la routine?

Comme la plupart de nos bonnes résolutions, la méditation peut prendre le bord dès février. Si on veut toutefois maintenir l’intérêt des enfants pour la pratique, il faut l’insérer à la routine quotidienne.

«Il faut en faire un rituel attendu et régulier» pour que les mousses en redemandent, croit Dre Geneviève Beaulieu-Pelletier.

Que ce soit avant le souper, avant le dodo, dans l’auto vers l’école, en mode jeu ou non, une fois que la pratique est installée, il y a de fortes chances que ce soit même les touts petits qui rappellent aux parents d’honorer leur routine méditative.

«Ça prend une rigueur, reconnaît Sonya Thorne. La nuance est mince, mais sans être rigide, il faut être rigoureux au début pour en faire une routine. Vous verrez, ce sont ceux qui nous font manger nos bas au début qui finissent par tenir le plus à la méditation.»

Des outils simples

S’initier à la pratique méditative n’aura jamais été aussi facile. L’institut CIME qui se spécialise dans le développement de programmes de méditation pour enfants, particulièrement en milieu scolaire, a lancé cette boîte adaptée aux enfants de 3 à 12 ans, dont on peut se servir autant à la maison qu’en classe. Accompagnés de personnages mignons, parents et enfants sont invités à être bienveillants envers eux-mêmes, puis à pratiquer la méditation à certains moments précis, avant le dodo, avant le repas ou pendant le brossage de dents. Tout a été pensé pour que leurs premiers pas se fassent en douceur. Un bel outil québécois!

Cette application magique offerte en français propose plusieurs programmes de méditation guidée pour petits et grands ayant divers objectifs distincts, soit d’améliorer sa confiance en soi, de mieux dormir ou de gérer le trac, entre autres. Quelques séances sont consacrées aux enfants et divisées selon leur tranche d’âge : 5 ans et moins, 6-8 ans et 9-12 ans. Il y a même un volet «contes» pour mettre les bambins au lit. C’est simple, ludique et ça fait un bien fou! L’application est offerte gratuitement, mais certaines séances sont payantes.

Autre petit bijou d’application qui renferme quelque 970 séances méditatives accompagnées, à faire à la maison et à l’école. Elle propose une kyrielle de thèmes, durées, voix pour répondre exactement à votre besoin actuel et celui de votre progéniture. Pas de redondance du tout : les 12 ans et moins peuvent compter sur 63 séances différentes pour s’initier à la pratique. Quelques séances sont disponibles gratuitement après le téléchargement, mais il faut payer pour avoir accès au grand catalogue de la boîte française.

Des bienfaits similaires chez les enfants

«Dans le cas d’un enfant anxieux, c’est effectivement très indiqué, confirme la psychologue clinicienne Geneviève Beaulieu-Pelletier. Ce sera un moment pour l’enfant de se déposer, de prendre conscience de ce qu’il ressent, de nommer certaines sensations, pensées, et émotions dans un cadre rassurant et sans jugement.»

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