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«Oxygène» : du théâtre qui décoiffe

L'auteur russe de 41 ans, Ivan Viripaev, a tenté d'éviter toutes les conventions dans ce texte,.

Des tables rondes garnies de centres de table fleuris et entourées de chaises en plastiques sous une grande tente blanche érigée comme si les spectateurs étaient invités à un mariage. Des verres de vodka pickles offerts aux spectateurs/convives qui peuvent aussi faire des bulles avec du savon liquide. Sur la scène, deux acteurs - homme et femme - habillés en smoking et robe blanche de mariée, mais pour lesquels il n'est question de mariage d'aucune sorte. Des effets lumineux qui ressemblent à ceux d'une boîte de nuit. Une atmosphère électrisée où se déploient des discours allumés dans une ambiance entre celle du cabaret et du bonimenteur de foire. Une performance d'une heure à un rythme plus qu'effréné, dans laquelle Ève Pressault et Éric Robidoux déploient un talent impressionnant.

Ève Pressault et Éric Robidoux © Photo Matthew Fournier

L'auteur russe de 41 ans, Ivan Viripaev, a tenté d'éviter toutes les conventions dans ce texte, Oxygène. Il y est parvenu pour sa plus grande part. Reprenant la structure des dix paroles bibliques mais transformées par ses origines chrétiennes, Viripaev déploie tout un discours halluciné et souvent génial sur ce qui se veut une critique des rapports individuels et sociaux de l'époque contemporaine. Au niveau individuel, tout ce qui est de cet oxygène indispensable à la vie et qui passe par le sexe est génial. Du côté social, ses réflexions sur certains événements mondiaux d'un XXIe siècle asphyxié est plutôt faible et finalement cliché (ce que j'imagine il a cherché à éviter). Mais ils ne forment pas l'essentiel loin de là, et l'ensemble - rempli de contradictions et de paradoxes - est quand même admirable et la plupart du temps très drôle.

C'est que le texte - traduit en québécois par Élisa Gravelot, Tania Moguilevskaia et Gilles Morel - est porté par la performance admirable de ses deux acteurs. Éve Pressault et Éric Robidaux (mis en scène et en musique par Christian Lapointe), sont tous les deux extraordinaires. Une diction parfaite pour un texte déballé à toute vitesse, toute une gestuelle chorégraphiée, étonnante et pleine d'humour, ils se révèlent conteurs, rappeurs, danseurs, chanteurs. Ils finissent presque déshabillés et pas mal échevelés, et on ne peut que s'incliner devant leur talent qui permet au texte de très bien fonctionner.

Oxygène, du 15 septembre au 3 octobre 2015 au théâtre Prospero à Montréal

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Cet article a aussi été publié sur info-culture.biz

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