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Pourquoi y a-t-il encore des obstacles à la mobilité active?

Dans la région de Montréal et au-delà, marcher ou faire du vélo en toute saison n’est pas encore un acquis. Et lorsqu’il y a amélioration, cela ne fait pas l’affaire de tous.
Le cas du vélo est intéressant à observer. Bien que Montréal a maintenant une administration provélo, tout n’est pas joué pour autant sur l’île.
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Le cas du vélo est intéressant à observer. Bien que Montréal a maintenant une administration provélo, tout n’est pas joué pour autant sur l’île.

Alors que l'hiver pointe le bout de son nez, il existe un nombre croissant de gens qui souhaite continuer à se déplacer comme en été, en vélo, à pied (aussi en patin à roues alignées, en planche à roulettes, etc.). Pour ces gens, c'est une bonne façon de demeurer actif et en santé. Et bien sûr, la mobilité active est peu coûteuse, non polluante et donc bonne pour l'environnement.

Bien qu'il y a eu des améliorations ces dernières années pour encourager les déplacements actifs, il existe encore bien des obstacles. Voici quelques cas et exemples.

Marcher n'est pas un acquis

Les marcheurs assidus le savent, dans plusieurs villes de banlieue, le seul endroit où il leur est possible de pratiquer leur activité est dans la rue. Les trottoirs y sont quasi inexistants.

Certaines villes ont même pris la décision que la marche était un luxe.

Ainsi, on apprenait en octobre dernier que la Ville de Saint-Hyacinthe comptait revoir la répartition des trottoirs sur son territoire en y retranchant 66 km. Plus précisément, on compte retirer 83 km de trottoirs et en ajouter 17. Le maire Claude Corbeil mentionne qu'il n'est pas nécessaire qu'il y ait des trottoirs dans les rues résidentielles, les zones agricoles et les zones industrielles. Elles sont si bien desservies par la voiture, après tout (ironie!).

Le mauvais état de nos infrastructures routières a aussi un effet néfaste sur la mobilité active.

Ainsi, à Sainte-Adèle, la mairesse Nadine Brière dénonçait récemment le mauvais état des infrastructures qui sont sous la responsabilité du ministère des Transports. Cela fait en sorte que certains ponts sont devenus dangereux à traverser pour les piétons à cause des trous dans les trottoirs. Certains sont même inaccessibles à pied parce que non sécuritaires (le pont qui enjambe la route 117). Éventuellement, on peut supposer que cela représentera aussi un danger pour les automobilistes (mais il s'agit d'un autre vaste sujet!).

Réparer ce qui existe

Le cas de Sainte-Adèle n'est sans doute pas unique, car le déficit d'entretien de nos infrastructures est énorme. Le ministère des Transports du Québec (MTQ) a évalué qu'il en coûterait 14,7 milliards $ (en dollars de 2018) pour tout remettre en état. Ce qui n'est pas rassurant, c'est que cette dégradation s'accélère, car la remise en état du réseau était évaluée à 12,7 milliards $ l'an dernier, en 2017. Et cela ne tient pas même compte des chaussées et ponts sous la responsabilité des municipalités.

Et pourtant, le gouvernement de François Legault a promis, en campagne électorale, des milliards en prolongement de nouvelles infrastructures (ex.: autoroutes 19 et 13), en création de nouvelles et en élargissant d'autres (ex.: l'autoroute 30).

Plusieurs se questionnent: ne serait-il pas préférable de remettre en état les chaussées, ponts et viaducs existants avant de se lancer dans de nouveaux projets? C'est ce que préconisait le député de Québec solidaire, Gabriel Nadeau Dubois, quelques mois avant l'élection de la CAQ.

Le vélo, ce grand négligé?

Le cas du vélo est aussi intéressant à observer. Bien que Montréal a maintenant une administration provélo (dans le budget 2018-1019, des investissements sont prévus pour le vélo et on prévoit aussi déneiger 74 km de plus du réseau cyclable cet hiver), tout n'est pas joué pour autant sur l'île.

Le 15 novembre dernier, une manifestation se tenait dans les rues de Montréal pour exiger le déneigement d'un plus grand nombre de pistes cyclables. La centaine de cyclistes présents ont réclamé le déneigement de la piste du pont Jacques-Cartier (revendiqué depuis des années), l'ouverture à l'année de la future piste multifonctionnelle aménagée sur le nouveau pont Champlain et le déneigement de la piste de 13,5 km du canal Lachine. Sur ce dernier point, un regroupement (appelé Association pour la mobilité active du canal de Lachine) a été formé récemment pour demander à Parc Canada de déneiger la piste l'hiver.

Pour l'instant, ils se sont fait répondre que la piste n'a pas été conçue pour un usage hivernal. Rappelons aussi que certaines sections du très achalandé axe cyclable nord-sud sur l'île de Montréal ne seront pas déneigées cet hiver. Mentionnons aussi que la piste multifonctionnelle sur le pont de la 25 ferme du 15 novembre au 15 avril.

Ça bouge à Laval

Les choses bougent donc sur l'île de Montréal, mais aussi à Laval. En 2014, le maire Marc Demers et son équipe se sont positionnés clairement en faveur de la mobilité active. Il y avait du chemin à faire dans cette ville où 85% des déplacements se font en voiture (selon l'enquête Origine-destination de 2008).

La Ville a d'ailleurs concocté un plan à cette fin, qui fait 52 pages et comprend 16 actions. Parmi celles-ci, soulignons la création de voies vélo-express sur de grandes artères comme le boulevard Saint-Martin et le boulevard Dagenais. D'ici 2031, le maire souhaite ainsi doubler, de 7 à 14%, la proportion des déplacements à pied ou à vélo et accroître l'étendue du réseau cyclable de 206 en 2014, à 288 km en 2019.

Malheureusement, ce plan ne fait pas que des heureux. À preuve, le curé de la paroisse Saint-Elzéar a lancé une pétition récemment pour réclamer le retrait de la piste bidirectionnelle sur le boulevard du même nom. Six organismes communautaires l'appuient dans cette démarche. Selon eux, le boulevard n'est pas assez large à l'endroit où la piste a été aménagée et cela est dangereux. Donc, assez large pour les autos, mais pas assez pour la cohabitation auto-vélo. D'autres endroits à Laval où des bandes cyclables ont été aménagées posent aussi problème.

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