Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021.

Pas de place sur l'échiquier politique pour le NPD-Québec, selon Thomas Mulcair

OTTAWA - Le chef du NPD, Thomas Mulcair, ne pense pas qu’un autre parti provincial orange a sa place au Québec.

De passage à l’émission Tout le monde en parle – sa seule entrevue depuis le congrès du NPD – il a fait savoir qu’il serait « difficile » d’établir un parti NPD-Québec en vue des prochaines élections en 2018.

« Il y a des gens qui y croient beaucoup et libre à eux de fonder un parti provincial. C’est la seule province où il n’y a pas de NPD, mais on a aussi des acteurs et des divisions ici qui sont uniques. »

« Moi, je ne ferais pas partie de ce projet-là. Je trouve que l’échiquier [politique] est déjà assez encombré comme ça », a commenté Mulcair, resté en poste malgré sa cuisante défaite.

Son lieutenant au Québec, Alexandre Boulerice, est du même avis. Après le congrès à Edmonton, il pense que les ressources humaines et monétaires du NPD seront mieux mises à profit afin de reconstruire le parti au fédéral.

La Presse rapportait la semaine dernière que trois ex-députés s’étaient joints au mouvement qui tente de ressusciter le NPD-Québec, croyant qu’il y aurait un engouement pour un parti fédéraliste de gauche dans la province.

Or, le plus récent sondage EKOS/iPolitics dévoilé lundi révèle que la formation de Thomas Mulcair ne récolte plus que 12% des appuis au Canada et 16% au Québec.

« Ça ne regarde pas bien. Il y aurait peut-être eu possibilité pour le NPD-Québec d’être relancé, dans la mesure où il y aurait eu une victoire au fédéral », commente André Lamoureux, expert sur la question et chargé de cours à l’UQAM.

Le politologue croit qu’un parti NPD dans la province se retrouverait « coincé en marge de l’échiquier politique », aux côtés de Québec solidaire et Option nationale, avec un faible pourcentage d’appuis aux prochaines élections.

« Si le NPD-Québec veut redevenir ce qu’il a été dans l’histoire, c’est-à-dire un petit parti marginal animé par les anglophones de l’ouest de Montréal ou de l’Outaouais, c’est une possibilité qu’ils pourraient rencontrer. »

Une « saloperie »

Celui qui a été chef pendant quatre ans admet qu’il était difficile de se faire rejeter par la majorité de ses membres, lors du vote de confiance à Edmonton. Il a obtenu 48% des appuis, alors qu’il pensait pouvoir ressortir la tête haute avec 70% des voix en sa faveur.

« C’est une saloperie, on ne s’en cachera pas, a laissé tomber Mulcair. Mais puisque je crois à notre vision économique, sociale et environnementale, j’ai le devoir maintenant de me tenir debout en homme d’État face à mes membres. »

« C’est un mot qui est chargé, c’est un mot qui est fort, mais en même temps, je pense qu’on peut comprendre M. Mulcair, a réagi Alexandre Boulerice. C’est une déception et je pense que cette tristesse mêlée de colère a le droit de sortir. »

Thomas Mulcair a promis de rester à la tête de son parti jusqu’à l’élection du prochain chef permanent du NPD. Il ne pense pas se représenter dans sa circonscription d’Outremont en 2019.

« Je pense qu’on a un sens du devoir. Quand on a passé 10 ans à travailler sans relâche pour un parti politique, pour un idéal, on n’a pas le droit de penser à soi-même », a-t-il confié à l’animateur Guy A. Lepage.

INOLTRE SU HUFFPOST

Les députés du NPD défaits à l'élection 2015

Suggest a correction
Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Canada, qui ont fermé en 2021. Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez consulter notre FAQ ou contacter support@huffpost.com.