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Persévérance scolaire: «Il faut que le ministre mette son poing sur la table», dit Joé Juneau

Pour garder les jeunes sur les bancs d’école, la recette est simple pour l'ex-joueur de hockey Joé Juneau : faire clairement le lien entre le loisir et l’école. Mais celui qui dirige un programme de développement des jeunes par le hockey au Nunavik espère que les dirigeants délaisseront leur réflexion comptable qu’il estime peu flexible à l’égard des programmes d’aide à la persévérance scolaire.

«Le sport devient un outil extrêmement fort pour inciter les jeunes à bien faire en classe, explique Joé Juneau, parlant du Nunavik Youth Hockey Development Program (NYHDP) qu’il dirige depuis 11 ans. Ce n’est pas le parent qui paie 500$ au mois d’août pour que le jeune puisse aller jouer au hockey sans le mériter», explique celui qui est également porte-parole des Journées de la persévérance scolaire, qui se déroulent jusqu’à vendredi.

Pour participer au programme, «les jeunes doivent respecter certains critères dont la présence à l’école, l’effort à l’école et un bon comportement», explique l’entraîneur.

La motivation des jeunes à l’école augmente ainsi considérablement. «Les jeunes embarquent sur la glace, ils se disent qu’ils peuvent s’amuser parce qu’ils l’ont mérité par leur travail en classe», ajoute-t-il.

Il reçoit même des témoignages d’anciens participants dont celui de Kyle Aitchison, aujourd’hui étudiant en ingénierie au Collège John Abbott. Dans une lettre envoyée à la mi-janvier à son ex-entraineur, il assure que cette période de sa vie lui a permis d’apprendre «le travail acharné, la persévérance et le courage d’affronter les difficultés».

«C’est tellement simple [comme méthode], fait valoir Joé Juneau. Mais il faut juste permettre aux intervenants de mettre en oeuvres ces programmes.»

L’entraîneur, qui s’est fait couper la moitié de son financement pour le NYHDP, soit 900 000$ annuellement, regrette en effet la rigidité des hauts dirigeants à l’égard des programmes d’aide à la persévérance scolaire.

«Je trouve ça très compliqué avec les commissions scolaires. Dans Portneuf [où il a implanté un programme similaire il y a 2 ans], on a besoin de 100 000$, sur leur budget de 71M$, mais on nous le refuse, en nous disant qu’ils ont des bâtisses à gérer. Voyons, vous avez juste besoin d’ajuster quelques colonnes et les résultats pour les jeunes sont formidables», s’indigne-t-il.

L’ex-joueur de la LNH souhaite que les hautes autorités soient plus décisives quant aux programmes d’aide aux jeunes. «Le ministre de l’Éducation, un moment donné il faut qu’il mette son poing sur la table pour dire que c’est par-là qu’on s’en va, on investi là-dedans parce que ça marche», souffle Joé Juneau.

Financement coupé

Quand on aborde avec lui le financement de son programme au Nunavik qui a été coupé de moitié par le fonds Ungaluk, Joé Juneau se dit bien attristé. «Je l’ai annoncé en personne à certains jeunes et j’ai vu leur regard déçu», se souvient l’entraîneur.

Le volet récréatif du programme sera conservé, mais le volet compétitif, qui permettait d’envoyer les meilleurs jours dans des tournois internationaux, sera aboli, faute de moyens. «C’est comme si on demandait à tous les jeunes les plus méritants, les plus travaillants et les plus talentueux de juste jouer au niveau récréatif. C’est niveler vers le bas. Ce n’est pas comme ça qu’on construit une société forte», critique M.Juneau.

Il se rappelle que le fonctionnaire venu évaluer le programme, l’an dernier, afin de renouveler la subvention, n’est resté que «2 ou 3 heures maximum» avec le groupe. «Ce n’est pas vrai qu’on peut tirer une conclusion à partir de ça. Je crois qu’il y a un manque de compréhension et de volonté», déplore l’entraîneur.

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