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Abandon de la réforme électorale: le fédéral voulait éviter les partis «extrémistes», dit Bill Morneau

La réforme électorale hante le ministre des Finances jusqu’à New York.

OTTAWA – Le ministre fédéral des Finances a justifié la décision de son gouvernement d’abandonner la réforme électorale promise en disant vouloir éviter que des « partis potentiellement extrémistes » fassent leur entrée au Parlement.

Bill Morneau était de passage à une discussion publique organisée par la School of International and Public Affairs de l’Université Columbia à New York, mardi après-midi, pour répondre aux questions des étudiants sur les relations entre le Canada et les États-Unis. Mais la toute dernière intervention est ressortie du lot.

Un Montréalais dénommé Andrew, qui a admis avoir voté pour les libéraux lors des dernières élections, lui a demandé pourquoi son gouvernement a laissé tomber sa promesse de réformer le mode de scrutin.

« Au moment où la démocratie est en crise autour du monde, n’est-ce pas une occasion manquée de la part du Canada d’agir comme un leader sur la scène internationale? » a demandé l’étudiant au ministre.

Si M. Morneau a reconnu qu’il s’agissait d’une « discussion importante », il a défendu la décision de ses pairs de ne pas donner suite aux consultations à ce sujet sous prétexte qu’un « noyau, un petit groupe de Canadiens est passionnément attaché à cette cause ».

« Mais nous […] sommes venus à la conclusion que les référendums n’avaient pas été de notre point de vue très fructueux dans les 12 derniers mois à travers le monde, en considérant aussi le défi de potentiellement exposer notre système à des partis [politiques] potentiellement extrémistes et si c’était quelque chose qui allait être utile dans le climat politique actuel. »

Son directeur des communications, Daniel Lauzon, n'a pas voulu dire si M. Morneau faisait référence au Brexit en parlant des référendums peu « fructueux » de la dernière année. Les citoyens du Royaume-Uni ont décidé de quitter l’Union européenne en juin dernier avec près de 52% des voix.

« Les commentaires étaient d’ordre général, pas sur un processus particulier », s'est contenté de répondre M. Lauzon.

Trudeau en avait déjà parlé

Ce n’est pas la première fois que les libéraux disent qu’un scrutin proportionnel favoriserait les voix « extrémistes ». Le premier ministre Justin Trudeau l’avait déjà mentionné lors de sa tournée pancanadienne, au début de l’année.

« Pensez-vous que [la candidate à la direction du Parti conservateur] Kellie Leitch devrait avoir son propre parti? » avait demandé le premier ministre à une citoyenne d’Iqaluit.

« Parce que si vous avez un parti qui représente les voix marginales… ou la périphérie de nos perspectives et qu’ils ont 10, 15, 20 sièges aux Communes, ils finiront par obtenir la balance du pouvoir. »

Après son passage à New York, le ministre Morneau se rendra à Washington pour rencontrer son homologue, le secrétaire du Trésor américain Steven Mnuchin.

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