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Trop de poids sur le deuxième bulletin, déplore la Fédération autonome de l’enseignement

Le ministre Roberge avance plutôt pour sa part que cette pondération donnera une chance aux élèves en difficulté de se rattraper.
D'élever la pondération du deuxième bulletin à 65% pourrait mettre «beaucoup trop de pression sur les élèves et sur le personnel enseignant», juge la FAE. (photo d'archives)
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D'élever la pondération du deuxième bulletin à 65% pourrait mettre «beaucoup trop de pression sur les élèves et sur le personnel enseignant», juge la FAE. (photo d'archives)

Puisque les taux d’échec au secondaire sont comparables à ceux de l’an dernier, la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) se questionne à savoir pourquoi le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a effectué un changement dans la pondération des deux étapes.

M. Roberge a annoncé mercredi que le premier bulletin, qui était censé valoir 50%, vaudra maintenant 35% et le deuxième 65%.

«Les élèves ont fait 55% de l’année qui va valoir 35%. Et les 45% restants vont peser pour 65% de la note. On essaie de comprendre ce qui a guidé le ministre», a indiqué le président de la FAE, Sylvain Mallette, en entrevue jeudi.

“Ce n’est pas rien en période de pandémie. Le ministre ne fait pas baisser la pression.”

- Sylvain Mallette, président de la FAE

La FAE avait pour sa part suggéré une répartition de la pondération de l’ordre de 45%-55% ou de 40%-60%.

Avec une valeur de 65% ainsi accordée à la dernière étape, le syndicat représentant 49 000 enseignantes et enseignants trouve que le ministre fait porter au deuxième bulletin un poids élevé. Elle craint que cette décision mette «beaucoup trop de pression sur les élèves et sur le personnel enseignant». «Ce n’est pas rien en période de pandémie. Le ministre ne fait pas baisser la pression», a estimé M. Mallette.

Le ministre Roberge a affirmé sur les ondes de la station de radio FM93 que la pondération avait été choisie après avoir consulté une trentaine d’acteurs.

Il a aussi expliqué que des élèves qui réussissaient bien l’an dernier ont connu des difficultés lors de la première portion de l’année scolaire pour plusieurs raisons en lien avec la pandémie. La pondération de 65% donnera une chance à ces derniers de se rattraper, selon lui.

La FAE fait valoir que les bouleversements dus à la pandémie pourraient de nouveau survenir. Davantage de classes pourraient être fermées advenant une transmission plus élevée de la COVID-19, notamment avec l’arrivée des variants.

Le syndicat fait aussi remarquer que la motivation des élèves du secondaire baisse en fin d’année scolaire. La FAE rappelle que «le retour du beau temps a malheureusement souvent raison de l’assiduité des élèves en classe, particulièrement au secondaire».

De la pression des directions?

Mercredi, le ministère de l’Éducation a dévoilé que les taux d’échec des élèves au secondaire étaient assez semblables à ceux de l’année précédente. Le portrait du ministère était moins sombre que les chiffres rapportés par la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE).

La FAE demandera d’avoir accès à toutes les données qui ont permis cette compilation du ministère de l’Éducation. Elle croit que les écoles privées sont surreprésentées dans l’échantillonnage.

M. Mallette allègue aussi que certaines directions d’établissement ont incité des enseignants à rehausser les notes de leurs élèves. Il affirme que certains enseignants auraient subi des pressions pour ne pas donner de notes en bas de 55%.

La FAE indique avoir reçu des plaintes de ses membres en ce sens et avoir vu des courriels de directions. Elle demeure prudente quant à l’ampleur de ces allégations et mènera une consultation auprès de ses membres pour en savoir plus, notamment si cette incitation à rehausser les notes a touché plus le primaire ou le secondaire.

Le syndicat affirme avoir alerté le ministre Roberge, il y a quelques semaines. Le cabinet de ce dernier avait exprimé son désaccord envers des opérations qui serviraient à camoufler la vérité, a signalé M. Mallette.

La FAE avait demandé au ministre d’envoyer une communication écrite au réseau et d’en obtenir une copie. Jeudi après-midi, elle ne savait toujours pas si cela avait été fait.

Le ministre Roberge a pour sa part indiqué qu’il ne pensait pas que les taux de réussite avancés dans la compilation du ministère de l’Éducation soient gonflés.

«Je pense qu’il y a des enseignants qui ont utilisé leur marge de manoeuvre pour évaluer les notions les plus importantes dès le début de l’année. [...] Il peut y avoir eu des ajustements dans l’évaluation. Mais je pense qu’on peut voir ses chiffres comme quelque chose d’encourageant», a mentionné M. Roberge en entrevue au 93,3 FM.

La FQDE n’a pas souhaité réagir aux annonces de mercredi ni aux allégations de la FAE.

Le ministre Roberge a reconnu mercredi que même si les taux d’échec n’étaient pas aussi alarmants que certains le prédisaient, il y a tout de même du rattrapage à faire.

Il donnera entre autres prochainement des détails sur le programme de tutorat qui sera proposé pour accompagner les élèves en difficulté.

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