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La mère de l'année à Baltimore? Vraiment?

On a tous vu cette femme de Baltimore tomber à bras raccourcis sur son fils devant les caméras de télévision. Cette «mère» est devenue la coqueluche des plateaux de télés et de radios, mais elle aurait dû être arrêtée par la police.

Tous ont vu cette femme de Baltimore qui a sauté à bras raccourcis sur son fils, le ruant de multiples coups à la tête devant les caméras de télévision. Personne n'est intervenu. Cette vidéo devenue virale a suscité la quasi-unanimité au sein de la population : enfin une mère qui met ses culottes! Plusieurs observateurs et commentateurs ont cité cette femme comme étant un exemple rafraîchissant d'exercice de l'autorité parentale. La star du moment est devenue la coqueluche des plateaux de télés et de radios.

Cette «mère» a expliqué candidement aux médias que son sang n'a fait qu'un tour lorsqu'elle a vu son fils manifester violemment contre les forces policières de Baltimore. Sa solution: utiliser cette même violence pour lui faire entendre «raison».

Voilà le problème de cette culture de violence dans l'éducation de nos enfants. Il existe encore cette perception très nette chez beaucoup d'entre nous qu'une bonne «claque derrière la tête» va ramener les esprits d'un délinquant.

Malheureusement, la vie ne fonctionne pas ainsi. Cette «mère» aurait dû être arrêtée par la police. Les preuves vidéos sont pourtant là. Cette femme est une criminelle.

Même au Canada, la Cour suprême interdit la correction physique chez un enfant de 0 à 2 ans, mais la permet avec «modération» dès l'âge de 3 ans. Voilà un exemple de cette incongruité qui doit être corrigée par le législateur. Heureusement, la Sénatrice Céline Hervieux Payette a présenté un projet de loi en ce sens qui pourrait mettre fin au châtiment corporel des enfants au Canada. Je ne comprends pas qu'il n'y ait pas unanimité en ce sens à la Chambre des Communes.

Personne ne va me convaincre que la violence physique peut faire avancer un dossier ou un principe. On se targue de se doter de belles politiques pour contrer l'intimidation dans nos écoles, et on dénonce quotidiennement l'intimidation et le harcèlement dans le monde adulte. Mais quand vient le temps de faire des exemples de discipline avec nos propres enfants, on tolère ce genre de «mère» devenue vedette aux États-Unis et qui frappe sans retenue son enfant à la tête ?

Avoir vu mon enfant manifester de la sorte, je me serais assuré - dans un premier temps - de le faire arrêter par la police comme il se doit. Enfant ou pas, un acte criminel demeure un acte criminel. Bien entendu, comme père de famille, je me serais chargé personnellement de régler ce "dossier" à la maison, avec une bonne converse directe avec mon enfant. Car la force des arguments et du débat, voire même celle du regard, ont beaucoup plus d'impact que cette orgie de violence à laquelle nous assistons dans le vidéo de cette "mère" de Baltimore.

C'est tout simplement incroyable de voir le manque de jugement de certaines personnes. C'est même parfois pathétique.

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