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Ramenons le crucifix

Une seule plainte a suffi pour que la direction de l'hôpital Saint-Sacrement à Québec plie les genoux et retire le crucifix installé dans son hall d'entrée depuis 90 ans.

Une seule plainte a suffi pour que la direction de l'hôpital Saint-Sacrement à Québec plie les genoux et retire le crucifix installé dans son hall d'entrée depuis 90 ans.

Cette affaire prend de l'ampleur depuis une semaine et la direction du centre hospitalier (affilié au CHU) tente maladroitement de la justifier.

Le parallèle que l'on a fait avec le cas de la prière au conseil municipal à Saguenay, cause portée en Cour suprême, ne tient pas la route. Il y a une différence entre une prière, avant une assemblée publique, et un simple crucifix qui ne dérange personne dans un hall d'entrée.

Les interminables débats sur la laïcité et la neutralité de l'État ont démontré éloquemment que le législateur souhaite protéger la place du patrimoine religieux. Le crucifix à l'Assemblée nationale a survécu.

Le projet de loi 62 qui porte sur la neutralité et les accommodements raisonnables, toujours à l'étude à Québec, est clair: «les mesures prévues par la présente loi ne peuvent être interprétées comme ayant un effet sur les éléments emblématiques ou toponymiques du patrimoine culturel du Québec, notamment du patrimoine culturel religieux, qui témoignent de son parcours historique».

L'hôpital Saint-Sacrement fait valoir maintenant le fait, s'appuyant sur la Commission des droits de la personne, qu'un symbole religieux accroché au mur puisse revêtir un caractère contraignant dans une institution avec «une clientèle captive».

Le hall d'entrée d'un hôpital est sûrement le dernier endroit où l'on souhaite s'attarder au point de devenir captif.

Le hall d'entrée d'un hôpital est sûrement le dernier endroit où l'on souhaite s'attarder au point de devenir captif.

Au contraire, combien de malades ou de visiteurs, depuis 1927, ont trouvé un certain réconfort en tournant les yeux vers ce Christ en croix?

François Blais, ministre responsable de la Capitale nationale, n'a pas hésité la semaine dernière à dénoncer cette «erreur» et demandé au centre hospitalier de replacer le crucifix.

La direction de l'hôpital Saint-Sacrement manque de respect envers les sœurs de la Charité qui ont fondé cette institution en leur retournant ce crucifix.

Que l'on soit pratiquant, ou non, on ne peut rester insensible devant cette volonté d'effacer une partie de notre passé. Une seule plainte et on oublie d'où l'on vient. Où cela va-t-il s'arrêter?

La crise des accommodements raisonnables, qui a secoué le Québec, tenait souvent au fait que des cadres, des directions, n'ont pas su rejeter des demandes déraisonnables. On se tourne par la suite vers le gouvernement pour faire prévaloir le gros bon sens où se donner une colonne vertébrale.

Il faut dénoncer cet aplaventrisme navrant qui a pour conséquence d'effacer, à petites doses, notre histoire collective.

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