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Un statut spécial pour la société distincte britannique

Lors du sommet tenu à Bruxelles les 18-19 février, le premier ministre britannique, David Cameron, a obtenu d'autres concessions qui confirmeront le statut spécial de son pays.

Pour toute personne qui, comme moi, se passionne pour le destin de l'Europe, les dérives de l'Union européenne sont préoccupantes. Elle compte dorénavant 500 millions de citoyens répartis dans 28 pays, dont 13 nouveaux membres depuis 2004. Cet agrandissement s'est produit sans approfondissement cohérent. Le rejet du traité constitutionnel en 2005 a débouché sur un compromis qui peine à sauver les meubles, le Traité de Lisbonne. Les problèmes sont profonds: le désintérêt des populations, l'absence d'une sphère publique européenne, des processus décisionnels lourds pour gérer la normalité, et en temps de crise les responsables de l'Union doivent décider en petit comité avec les dirigeants de l'Allemagne et de la France.

En 2015-2016, les défis sont urgents et nombreux: les soubresauts de la crise financière affectant la stabilité de la zone Euro, le statut incertain de la Grèce, les pressions de la Russie sur l'Ukraine, la crise des réfugiés, la montée du national-populisme à l'est comme à l'ouest, la crise de gouverne en Espagne, conjuguée au malaise catalan. Et maintenant les Britanniques en remettent avec la tenue, le 23 juin prochain, d'un référendum sur le principe même de leur présence dans l'Union européenne.

À maints égards, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, entré dans le Marché commun européen en 1973, représente une société distincte au sein de l'Union: avec sa forte livre sterling il reste à l'écart de la zone Euro, ne participe pas davantage à l'espace Schengen réglementant les contrôles frontaliers, tout en bénéficiant de plusieurs exceptions dans l'organisation budgétaire.

Lors du sommet tenu à Bruxelles les 18-19 février, le premier ministre britannique, David Cameron, a obtenu d'autres concessions qui confirmeront le statut spécial de son pays: le gel pour une période de 7 ans des avantages sociaux des citoyens européens travaillant au Royaume-Uni; des dispositions protégeant le statut de Londres, comme centre autonome des marchés financiers; des ajustements au calcul des allocations familiales pour les enfants demeurés dans le pays d'origine de citoyens européens travaillant au Royaume-Uni; et finalement, au pays des symboles, la reconnaissance formelle que le Royaume-Uni n'est pas engagé dans une dynamique toujours plus étroite d'intégration au sein de l'Union européenne.

Rester, ou partir? «Remain», or «Leave», comme cela sera écrit sur les bulletins de vote? L'option de rester est légèrement en avance dans les sondages, mais rien n'est gagné. Six ministres du gouvernement conservateur de David Cameron feront campagne pour l'option du retrait. Le charismatique maire de Londres, Boris Johnson, aspirant à la succession de Cameron, fera de même. L'Écosse dirigée par la très populaire Nicola Sturgeon est très fortement pro-européenne. Un autre conseil européen sur la crise des migrants aura lieu à la mi-mars. Des élections suivront au pays de Galles, en Irlande du Nord et en Écosse le 5 mai.

Le Royaume-Uni et l'Europe vivent un carrefour important. La nervosité va monter dans les prochaines semaines. Pourquoi rester ensemble avec les autres Européens, se demandent les Britanniques? Que devrions-nous partager avec eux? La réflexion est commencée.

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