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14 sociétés d'État dépensent des dizaines de milliers de dollars dans un club privé

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Les sociétés de la Couronne et les ministères fédéraux dépensent chaque année des dizaines de milliers de dollars au Rideau Club d'Ottawa, un lieu de rencontre huppé fréquenté par les classes dirigeantes des milieux des affaires et de la politique.

Selon des documents déposés à la Chambre des communes, les sociétés de la Couronne qui disposent de mandats d’affaires trônent au sommet de la liste des clients les plus dépensiers.

Le Rideau Club, qui a déjà été l’endroit de prédilection pour rencontrer des dirigeants du monde des affaires et des mandarins de l’État, a vu sa popularité décliner sous le gouvernement du premier ministre Stephen Harper. La popularité du club a reculé au moment où les dépenses des fonctionnaires ont commencé à faire l’objet d’une attention particulière.

Niché au sommet d’un gratte-ciel du centre-ville d’Ottawa, l’onéreux club privé est toujours populaire auprès des lobbyistes et des professionnels des relations gouvernementales, qui y invitent souvent les députés à des réceptions données par diverses industries.

Au total, 14 sociétés d’État ou ministères ont déclaré avoir dépensé de l’argent public au Rideau Club au cours de la période étudiée. Ils ont payé plus de 111 000 $, mais la majorité des ministères n’y ont jamais dépensé un cent.

Les sociétés défendent leurs dépenses en invoquant la confidentialité et le besoin de divertir des dignitaires étrangers et des cadres supérieurs d’entreprises.

Les dépenses des sociétés et ministères au Rideau Club:

  • Corporation commerciale canadienne : 13 069,51
  • Société d'assurance-dépôts du Canada : 12 084,73
  • Exportation et Développement Canada : 11 822,97
  • Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie du Canada : 5547,86
  • Banque de développement du Canada : 4205,94
  • Centre de recherche pour le développement international : 3082,13
  • Innovation, sciences et développement économique Canada : 2721,04
  • Instituts de recherche en santé du Canada : 2050,20
  • Défense nationale : 859,90
  • Centre national des Arts : 627,63
  • Conseil des Arts du Canada : 162,04
  • Office des transports du Canada : 50,68

Le député néo-démocrate Nathan Cullen est choqué par cette façon de faire.

« C’est l’un des clubs privés parmi les plus sélects au Canada, a déclaré M. Cullen, qui est allé trois fois au Rideau Club depuis sa première élection en 2004. La plupart des Canadiens qui peinent à joindre les deux bouts seraient furieux d’apprendre que les gouvernements, tant libéral que conservateur, permettent à leurs fonctionnaires de laisser des dizaines de milliers de dollars dans les coffres d’un club privé aussi sélect. »

M. Cullen soutient qu’il y a une multitude d’autres endroits pour aller manger à Ottawa.

« La plupart d’entre elles ne requièrent pas une carte de membre de 2500 $ par année simplement pour aller luncher. Je suis simplement surpris que l’élite estime que c’est correct », a-t-il ajouté.

Le bureau de la leader de l’opposition officielle, Rona Ambrose, s’est également montré critique de ces dépenses. « Ce que nous constatons, c’est que ce gouvernement a clairement un problème de dépenses, et ces dernières sont le genre de dépenses que nous devrions scruter à la loupe surtout à un moment où nous sommes aux prises avec un déficit croissant à maîtriser », a déclaré le porte-parole de Mme Ambrose, Saro Khatchadourian.

Les dépenses au Rideau Club n’ont pas changé de façon importante depuis l’arrivée au pouvoir des libéraux, selon la direction de la Corporation commerciale canadienne qui s'est avérée la plus dépensière. « Bien que le coût de ces dépenses varie d’une année à l’autre, les coûts sont similaires à ceux des années précédentes », a indiqué la corporation dans sa réponse écrite.

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