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Prix du pétrole: pourquoi la Russie ne s'enlisera pas dans la crise?

La chute des prix du pétrole a comme objectif inavoué de détruire économiquement la Russie

Dans mon billet intitulé Prix du pétrole: une stratégie géopolitique de destruction économique?, je mentionnais que «l'incertitude sur les prix du pétrole provoque beaucoup d'incertitudes sur les marchés et dans les pays exportateurs de pétrole». Par ce présent article, je me dois de compléter mon analyse.

La chute des prix du pétrole a comme objectif inavoué de détruire économiquement la Russie et de mettre les bâtons dans les roues au président Poutine dans ses tentatives de reconquête des anciens pays alliés à la Fédération de Russie. Comment penser autrement quand on sait que le pétrole est au cœur de l'économie russe et qu'une baisse du pétrole entraînerait une baisse des rentrées en devises étrangères du pays. Les marchés ont donc anticipé un défaut de paiement du pays. Malgré une intervention de la banque centrale russe, la pression spéculative sur la monnaie n'a pas faibli. En effet, pour les investisseurs, le défaut de paiement était inévitable comme en 1998.

L'Arabie Saoudite avait déjà inondé les marchés de pétrole dans les années 80. Le prix du baril avait à l'époque plongé sous la barre des 10 dollars. L'objectif était de détruire économiquement l'Iran en maintenant une pression sur ses revenus pétroliers afin de chasser les mollahs du pouvoir avec le soutien des américains. Force a été de constater que cela n'a fait que renforcer les pouvoirs des mollahs qui se sont maintenus au pouvoir.

Cette nouvelle crise inquiète la Chine qui s'inquiétait déjà des tentatives américaines de l'isoler sur les plans économique et diplomatique, comme l'accord de partenariat transpacifique. Elle n'a donc pas intérêt à voir la Russie s'effondrer littéralement avec la chute des prix du pétrole. Elle peut se permettre de venir en aide sans condition le cas échéant à la Russie pour soutenir son économie. En effet, avec ses réserves de devises étrangères dépassant les 3800 milliards de dollars, elle a largement de quoi rembourser toutes les dettes russes qui viendraient à échéance. Il est très fort à parier que cela n'arriverait jamais, car le soutien discret de la Chine découragerait toutes tentatives de vouloir continuer à spéculer sur un défaut de paiement de la Russie. Toutefois, même si cela devrait arriver, la Russie devrait compter sur le soutien indéfectible de la Chine. Il est donc peu probable que le pays s'enlise dans une crise profonde.

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