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Modérer l'usage des réseaux sociaux pour renouer avec la vraie vie

Je crois que la modération est sans doute la voie qui nous permet, en matière de réseaux sociaux et pour tout type de plaisirs, de garder un esprit sain dans un corps sain.
J’ai eu le sentiment de renouer avec mon cerveau d’avant internet.
Cavan Images via Getty Images
J’ai eu le sentiment de renouer avec mon cerveau d’avant internet.

Si vous m'aviez vue chaque matin il y a encore quelques semaines, dès le réveil j'allumais mon téléphone pour consulter mes comptes Facebook et Instagram et prendre ainsi des nouvelles de mes amis et m'informer de l'état du monde en lisant les titres des journaux.

Si vous m'aviez vue! À la moindre occasion dans la journée, je cliquais d'un doigt sur mon compte Facebook dès que j'avais un instant et, en fin de journée, comment je me laissais aller à commenter, liker, adorer les publications de mes amis et à partager avec eux mes pensées, mes photos ou des messages positifs quotidiennement... et pendant des heures.

Au lieu d'être pleinement avec mon fils et mon mari, je regardais régulièrement si mes publications avaient touché ou fait rire mes amis.

Et puis j'ai réalisé que je voulais me désintoxiquer de cette dépendance qui me faisait perdre beaucoup de temps et qui m'empêchait d'être pleinement avec ceux que j'aime le plus au monde.

J'ai donc commencé par désinstaller les applications de Facebook et d'Instagram de mon téléphone, histoire de ne plus y accéder trop facilement.

J'ai profité des vacances d'hiver pour décrocher tranquillement des réseaux sociaux en n'y jetant un coup d'œil rapidement, que deux fois par semaine, et je peux vous assurer que dès lors, ma vie a changé.

J'ai eu le sentiment de renouer avec mon cerveau d'avant internet.

Dans un premier temps, moi qui n'aime pas être seule trop longtemps, la présence virtuelle de mes nombreux amis et leurs publications m'ont manqué. Mais dès que je sentais que j'avais envie de me rendre sur Facebook, je compensais par une autre activité qui me faisait plaisir comme la lecture ou écouter de la musique.

Mon bilan après deux semaines d'usage beaucoup plus modéré des réseaux sociaux?

Le matin, je me réveille et je prends tranquillement le petit déjeuner avec mon fils et mon mari. Je n'allume plus mon téléphone dans un premier réflexe. Une bonne heure après mon réveil, je l'allume pour consulter mes messages et lire le journal.

Quand j'ai un moment dans la journée, j'envoie des textos à mes amis et à ma famille pour prendre de leurs nouvelles et leur proposer de les voir dans la vraie vie.

Je lis des romans et des livres pendant des périodes beaucoup plus longues et j'écoute de la musique plus longtemps. Il me semble que je renoue avec des activités qui me procurent beaucoup de plaisir, comme cuisiner.

Pendant ma déconnexion, j'ai pratiqué la marche pendant des heures en bord de mer, j'ai pu prendre du recul, mettre mon cerveau au repos et, en même temps, j'ai pu poser sur le papier mes nouveaux objectifs à atteindre et j'ai pris des initiatives pour les réaliser.

Plutôt que d'être spectatrice de la vie des autres et du fracas du monde, je suis devenue une locomotive plutôt qu'un wagon et j'ai pris ma vie en main.

Le soir, avec mon fils et mon mari, nous avons regardé des films à la télé sans être le nez rivé sur nos téléphones, nous avons regardé des matchs de foot et des documentaires. J'ai vraiment eu le sentiment d'avoir été pleinement avec eux.

Le principal bilan que je fais est d'avoir renoué avec la vraie vie et donné la priorité à ceux que j'aime.

Les réseaux sociaux offrent une image parfois fausse de la vie d'autrui et nous incitent à vouloir nous comparer aux autres, à vouloir nous exposer et à rechercher l'approbation, voire l'amour et l'affection de notre communauté virtuelle. C'est pourquoi les plus fragiles d'entre nous peuvent tomber dans la dépendance à ces réseaux.

Enfin, le bilan de mon décrochage des réseaux sociaux a été très positif, j'ai partagé de bons moments en famille et avec mes amis, j'ai retrouvé beaucoup d'énergie, j'ai été plus efficace dans ce que je faisais et, d'après mes proches, j'ai même été plus calme et plus sympa!

C'est pourquoi je crois que la modération est sans doute la voie qui nous permet, en matière de réseaux sociaux et pour tout type de plaisirs, de garder un esprit sain dans un corps sain.

Alors, sans les quitter en jurant qu'on ne m'y reprendrait plus, j'ai décidé de continuer à modérer mon usage des réseaux sociaux même si je dois avouer que c'est grâce à eux que je peux partager mes réflexions avec vous comme une amie de longue date, et ça, je ne suis pas prête à y renoncer!

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