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Robson Fries : premier repère des amateurs de poutine à Tokyo

Robson Fries Shimokitazawa
Robson Fries Shimokitazawa

Tokyo est la ville qui compte le plus de restaurants étoilés dans le monde. C’est pourtant avec de la poutine que l’entrepreneur japonais Yuta Fujino compte séduire les Tokyoïtes.

Avec sa casquette de sport Volcom et son visage rond et enfantin, Yuta Fujino a plus l’air d’un grand adolescent que d’un restaurateur. À 28 ans, il est pourtant le propriétaire du Robson Fries, le premier et seul restaurant de poutine de Tokyo. C’est lors d’un séjour à Vancouver en 2008, où il espérait immigrer, que le jeune entrepreneur a goûté la spécialité québécoise pour la première fois. Un an plus tard, il était déjà de retour à Tokyo pour ouvrir sa propre poutinerie.

« J’ai tout de suite été surpris par la combinaison frites, fromage et sauce brune. Nous n’avons pas ces genres de goûts au Japon. La sauce brune n’est pas connue ici. Les gens me demandent d’ailleurs si c’est sucré comme du sirop d’érable », explique-t-il d’emblé.

Gagner le cœur des Tokyoïtes

Le petit restaurant de Yuta Fujino, qui arbore fièrement le drapeau canadien, sert les habitants de Shimokitazawa, un quartier calme et bohème où se côtoient friperies, cafés pittoresques et bars branchés, depuis 2012.

« Il y a tellement de sortes de restaurants à Tokyo. C’est très difficile de trouver quelque chose de nouveau. La poutine par contre, ca c’est nouveau et tout le monde aime les frittes et le fromage» explique-t-il, amusé.

Accoudées au comptoir du restaurant, Mana et Miko goûtent la poutine au poulet pop corn du Robson Fries pour la première fois. Les deux jeunes femmes dans la vingtaine sont venues à Shimokitazawa dans le simple but d’essayer la poutine du Robson Fries. « Nous avons entendu parler du restaurant à la télévision. Nous ne savions pas qu’il s’agissait d’un célèbre plat Canadien. C’est très bon », affirme Miko entre deux bouchées.

Le restaurant n’a cependant pas eu le succès escompté dès son ouverture. Yuta, qui n’avait jamais travaillé en restauration auparavant, a dû créer ses propres recettes et s’ajuster aux goûts locaux.

« La première année a été difficile puisque les gens ne connaissaient pas la poutine. Elle est d’ailleurs un peu plus dispendieuse que ce que l’on trouve en général en restauration rapide à Tokyo. Il a également fallu remplacer le fromage qui fait squick squick par un fromage râpé japonais, parce que les Japonais n’aiment pas sa texture et qu’il coûte trop cher à importer », explique Yuta Fujino.

Voyage au Québec

Pour Yuta Fujino, rester fidèle à la poutine québécoise est cependant une priorité. L’année dernière, le chef de son restaurant et lui se sont d’ailleurs offert un voyage culinaire à Montréal pour goûter les meilleures poutines de la ville. Son menu propose aujourd’hui sept sortes de poutines inspirées de son voyage au Québec : jalapeño, roastbeef, saucisses, trois champignons, boulettes de viande, poulet pop corn et classique.

« J’essaie de faire en sorte que ma poutine goûte et ressemble le plus possible à celle que l’on trouve à Montréal », assure Yuta Fujino.

Sa poutine préférée? Celle du restaurant Patati Patata.

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