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Départ de Pierre Beaudoin, président du C.A. de Bombardier : le gouvernement fédéral reste muet

CP

OTTAWA – Le gouvernement Trudeau ne veut pas s’avancer sur le possible départ du président du conseil d’administration de Bombardier, Pierre Beaudoin.

L’agence Reuters avait rapporté en décembre dernier que Beaudoin quitterait la présidence exécutive du C.A. de l’entreprise au début de l’année 2016. Bombardier a par la suite démenti cette rumeur.

Contacté à deux reprises sur ce sujet précis, le ministère de l’Innovation s’est contenté de répondre que « le gouvernement fédéral a entrepris des discussions avec Bombardier pour faire le point sur la situation de l’entreprise et sur ses priorités ».

« Comme le ministre [Navdeep Bains] l'a indiqué, tout investissement fédéral doit être appuyé par une présentation d'affaires solide et toute aide financière devra donc être apportée dans l'intérêt primordial des Canadiens », a répondu Stéfanie Power, une porte-parole du ministère de l’Innovation.

Pierre Beaudoin a cédé sa place de PDG à Alain Bellemare en février 2015, pour devenir président exécutif du conseil d’administration.

La famille Bombardier-Beaudoin est encore bien présente au sein du C.A. de l’entreprise. Outre Pierre Beaudoin, l’on y retrouve son père Laurent Beaudoin comme président émérite, sa cousine Joanne Bissonnette ainsi que J.R. André Bombardier.

Une source libérale a confié au HuffPost qu’il serait difficile de « faire passer la pilule dans le reste du Canada » si Pierre Beaudoin reste à la tête du C.A. de Bombardier. Le gouvernement Trudeau ne voudrait pas donner l’impression qu’il aide les plus riches, alors qu’il a fait campagne pour aider les travailleurs de la classe moyenne.

Qui plus est, les libéraux pourraient se faire reprocher d’avoir fait du « B.S. corporatif » en période de déficit, craignent certains.

La directrice des communications de Bombardier, Isabelle Rondeau, a répété au HuffPost lundi que Pierre Beaudoin est toujours en poste et que toute rumeur évoquant son départ est de la « pure spéculation ».

Mais peu importe ce qui se trame à la table des négociations, Dave Chartrand, représentant québécois de l’Association internationale des machinistes et des travailleurs de l’aérospatial, croit que Beaudoin « prendra une décision toujours dans l’intérêt de la compagnie et pas par égo personnel ».

Le fleuron québécois a déjà reçu 1,3 milliard de dollars du gouvernement Couillard en octobre. Le ministre de l’Économie Jacques Daoust a demandé au fédéral d’aider à son tour afin de financer la CSeries.

Daoust a réitéré l’importance de Bombardier pour le Québec et le reste du Canada auprès du fédéral. À son avis, l’entreprise devrait bénéficier du même traitement que l’industrie automobile en Ontario pendant la crise financière de 2009.

Un avis que partage le représentant syndical Dave Chartrand. « Le fédéral devrait faire sa part aussi, pour le bien du Québec mais aussi pour le bien du Canada. Plusieurs provinces bénéficient des retombées de Bombardier », fait-il valoir.

L’opposition officielle contre la subvention

Si le NPD et le Bloc québécois sont d’accord pour accorder une aide financière du fédéral à Bombardier, les conservateurs se sont prononcés contre.

« En subventionnant à répétition Bombardier depuis des décennies, les gouvernements ont créé une compagnie qui prend trop de risques, qui s’implique dans trop de projets qu’elle est incapable de mener à terme », a déploré Maxime Bernier, critique en matière d’innovation, en novembre dernier.

Il suggère de réduire les impôts pour toutes les sociétés, petites ou grandes, afin qu’elles deviennent plus concurrentielles.

Le député néodémocrate Pierre Nantel a déclaré à l’Agence QMI que le fédéral pouvait faire sa part sans qu’il y ait trop de risques pour les contribuables.

« L’emploi de milliers de Québécois et Canadiens pourrait être touché par la décision du gouvernement Trudeau », a-t-il dit en novembre dernier.

Le Bloc, lui, demande aussi une stratégie nationale en aéronautique qui tienne compte de l’importance de cette industrie dans les économies québécoise et canadienne.

Ni Bombardier ni le fédéral ont voulu s’avancer sur le montant de la subvention qui pourrait être attribuée à l’entreprise.

La CSeries de Bombardier

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