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René Simard : encore un brin de naïveté

Période faste pour René Simard, dont l’emploi du temps jumelle ces temps-ci le début de la tournée Nouveau rêve et les répétitions de la comédie musicale Mary Poppins, qui tiendra l’affiche du Théâtre St-Denis à compter du 15 juin.

En fait, l’homme est occupé à un point tel que ses projets se confondent dans la tête des gens. René a abondamment parlé, notamment lors de son récent passage à Tout le monde en parle, du fait que sa fille Rosalie dansera avec lui dans son nouveau spectacle. Or, c’est dans son tour de chant en solo, Nouveau rêve, que Rosalie accompagnera son papa, et non dans Mary Poppins. Plusieurs personnes ont en effet dit à René Simard qu’elles comptaient aller les applaudir, sa fille et lui, dans la mégaproduction estivale de Juste pour rire, une méprise qui a bien fait rigoler le principal intéressé.

On aura l’occasion de reparler de Mary Poppins prochainement mais, cette semaine précisément, c’est vraiment l’aventure Nouveau rêve qui emplit l’esprit de René Simard. Ce concert, que l’artiste qualifie de «douce folie», arrive un an après la sortie de son album du même titre, et marque surtout le retour sur scène de René Simard, le chanteur, après 25 ans loin des salles québécoises. «25 ans, minimum», avance-t-il d’un ton rieur, paraphrasant Hi! Ha! Tremblay.

«Si on m’avait dit, quand j’avais neuf ans, que je repartirais en tournée à 55 ans, je ne l’aurais pas cru, s’esclaffe René. Ou j’aurais cru que j’allais le faire en marchette! (rires) C’est un grand privilège. Je ne prends rien pour acquis. Ce que je souhaite, avec cette tournée, c’est de m’amuser.»

«J’avais le goût de renouer avec le public, reprend René. De là à dire que je suis téméraire, peut-être. Mais j’ai encore un brin de naïveté! (rires)».

Il se réjouit d’ailleurs d’avoir la chance de jouer dans des petites, moyennes et grandes salles, et de pouvoir également partir en roadtrip avec sa «Marie», son épouse, Marie-Josée Taillefer, qui sera toujours à ses côtés sur la route.

Verre à moitié plein

La chorégraphe Geneviève Dorion-Coupal et le co-concepteur et script-éditeur Daniel Langlois épaulent René à la mise en scène et la scénographie de son enchaînement, qui s’annonce généreux, avec du matériel récent, de «vieilles» chansons (oui, L’oiseau, Comment ça va et La vie chante y seront), des pièces de comédies musicales auxquelles il a participé et quelques reprises.

Histoire d’être au meilleur de sa forme pendant son périple, René Simard s’est astreint à un régime draconien depuis les Fêtes, a cessé de boire de l’alcool, a alterné séances de musculation et d’aérobie, et est parvenu à perdre 30 livres.

«Pour prouver le respect que j’ai envers les gens, explique-t-il. Je trouve que c’est un privilège, que les gens se déplacent et paient pour venir nous voir. C’est pour ça que je me suis remis en forme. Ce n’est pas juste une question de perte de poids, c’est d’être bien physiquement. Si tu es bien physiquement, tu vas l’être psychologiquement. Ça va de soi.»

Sitôt vient l’inévitable question lorsqu’on écoute René Simard détailler le programme de Nouveau rêve : ne commence-t-il pas à être lassé d’interpréter encore et encore L’oiseau et autres classiques qui l’ont rendu populaire… il y a 45 ans? Après tout, le petit garçon d’hier a bien grandi…

«Je me demandais si j’allais être tanné de les faire sur scène (rires). Mais la réaction des gens est tellement le fun, que je me dis : «Mon Dieu, il n’aurait pas fallu que je ne les fasse pas!» (rires) J’ai énormément de plaisir. Moi, je suis là pour faire plaisir aux gens et, s’ils sont heureux d’entendre ces chansons, je suis content de les faire. Les gens se rappellent toutes sortes de souvenirs. Souvent, après le show, je vais rencontrer les spectateurs, et chacun a une histoire différente à raconter. C’est très touchant.»

