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Montréal redevient l’épicentre de la pandémie au Québec

«Je suis très préoccupée. C’est ici que ça chauffe», a affirmé Valérie Plante.
Mylène Drouin, directrice de la santé publique de Montréal
Santé Montréal
Mylène Drouin, directrice de la santé publique de Montréal

Plus de 300 éclosions actives de la COVID-19 sont répertoriées sur l’île de Montréal, mercredi, si bien que l’agglomération est redevenue l’épicentre de la pandémie au Québec.

Des 311 éclosions à Montréal, 137 sont dans des milieux de santé, dont 72 de plus de 10 cas.

Les quatre quartiers chauds demeurent Bordeaux-Cartierville, Parc-Extension, Saint-Laurent, Saint-Léonard et Saint-Michel. La source principale de transmission du virus est encore les contacts domiciliaires.

«Je suis très préoccupée. C’est ici que ça chauffe», a affirmé la mairesse de Montréal, Valérie Plante, lors d’une conférence de presse.

La situation est particulièrement préoccupante dans les hôpitaux montréalais puisque 744 patients sont hospitalisés en raison de la COVID-19. La capacité théorique de 1000 lits d’hospitalisation pour les patients COVID pourrait être atteinte, si bien que le réseau de la santé se prépare à ajouter près 350 lits supplémentaires à Montréal, dont 43 aux soins intensifs.

L’autre problème est le manque d’infirmières pour travailler dans les unités d’hospitalisation. Dans tout le réseau montréalais, il y a environ 1000 employés qui sont absents, soit parce qu’ils sont atteints du coronavirus ou en attente d’un résultat de dépistage.

Le délestage de certaines activités médicales permet entre autres de réorienter des ressources vers les unités COVID. Les chirurgies urgentes et certaines en lien avec le cancer sont encore pratiquées, mais les listes d’attente comptent maintenant 48 000 personnes dans la métropole.

Des infirmières, dont certaines provenant des CLSC, sont actuellement formées pour pouvoir travailler dans les unités d’hospitalisation.

Pour l’utilisation des lits d’hospitalisation supplémentaires, la PDG du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, Sonia Bélanger, a évoqué que le réseau montréalais aura probablement besoin de personnel de la santé d’autres régions.

Le dépistage en baisse

La directrice de la santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin, a demandé aux Montréalais d’aller se faire dépister si eux ou leurs enfants présentent des symptômes du virus.

«Si vous avez des symptômes, ce n’est pas le temps d’aller travailler, d’aller à l’école ou d’aller à l’épicerie», a-t-elle rappelé, soulignant que le taux de positivité a légèrement baissé à 12%.

«Les gens ont tendance, avec de petits symptômes qui s’apparentent à la grippe, à quand même aller travailler. Il n’y a pas d’autres virus qui circulent», a-t-elle ajouté.

La Dre Drouin prie les Montréalais de réduire les délais entre le début des symptômes et un test de dépistage. En ce moment, il s’écoule en moyenne 2,7 jours entre l’apparition des symptômes et le prélèvement. Elle souligne que c’est souvent la période où le virus est le plus contagieux.

Elle a indiqué que le nombre de nouveaux cas était en diminution au cours des derniers jours, mais qu’il était trop tôt pour dire s’il s’agit d’un plateau ou d’un début de baisse de la courbe épidémiologique.

La vaccination dans les CHSLD presque terminée

Mme Bélanger a révélé que tous les résidents, employés et médecins en CHSLD sur le territoire montréalais auront été vaccinés d’ici la semaine prochaine.

Selon les données disponibles mardi, 29 196 des 43 000 doses de vaccins contre la COVID-19 reçues avaient été administrées à Montréal. De ce nombre, 8000 doses sont allées à des résidents en CHSLD et 12 000 à des travailleurs de la santé.

En réponse à une question d’un journaliste, Mme Bélanger a toutefois mentionné que le pourcentage d’employés qui acceptaient de se faire vacciner variait entre 40% et 70% selon les CHSLD.

Des vaccins pour les itinérants

«On a de l’espoir avec le vaccin, mais c’est une situation qui est préoccupante avec les différentes éclosions», a évalué la mairesse Plante.

Elle a entre autres souligné la récente éclosion de cas chez les personnes en situation d’itinérance et les ressources travaillant dans ce milieu. Pas moins de 172 cas ont été recensés depuis le début décembre, dont 58 chez des travailleurs œuvrant auprès des personnes sans-abri.

La santé publique montréalaise a revu sa stratégie de vaccination pour administrer dès cette semaine des doses à certains itinérants pour contrôler l’épidémie au sein de ce groupe de la population.

Montréal compte 1366 places d’hébergement pour les personnes en situation d’itinérance.

Cent cinquante places s’ajouteront prochainement. Des navettes se promènent dans la ville pour pouvoir transporter les personnes sans-abri vers les différentes installations.

Les personnes en situation d’itinérance atteintes de la COVID-19 ou en attente d’un résultat de test de dépistage sont isolées à l’ancien hôpital Royal-Victoria.

À VOIR: la COVID-19 nuit à la santé mentale

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