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Rentrée collégiale: certains cégeps se vident, d'autres débordent

Radio-Canada

C'est la rentrée ces jours-ci dans la plupart des cégeps. Ils sont près de 180 000 étudiants. Mais alors que certains collèges débordent, d'autres pourraient se vider. Surtout en région, mais pas uniquement. Dans la banlieue éloignée, on s'attend aussi à d'importantes baisses, les étudiants préférant les grands centres.

En Montérégie, le cégep de Sorel-Tracy devrait perdre 15 % de sa clientèle d'ici 2027, selon le rapport Demers sur l'avenir des cégeps. La baisse serait ainsi similaire à celle appréhendée dans les cégeps de la Gaspésie et de la Côte-Nord.

La survie des cégeps préoccupe la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), qui a décidé d'en faire sa priorité, et d'entreprendre une tournée du Québec auprès des acteurs régionaux pour proposer et trouver des solutions.

« Si le gouvernement ne met aucune mesure en place et qu'on laisse les salles de cours en régions se vider pendant qu'on laisse les salles de cours dans les grands centres se remplir, il y a des programmes dans les régions qui vont devoir fermer, et potentiellement des cégeps », plaide le président de la FECQ, Alexis Tremblay.

Un problème qui va s'accentuer

Le problème n'est pas nouveau, mais il devrait s'accentuer dans les prochaines années avec la baisse du nombre de jeunes en âge de fréquenter les cégeps.

« Lorsqu'un cégep perd des étudiants, il perd aussi du financement. Lorsqu'un cégep perd du financement, il a moins de moyens pour développer des programmes, pour offrir des services, et devient donc moins attrayant. C'est une espèce de cercle vicieux qui se continue », dit Alexis Tremblay.

La directrice du cégep de Sorel-Tracy, Fabienne Desroches, travaille depuis dix ans à trouver le moyen de garder son établissement vivant. Elle s'est attelée à mieux faire connaître l'établissement et à ouvrir des programmes qui ne sont pas offerts dans les régions environnantes. Elle a ainsi réussi à stopper l'hémorragie. Son nombre d'étudiants augmente lentement, mais sûrement. Elle sait cependant qu'elle pourra difficilement échapper à la baisse d'étudiants de 2020.

« Il faut être dans un collège de région pour voir à quel point on est un opérateur économique, comment on est un agent de développement. Et si ça s'en va, ça change énormément la donne économique et socioculturelle d'une région », soutient Mme Desroches.

Selon Pierre Girouard, premier vice-président de la Fédération des enseignants de cégeps (CSQ), la concurrence entre les cégeps est moins féroce qu'avant. « Il y a de la compétition entre les collèges, mais le pire de cet aspect est peut-être passé. Il y a une prise de conscience qui se fait ».

À preuve, dit-il, les acteurs du milieu se sont déjà rencontrés pour parler de la problématique et des solutions. Par exemple mieux coordonner le partage des programmes pour que chaque cégep reste viable. Le syndicat de M. Girouard a aussi proposé que des incitatifs financiers soient offerts aux jeunes qui souhaitent étudier loin de chez eux, en dehors des grandes villes.

Ces mesures s'apparentent d'ailleurs à ce que propose la FECQ.

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