«J’ai une façon de chanter L’oiseau, aujourd’hui, qui est particulière, indique-t-il aussi. Je pense avoir eu une bonne idée. C’est un spectacle un peu hétéroclite. Quand tu chantes Comment ça va et Le fantôme de l’opéra dans la même soirée, c’est vraiment un voyage musical à tous les niveaux. Il y a un peu de country, de rock. C’est mon univers musical. J’aime toutes sortes de choses.»

Or, qu’importe le temps qui passe, une chose ne change pas chez René Simard : l’amour. L’amour qu’il voue aux siens, à son métier, à la vie. Cette bonne humeur légendaire qu’il ne feint pas et qui, il ne le répétera jamais assez, lui a permis de surmonter dignement les écueils que le destin a placés sur son chemin.

«Moi, j’ai choisi d’être heureux. De voir le verre à moitié plein, et non à moitié vide. Dans tout ce que je vis, même si c’est négatif, j’extirpe le côté positif, pour m’aider à me propulser encore plus loin. Il y a toujours quelque chose à comprendre dans une épreuve. Si tu ne fais que dire «pourquoi moi?», tu n’iras pas loin. On ne me changera pas, je suis fait comme ça. Peu importe ce qui arrive, j’ai toujours adoré la vie, même si toutes sortes de choses nous frappent en arrière de la tête. Je suis un amoureux de la vie, et j’essaie de comprendre sa complexité ; des fois, c’est simple, d’autres fois, ça l’est moins…»

Noble tâche

Certes, il lui a parfois fallu prendre un certain recul face à ce métier qui l’a généralement choyé, mais qui ne lui a pas épargné quelques tempêtes, comme tout le monde le sait. Mais les remises en question n’ont jamais fait partie de son plan de vie. Quand ça n’allait pas, l’homme allait voir ailleurs s’il y était, en explorant notamment les coulisses de la télévision, comme concepteur ou directeur au contenu (il a notamment bossé sur Un air de famille), et en consacrant ses énergies à la mise en scène de pièces d’envergure (Night Fever, Motown, Dalida, Elvis Story). Il a aussi effectué un arrêt de trois ans au Cirque du Soleil.

Aujourd’hui, si l’industrie de la musique ne ressemble plus du tout à celle qui lui a ouvert les bras dans sa prime jeunesse, il ne s’en torture pas outre mesure.

«J’ai entendu Marc Dupré dire en entrevue qu’il faut maintenant vendre les albums un par un, en faire la promotion. Les plateformes ont éclaté. Ce n’est plus comme il y a 20 ans. Les réseaux sociaux ont pris beaucoup de place, et c’est tout à fait normal. Maintenant, la radio n’est plus nécessairement un gage de réussite. Il y a des artistes qui jouent beaucoup à la radio, mais qui ne vendent pas nécessairement beaucoup de disques, et il y a des phénomènes comme les Sœurs Boulay, qu’on entend peu à la radio mais dont les disques sont très populaires.»

«On ne peut pas plaire à tout le monde non plus, ajoute René Simard. Il y en a qui ont la culture populaire pas mal loin dans le cerveau! Moi, j’aime cette facette. J’aime avoir cette noble tâche, de divertir les gens. Moi aussi, j’ai mes problèmes, mais quand je donne mes shows, j’aime propager le bonheur, et ça me fait du bien à moi aussi. C’est une thérapie de groupe! (rires)»

René Simard présentera le spectacle Nouveau rêve à Montréal, à la Salle Pierre-Mercure, ce mercredi, 20 avril, et samedi, 23 avril. Il s’arrêtera à la Salle Albert-Rousseau, à Québec, le 9 mai. Toutes les dates de son calendrier sont disponibles au www.evenko.ca. Vous pourrez lire notre critique jeudi matin sur le site du Huffington Post Québec.

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